26/02/2005 00:00 GMT+7 Email Print Like 0

«Oui,je suis contaminée par le VIH»

Pham Thi Huê reconnaît quelle a le sida afin de réussir à vaincre son handicap et se rendre utile. Pendant qu’elle prononce ces paroles, je ne peux en croire mes oreilles. Mon interlocutrice est une belle femme de 24 ans, le visage radieux et pleine de vitalité. Elle est un brillant exemple de courage et de fermeté.


nbsp;«Héroïne d’Asie 2004», titre consacré à Pham Thi Huê, à la suite d’un sondage d’opinion effectué par la revue Time.


Huê accepte volontiers de paraître dans les médias.


Le numéro de téléphone du domicile de Huê estnbsp; familier aux malades du sida.nbsp;


Les époux Thao – Huê assistent un malade du sida en dernière phase.


Huê et son groupe «nbsp;Hoa phuong donbsp;» ramassent les seringues utilisées par les drogués.


Toute la famille s’intègre à la collectivité.


Toujours optimiste.


La belle-mère de Huê lui apporte une grande aide.
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Pham Thi Huê reconnaît qu'elle a le sida afin de réussir à vaincre son handicap et se rendre utile. Pendant qu’elle prononce ces paroles, je ne peux en croire mes oreilles. Mon interlocutrice est une belle femme de 24 ans, le visage radieux et pleine de vitalité. Elle est un brillant exemple de courage et de fermeté.nbsp;

Des journées difficiles

Pham Thi Huê a connu le bonheur familial. Ouvrière de la chaussure dans la ville portuaire de Hai Phong, son mari est maître d’hôtel dans un grand restaurant à Kiên An. Leur vie conjugale se passe paisiblement dans l’affection de leurs proches. Début 2001, Huê met au monde un petit garçon. Les jeunes époux sont au comble du bonheur. Mais leurs beaux jours s'arrêtent, quand le médecin annonce à la parturiente, qu’elle est contaminée par le VIH. Elle est soumise à une stricte quarantaine. Complètement isolée du reste du monde. Huit jours après, on la fait sortir en hâte de l’hôpital. Elle apprend alors que son mari se droguait depuis longtemps et que l’examen de son sang a révélé la présence du VIH. Un malheur ne vient jamais seul. Tous les deux sont licenciés. Leurs proches les évitent. Ils doivent changer constamment de domicile, les bailleurs trouvant toujours un prétexte pour les mettre dehors. Ils vivent dans l’isolement, le désespoir… Plus d’une fois, les époux pensent se suicider pour en finir avec les tourments. Mais la vue de leur petit garçon les en empêche. Une vie de bête trauée qui devait durer un an…

«nbsp;Puis, un beau jour, les parents de mon mari nous ouvrent largement leur portenbsp;», explique Huê, en accompagnant ses paroles d’un sourire. Nul ombre d’amertume dans ses yeux. Restée oisive entre quatre murs, son désir de vivre pour se rendre utile naît et grandit chaque jour. «nbsp;Il faut bien faire quelque chosenbsp;», se dit-elle. Elle adhére au club Hai Au à Haiphong dont les membres portent le VIH dans leurs veines comme elle. «nbsp;Au début, j’avais un complexe. Mais lorsque je leur ai confié mes desseins secrets, je me suis sentie soulagée. Il me restait à accomplir les tâches que je m'étais assignées.nbsp;»

Se rendre utile

Pham Thi Huê est l’une des rares personnes contaminées qui acceptent de paraître dans les journaux. Très active, elle participe à de nombreux groupes et instituts d’étude relative au sida. Le groupe Hoa phuong do (Flamboyants rouges), surnom de sa ville natale de Haiphong, fondé par elle il y a à peine un an et composé entièrement de sidéens, a fourni un travail efficace dans la lutte contre le vih/sida. Ses membres assistent les malades à leur dernière phase, aménagent un coin d’étude pour les enfants dont les parents sont contaminés, ramassent les seringues utilisées par les drogués, font des exposés publics sur la maladie etc… Le numéro de téléphone 031.8422747 du domicile de Huê estnbsp; une adresse familière, pour les consultants atteints du sida. «nbsp;Effroyablenbsp;! ajoute Pham Thi Huê. Mes nombreux contacts avec ceux qui connaissent lenbsp;même sort que moi m’ont révélé que beaucoup meurent de discrimination, avant de l’être par la maladie. J’ai la chance d’avoir à mes côtés une famille, mais un grand nombre d’entre eux passent leurs derniers jours dans la solitude. Je dois faire quelque chose pour eux durant le reste de ma vienbsp;».

Madame Luu, belle-mère de Huê, raconte qu’à la crèche, son petit-fils Hiêu est seul dans un coin et doit manger à part, séparé des autres enfants. Pourtant, l’examen de son sang a donné un résultat négatif.

Les époux Thao-Huê et moi, avons passé une journée bien remplie à distribuer les dépliants, ramasser les seringues souillées et soigner les malades du sida. Le soir, toute la famille se réunit autour du petit Hiêu pour le voir exécuter la danse de la licorne. Des regards, des sourires qui respirent le bonheur. Soudain, Huê me murmure à l’oreille. «nbsp;Peu importe qu’on vive longtemps ou meure prématurément. L’important c’est de vivre utilementnbsp;».

Je voudrais dire au petit Hiêunbsp;: «nbsp;Mon enfant, sois fier de tes parents. Ils sont magnifique. Ce sont des héros.»v

nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; Texte: Trung Kiên - Photos: Trong Chinh nbsp;

Etant donné les contributions du couple Thao – Huê dans la lutte contre le vih/sida et sur la proposition du dispatcher Jordan Ryan, l’ONU a décidé d’apporter une aide matérielle à leur fils Hà Minh Hiêu jusqu’à sa majorité.

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