22/03/2005 00:00 GMT+7 Email Print Like 0

La «maison longue» des Edé

Lanbsp;maison longue, symbole de la grande famille matriarcale, est la dépositaire des valeurs culturelles Edé. La préservation de ces constructions est indispensable si l’on ne veut pas perdre l’héritage culturel des hauts plateaux du Tây Nguyên.

Ảnh: Lê Cương
Une maison longue
Edé (vue d’ensemble).

Ảnh: Thịnh Phát
nbsp;Le balcon, un lieu idéal pour prendre le frais et discuter.

Ảnh: Minh Quốc
L’ancien du village d’Ako Phong, Amara Hrin, jouant du dinh nam dans la maison longue.

Ảnh: Kim Sơn
Au village de Don, lesnbsp; éléphants accueillent les visiteurs près du balcon de devant.

Ảnh: Kim Sơn
Coin de véranda.

Ảnh: Lê Cương
Balconnbsp;de derrière réservé aux occupa
-tions familiales.
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Lanbsp;maison longue, symbole de la grande famille matriarcale, est la dépositaire des valeurs culturelles Edé. La préservation de ces constructions est indispensable si l’on ne veut pas perdre l’héritage culturel des hauts plateaux du Tây Nguyên.

Depuis des temps immémoriaux, des indigènes Edé Kpa ont vécu dans la région de Dak Lak. Une cinquantaine de maison longues le long du torrent Ea Tam formaient un buôn (village) sous l’autorité du chef de tribu Ama Thuôt. Au début du XXe siècle, ce village a prospéré devenant le centre du Tây Nguyên sous le nom de Buôn Ma Thuôt.

Les Edé ont l’habitude de vivre en communauté de trois ou quatre générations, dans une grande maison longue appelée Sang, construction sur pilotis en bois et bambou. On ne la reconstruit pas souvent, on l’allonge en ajoutant des compartiments au fur et à mesure de l’accroissement de la famille.

Celle-ci comprend trois groupesnbsp;: celui des femmes apparentées à la mère, celui des hommes apparentés à la mère et celui des hommes non apparentés à la mère. La femme la plus âgée dirige la grande famille. Si elle décède, l’autorité passe à sa fille cadette. Si celle-ci est mineure, sa sœur aînée assume l’autorité pour ellenbsp; jusqu’à sa majorité.

La maison longue comprend 3 partiesnbsp;: deux balcons, une pièce commune et les alvéoles d’habitation. Le balconnbsp;de devant (dring gah), plus large, sertnbsp;au séchage des vêtements et des céréales,nbsp;au pilage matinal du riznbsp;; c’est l’endroit où l’on prend le frais le soir.nbsp;Il est muni d’une ou deux échelles. Le balcon de derrière, muni d’une seule échelle,nbsp;au lavage et à la cuisson.

Le gah, pièce de réception, occupe la moitié ou le tiers de la maison. C’est le salon de la famille qui y expose ses objets précieuxnbsp;: tambours, gongs,nbsp;jarres d’alcool, cornes de buffle, de cerf… Faisant suite au gah est l’Ok composé des alvéoles d’habitation réservées aux familles individuelles. La maison longue sert aussi de lieu de réunion pour la communauté villageoise.

Le vieux Amara Hrin qui nous reçoit, grisé par la conversation sur la maison longue ou l’alcool de riz qu’il sirote dans une jarre avec un chalumeau, s’arrête pour jouer du dinh nam, flûte composée d’une calebasse séchée et de six tubes de bambou. Son petit fils Y Son l’accompagne avec sa flûte. La musique me plonge dans l’atmosphère de l’épopée «Dam Dzi va à la chasse» de Y Dup gonflant sa poitrine pour humer l’odeur de la viande grillée, l’arôme du ferment d’alcool mêlé à la sueur âcre des gens entourant Dam Dzi dans la maison longue «… La maison de Dam Dzi possède une échelle large comme quatre nattes, large comme une claie servant de lit pour dix personnes, assez large pour que trois ou quatre personnes montent et dansent en même temps.

A l’extremité se trouve un gros tam-tam. Sous la véranda s’amoncellent les sièges de cornac. Au dessous du plancher pendentnbsp; des paniers de sel, du poisson et de la viande séchés. Les gens qui cuisinent entrent et sortent se heurtent aux mamelles et aux épaules, occupés à cuire du riz et à bouillir de l’eau… Les gongs remplissent les étagères…nbsp;».

Cet extrait d’épopée suffit à vous montrer que la maison longue non seulement symbolise le régime matriarcal de la grande famille mais est aussi la dépositaire des valeurs spirituelles Edé. A travers les boulversements politiques, économiques et culturels, les échanges entre diverses communautés ethniques, les jeunes générations Edé se sont éloignées de la grande famille et le matriarcat recule. D’où la réduction du nombre des des maisons longues. La préservation de ce patrimoine bâti s’avèrenbsp;nécessaire si nous ne voulons pas perdre un cachet original de l’héritage culturel Edé.

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Texte: Thinh Phat

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