02/08/2019 17:48 GMT+7 Email Print Like 0

Un modèle de mariculture unique à Khanh Hoa

 La province méridionale de Khanh Hoa (à 360 km de Hô Chi Minh-Ville) a développé la mariculture comme une stratégie clé, et  les modèles  d’élevage, par exemple de concombres de mer (Echinodermata Holothuroidea ) en alternance avec des  escargots de mer Babylon tacheté (Babylonia areolata), ou l’élevage des mérous géants (Epinephelus lanceolatus)… rapportent des revenus stables et conséquents aux éleveurs et contribuant  à préserver des ressources marines qui s’épuisent de jour au jour.
Protéger l'holothurie en voie de disparition

Les concombres de mer,  communément appelés   holothuries, sont parfois élevés en aquarium marin. Bêche de mer est un synonyme du concombre marin. Considérés comme un «médicament miraculeux» de la mer, les concombres de mer ne sont pas seulement utilisés comme nourriture mais aussi comme aphrodisiaque. La demande est si grande  qu'elles sont capturées de manière excessive et sont menacées d'extinction.

Au Vietnam, cet animal marin est répandu, notamment  Holothuria scabra  qui vit dans les estuaires marins ou les fonds sableux marin. Comme les concombres de mer vivent en troupeau, ils sont faciles à trouver et font l’objet d’une surpêche. Pour cela, les études sur l’élevage des concombres de mer, particulièrement des Holothuria scabra sont signfiantes en matière économique mais encore de préservation de cet animal marin menacé. 



Nguyen Dinh Quang Duy, directeur adjoint du centre national des espèces aquatiques du Centre (qui porte en main un haut-parleur) présente à des experts, gestionnaires et chercheurs agronomiques,  partenaires de l’ACIAR au Vietnam, un réservoir de raisins de mer (algues) cultivées en alternance avec des concombres de mer


Les raisins de mer, une fois cultivés en alternance avec des concombres de mer, sont considérées comme des filtres bio, contribuant à améliorer la qualité de l’eau


L’époque la plus difficile de l’élevage des concombres de mer Holothuria scabra dure de 3 à  4 mois


Le réservoir d’élevage de concombres en alternaance avec des  escargots  Babylon tachetés du projet de coopération internationale entre l’Institut de recherche et d’aquiculture No 3 et l’ACIAR, dans le district de Van Ninh, province de Khanh Hoa


Des experts, gestionnaires et chercheurs agricoles visitent sur place le projet de recherche financé par  l’ACIAR à Nha Trang, province de Khanh Hoa


Au bout d’une année d’élevage, le poids d’un concombre de mer  Holothuria scabra est de 330 g

L’Institut de recherche et d’aquiculture No 3 a mené deux études : « Recherche et perfectionnement de technologies de multiplication des concombres de mer de l’espèce Holothuria scabra à Nha Trang en 2003-2004 , province de Khanh Hoa », et « Elaboration d’un processus d’élevage des concombres de mer pour la vente dans les étangs côtiers du Centre méridional, période 2008-2009 ».
En 2015, l’élevage des concombres de mer Holothuria scabra du monde n’a atteint que 156 tonnes, le Vietnam et la Malaisie  représentant la majorité, pour une valeur de 732.000 d’USD.

(Source :  FAO en 2018)

En dix ans de recherches, les deux projets et d’autres en coopération internationale, notamment les projets de coopération entre l’Institut de recherche et d’aquiculture No 3 et le Centre australien pour la recherche agricole internationale (ACIAR) sur les concombres de mer, ont permis de lancer cette filière d’élevage, de maîtriser les technologies d’élevage en alternance  avec d’autres fruits de mer.

Plusieurs familles d’éleveurs d’Holothuria scabra telles que celle de M. Dong Van Hai, dans la commune de Van Hung, district de Van Ninh, ont pu bénéficier d’aides du Centre national des fruits de mer du Centre, relevant de l’Institut de recherche et d’aquiculture No 3. Ils  ont réussi à  élever dans un étang de la famille des  concombres de mer en alternance avec des Babylon tachetés (escargots)  et des raisins de mer (une variété d’algue).

Les concombres de mer Holothuria scabra se vendent de 3.000 à 10.000 dongs l’unité selon leur dimension. Le temps d’élevage est en moyenne de 10 à 12 mois. L’élevage industriel permettra de développer ce métier rentable et de créer de nouveaux emplois notamment pour les femmes.


Coopération dans l'élevage du mérou géant
 

Parallèlement aux concombres de mer, l’Institut de recherche et d’aquiculture No 3 a réussi à multiplier le mérou géants (Epinephelus lanceolatus) et une autre espèce de mérou hybride, Epinephelus fuscoguttatus. 

Selon le docteur Truong Quoc Thai, directeur de l’Institut de recherche et de développement de la mariculture de Nha Trang,  le mérou géant est une espèce de poisson privilégiée dans plusieurs pays, dont le Vietnam, pour son cycle de reproduction rapide et sa grande valeur économique.



Contrôler du sperme d’un mérou géant  à  l’Institut de recherche et d’aquiculture de Nha Trang 


Système d’élevage des géniteurs


Truong Quoc Thai,  directeur de l’Institut de recherche et de développement de la mariculture de Nha Trang,  et ses associés contrôlent le réservoir d’élevage des alevins des mérous géants


Culture d’algues marines pour nourrir  les géniteurs   à l’Institut de recherche et de développement de la mariculture de Nha Trang

Un mérou hybride élevé au centre, qui se développe rapidement et résiste bien à un environnement difficile

Cependant, le Vietnam n’avait aucun  établissement de reproduction faute du manque de techniques d’élevage et de multiplication,  du bas taux de survie des alevins.

Un projet de coopération internationale financé par l’ACIAR et dénommé “Développer les technologies d’élevage des mérous géants au Vietnam, aux Philippines et en Australie », réalisé de janvier 2014  au 31 décembre 2018, a réglé ces problèmes.


La province de Khanh Hoa compte trois baies  - Nha Trang, Cam Ranh et Van Phong - d’une superficie totale plus de 100.000 ha. Les conditions géographiques et climatiques y sont favorables à la mariculture, notamment à l’élevage des homards et de poissons de mer dont les mérous géants.
Le docteur Nguyên Huu Ninh de l’Institut de recherche et d’aquiculture No 3 est coordinateur régional du projet au Vietnam.

« Si ce projet a pour but de développer les technologies d’élevage des mérous géants dans ces trois pays, l’objectif du projet dans  chaque pays est différent », a fait savoir le  chef du projet au Vietnam, le docteur Truong Quoc Thai.

Les projets au Vietnam et aux Philippines portent sur le perfectionnement des techniques d’élevage, notamment des alevins  et de multiplication des  géniteurs.

Le projet a  financé le centre en 2016 dans la collecte et l’élevage d’un troupeau de 16 individus de mérous géants de reproduction. Ce cheptel de base a donné naissance à 80.000 individus en 2018,  de bonne qualité, qui ont été  vendus aux éleveurs vietnamiens./


Texte et photos: Trong Chinh
 
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