22/06/2017 10:08 GMT+7 Email Print Like 0

La cérémonie de prière pour le hameau de l’ethnie Công

L’ethnie minoritaire Công compte plus de 2000 personnes vivant essentiellement dans le district de Muong Tè, province de Laï Châu. Malgré une population minime, elle conserve une culture tout à fait unique. Outre le trésor des mythes et  fables utilisés dans la vie quotidienne, la cérémonie de prière pour le hameau est considérée comme une coutume primitive et caractéristique demeurée presque intacte. Elle n’est pas seulement un acte spirituel, c’est aussi l’une des activités culturelles communautaires qui relient les gens entre eux.
La cérémonie de prière pour le hameau est effectuée chaque année en 4e mois lunaire, avant une nouvelle culture. Un rite indispensable. On invoque les Génies de l’Eau et de la Forêt pour des récoltes abondantes et pour que les habitants du hameau  ne subissent pas d’accidents.

Le chef du hameau s’occupe souvent des offrandes et préparatifs, tandis que la cérémonie est effectuée par le chaman seul. Ce dernier est issu d’une famille où cette pratique se transmet de génération en génération.

 

Plateau d’offrandes de la cérémonie de prière pour le hameau des Công préparé chez le chaman.


Une cérémonie a lieu chez le chaman avant d’aller sur la terre sacrée.


Les Công quittent la maison du chaman avec les présents destinés aux Génies de l'Eau et de la Forêt.


Outre les offrandes préparées par le chaman, ils apportent également du riz, du poulet et du porc.


La zone sacrée comprend une source. Elle est débroussaillée pour la cérémonie.


Avant la cérémonie, une petite maison est installée pour accueillir les esprits.


Le chaman invite les esprits à participer à la cérémonie.


Poulet pour le sacrifice.


Après le sacrifice, les aliments sont cuits pour rendre grâce aux dieux.


Les jeunes hommes du hameau aidant le chaman à faire la cérémonie.


Chaman versant de l’alcool pour inviter les dieux.


La divination par le foie, une partie très importante du rituel. Après avoir examiné le foie,
le chaman dévoile aux villageois le résultat.



La cérémonie de prière pour le hameau des Công ne s’effectue qu’avec des hommes.
Après la cérémonie, ils mangent à la manière de leurs ancêtres, assis à même la terre sacrée.



Lorsque les «khiên» (boucliers de bambou et feuilles tressés) ont été plantés, il est interdit
à tout le monde d’entrer et sortir du hameau.

Le jour choisi, les gens  apportent leurs contributions dans la cour du chef du hameau. Le chaman et sa femme préparent en silence un plateau d’offrandes, chez eux, qui se compose de riz, de deux paires de bracelets d’argent de la femme du chaman, de deux œufs, de feuilles d'arbres et de fils colorés. La cérémonie n’a pas lieu dans la maison du chaman, mais dans la zone la plus sacrée du hameau, où se trouve une source. Les Công estiment que c’est là que vivent les Génies de l’Eau et de la Forêt. Pendant la semaine, ce lieu est absolument interdit à tout le monde. A une heure faste de la journée, seuls le chaman et de jeunes hommes auront le droit de venir y effectuer la fameuse cérémonie.

Les jeunes coupent la végétation pour créer un espace dégagé, puis installent un plancher en bambou sur lequel le chaman place les offrandes qui seront offertes aux génies. Le chaman, en tenue de cérémonie, verse de l’alcool respectueusement, se met à genoux et lit une invocation rituelle. Il s’agit de textes  transmis par les ancêtres, qui invitent les dieux à témoigner des souhaits des gens.

Puis, avec l'aide des jeunes hommes, le chaman sacrifie un cochon et des poulets. Les plumes de poulet et le foie du porc serviront à effectuer des procédures importantes dans la dernière partie de la cérémonie. Puis, les hommes cuisent, dans une grande casserole, riz, poulet et porc. Une fois cuits, ils sont mis sur un plateau pour le deuxième rite. Des plumes de poulet sont plantées aux pieds de deux petites maisons installées pour l'exorcisme. Puis le chaman Lo Van Cho examine le foie et déclare à tous que les choses sont très favorables: «Les dieux sont d'accord avec la volonté du peuple.»

Tout le monde se réjouit. Puis, les participants mangent à la manière des ancêtres, c’est-à-dire à même le sol sacré. Enfin, le chaman confectionne des cloisons en bambou, ajoute des feuilles et des plumes de poulet, et les plante dans le sol. C’est le signe qu’il est désormais interdit pour tous de sortir et d’entrer dans le hameau. En forme de boucliers, ces cloisons appelées «khiên» vont protéger les villageois. /.


Réalisé par Viêt Cuong