08/01/2021 17:04 GMT+7 Email Print Like 0

Un artisan de Hoi An et ses originales statues en racines de bambou

Une boutique nichée à côté du marché de l’ancienne ville de Hoi An, province de Quang Ngai (Centre), vend des centaines de visages  originaux taillés dans des racines de bambou, qui attirent l’attention des promeneurs.
Huynh Phuong Do, sculpteur sur bois, passe ses journées à tailler dans les racines de bambou des têtes humaines hilares et barbues. Des personnages qui, dit-on, apportent paix et bonheur à leurs propriétaires.

C’est la boutique et l’atelier de  Huynh Phuong Do,  artisan connu pour ses magnifiques et originales  têtes en racines de bambou. Des  journalistes  venus des quatre coins du pays ont rédigé des articles sur cette boutique unique en son genre au Vietnam.

Pour la plupart des gens, les racines de bambou n’ont aucune valeur. Mais pour l’artisan Huynh Phuong Do, c’est une matière de choix pour tailler des œuvres d’art originales.



Huynh Phuong Do, artisan célèbre pour son talent de tailler des visages dans des racines de bambou. Photo : Thanh Hoa


La boutique-atelier de Huynh Phuong Dong, à côté du marché de Hoi An. Photo : Thanh Hoa


Un visage taillé dans une racine de bambou. Photo: Thanh Hoa


L’outillage du sculpteur. Photo: Thanh Hoa


Une touriste étrangère regarde l’artisan Huynh Phuong Do tailler un bloc de bambou. Photo: Thanh Hoa


Huynh Phuong Do initie des touristes étrangers à la sculpture de racines de bambou. Photo: Thanh Hoa


Deux touristes japonais découvrent avec surprise cet art original.Photo: Thanh Hoa

Le matin, l’artisan Do étale ses statues devant sa boutique. Photo: Thanh Hoa

Huynh Phuong Do fut apprenti   au village de charpentiers  de Kim Bong à Hoi An. Un jour, il y a quelques années, il a vu sur la rivière Hoài en crue des racines de bambou emportées par le courant et échouées sur la rive. Ses yeux de sculpteur ont vu là une intéressante matière à création.

Le traitement de la racine demande pas mal de travail: il faut d’abord la laver soigneusement en conservant intacts les fragiles brins qui formeront la barbe, avant de couper les blocs de racines en unités isolées, puis les faire sécher au soleil.

"Avant de me mettre au travail, j’examine la racine sous tous les angles pour découvrir ses traits particuliers, qui donneront naissance à tel ou tel personnage. C’est pour cette raison que chaque tête a sa propre identité", confie le sculpteur.

Normalement, une œuvre nécessite deux ou trois jours de travail. "Il y a aussi des clients qui m’ont demandé de sculpter leur tête. Mes œuvres leur plaisent toujours!", se vante-t-il.

Les racines de bambou sont  rudes et formées de nombreux brins, elles sont particulièrement appropriées pour  représenter des visages de personnages historiques, de bouddhas ou de divinités.

En une vingtaine d’années, l’artisan a pu créer des articles fortement imprégnés de l’identité culturelle de Hoi An,  dignes d’être des souvenirs de la ville aux côté des lampions, de produits en bois de Kim Bông, des céramiques de Thanh Ha …. Il a apporté sa part à faire connaître Hoi An, patrimoine culturel mondial reconnu par l’UNESCO en décembre 1999.



Aucun visage ne ressemble à un autre. Photo: Thanh Hoa


Une tête de dragon taillée dans une racine de bambou.Photo: Thanh Hoa


Statue du bouddha Maitreya. Photo: Thanh Hoa


La beauté originale d’une statue en racine de bambou. Photo: Thanh Hoa


Un visage barbu. Photo: Thanh Hoa

La taille de statues dans des racines de bambou lui apporte une vie aisée. L’artisan ne s’endort pas sur ses lauriers et cherche à transmettre son métier aux jeunes de Hoi An. Il a ouvert des cours gratuits,  ce qui les aident à avoir un travail stable et à perpétuer cet art original.

Actuellement, l’atelier de Huynh Phuong Do produit une douzaine d’articles par jour. Sa production est écoulée à 80% à Hôi An. Il possède une vingtaine de boutiques aux quatre coins de la ville, qui vendent chaque mois 300-400 sculptures, au prix de 150.000-400.000 dôngs/pièce. Bon nombre de ses œuvres ont pris la route de l’étranger dans le bagage des touristes./ .

 
Texte et photos: Thanh Hoa