27/03/2020 17:17 GMT+7 Email Print Like 0

Arts martiaux vietnamiens: le « khan ran », une arme défensive efficace

Le « khan ran » est un simple foulard en coton à carreaux bicolores traditionnellement porté dans le Sud du Vietnam. Le motif, tissé de façon artisanale, est très simple, formé par le croisement de bandes blanches et d'une autre couleur, typiquement rouge, bleu ou violet. Le « khan ran » est porté indifféremment par les hommes, les femmes et les enfants. Très prisé des paysans, il est aussi populaire dans les villes. Dans la vie quotidienne, il possède une multitude de fonctions : écharpe, hamac, couvre-chef, porte-bébé, ceinture, etc. Dans certaines situations, il peut aussi devenir une arme défensive très efficace.
Hô Tuong, maître de l’école d'arts martiaux Tân Khanh Bà Trà - Takhado a confirmé que le « khan ran » est une arme à part entière dans le trésor des arts martiaux traditionnels du Vietnam. Ce type d'arme a ses propres techniques  comme d'autres armes plus communes telles que sabre, épée, lance,...  Plusieurs sectes utilisent le « khan ran » dans de nombreux styles de combat. Celle de Thanh long vo dao est connue pour la leçon « Nhung thuât » et Vo lâm Tân Khanh Bà Trà pour la leçon  « Dao vu thiên cân ».
    

« Tout comme la palanche et la faucille, le « khan ran » est l’un des objets les plus populaires des habitants du Sud. Cependant, peu savent qu’il est aussi une arme de combat efficace », a déclaré le maître Hô Tuong.
    


Le foulard « khan ran » est une arme défensive très efficace.


Plusieurs sectes utilise le « khan ran » dans de nombreux styles de combat. Celle de Thanh long vo dao est connue pour la leçon « Nhung thuât ».


La secte Vo lâm Tân Khanh Bà Trà-Takhado est connue pour la leçon « Dao vu thiên cân ».


Une attaque en « khan ran ».


Le « khan ran » permet d’attaquer vite et de manière flexible.


Pour valoriser les atouts de cette arme dans l’art martial, il faut que les pratiquants aient la flexibilité, la puissance, la balance et l’agilité.

L’utilisation martiale du « khan ran » demande des techniques spécifiques. Sa puissance réside dans les techniques de renversement, d'accrochage, d'attache... Sa caractéristique douce permet aux pratiquants d’attaquer vite et de façon flexible.
    

Selon Hà Thi Yên Oanh, vice-présidente de la Fédération des arts martiaux traditionnels de Hô Chi Minh-Ville, la puissance du « khan ran » est pleinement valorisée grâce à la flexibilité du bras, des poignets et des muscles. Donc, pour valoriser au mieux cette arme, il faut que les pratiquants aient de la souplesse, de la puissance, de l'équilibre et de l’agilité.
    

Toujours selon Hà Thi Yên Oanh, les adeptes ayant la ceinture verte, c'est-à-dire qui pratiquent depuis 1 an ou plus, peuvent apprendre la leçon « Dao vu thiên cân ». Cependant, afin de la  pratiquer et de la présenter correctement, les adeptes doivent atteindre un niveau bien supérieur (ceinture royale, soit 3 ans ou plus de pratique).
    

Le « khan ran » est à la fois un accessoire et une arme défensive.


Enlacer son adversaire par le « khan ran ».


L’adversaire est attaché par le « khan ran ».


Une attaque soudaine au visage.


Le pied de l’adversaire est attaché par le « khan ran ».


La main de l’adversaire est attachée par le « khan ran ».

La leçon « Dao vu thiên cân », interprétée par l'entraîneur Nguyên Trung Nam, a remporté deux médailles d'argent lors de deux compétitions d'arts martiaux du Sud organisées par la Fédération des arts martiaux traditionnels de Hô Chi Minh-Ville.
    

Selon Hà Thi Yên Oanh, lors des festivals internationaux des arts martiaux traditionnels tenus à l'étranger, les athlètes représentant la délégation vietnamienne ont apporté cet art martial à la représentation. Cependant, au lieu d'utiliser le « khan ran », elle a demandé aux athlètes d’utiliser un foulard normal. Expliquant cela, Hà Thi Yên Oanh a déclaré: «Je voudrais que les amis étrangers savent que non seulement le « khan ran » du Vietnam est une arme mais que toutes les sortes de foulards, s’ils sont correctement utilisés, deviennent aussi des armes défensives efficaces. De plus, l'utilisation d’un foulard ordinaire rend cette arme plus proche, plus familière»./.
 
Réalisé par: Son Nghia
 
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