06/03/2017 10:06 GMT+7 Email Print Like 0

Art martiaux vietnamiens: des techniques inspirées du coq

Le mot quyên signifie "technique" ou (par extension) "enchaînement de  techniques". L’art du combat (vo) traditionnel vietnamien dispose de plusieurs quyen s’inspirant du coq de combat, tels que Hùng kê quyên, Quyên kê nhât tuc, Kiêm kê quyên, Kim kê dao… 
Hùng kê quyên signifie le « quyên du coq au combat ». Ils auraient été conçus, selon la légende, par Nguyên Lu, l’un des trois frères talentueux Nguyên-Nhac, Nguyên-Lu et Nguyên-Huệ, et codifiés à l’époque des Tây Sơn (1778-1802) pour la formation des troupes. Hùng kê quyên est l’une des dix Séquences Codifiées fondamentales de la Fédération des arts martiaux du Vietnam.

L’école des arts martiaux Vo Lâm Tanh Khanh- Ba Tra (Takhado) a également son Hùng kê quyên mais ses mouvements ou techniques sont totalement différents de ceux de la Fédération des arts martiaux du Vietnam.

 

Posture “Song trao hùng kê" dans la leçon “Hùng kê quyên” de l’école Tân Khanh – Ba Tra.


Leçon « Hùng kê khoi chiên » qui s’inspire du coq qui se prépare au combat.


Leçon “Hùng kê que dau” s’inspirant d’un coq qui attaque la tête son adversaire avec le bec.


Leçon “Duc kê lac dia” qui puise dans le mouvement d’un coq qui bat des ailes.


Leçon “Hùng kê song tuc” représentant un coq qui saute sur ses deux pattes pour frapper son adversaire..


Leçon “Kim kê dôc lâp” qui se base sur la posture d’un coq debout sur une patte.


Leçon “Duc kê dao son” qui s’inspire d’un coq qui tend ses ailes avec force.


La posture “Kê trao hoi dâu” se base sur le mouvement d’un coq qui attaque la tête avec ses ergots.


Une paire d’épées ou une hallebarde incarnent les deux ergots du coq dans la posture «Song trao ha kê».


Les deux épées représentent les deux ergots pointus d’un coq de combat


La posture “Hùng kê khoi chiên” s’inspire d’un coq prêt au combat dont les ailes sont formées par deux épées.


La posture “Hùng kê son duc” s’inspire d’un coq les deux ailes tendues.


La position “Luong kê khoi chiên” représente  deux coqs qui s’affrontent, les yeux se croisent, les ailes se tendent.


Lê Minh Hai (droite) fait la démonstration d’un coq qui donne un coup de bec à la tête de son rival.


Un coq attaque en sautant et en donnant un coup de pied au dos.


Le posture « Hùng kê dao thê » s’inspire d’un coq qui renverse son adversaire.


Nguyên Van Trong (à gauche) et Nguyên Trung Nam (à droite) avec une paire de hallebarde,
une technique inspirée du coq qui pince de ses ergots la gorge de son adversaire.



Deux disciples de l’école Tân Khanh – Ba Tra font une démonstration de la posture « Kê duc thang thiên »,
qui signifie « le coq qui bat des ailes pour sauter ». 

Selon le maître Hô Tuong, de l’école Vo Lâm Tan Khanh-Ba Tra, les leçons d’arts martiaux s’inspirant des mouvements du coq au combat,  se basent essentiellement sur les coups de pied ou cước pháp (pied), de main (thủ pháp) et le déplacement (thân pháp).

Les ergots du coq sont représentés par les cinq doigts de l’homme.  Les coups de bec sont donnés dans les yeux de l’adversaire avec les cinq doigts qui se rejoignent.

Les techniques du coq sont conseillées pour les attaques à courte distance, de haut en bas ou de bas en haut. Les coups sont rapides et inopinés et les postures sont belles à voir. Une hallebarde ou une paire d’épées, qui jouent le rôle des ergots du coq, rendent les techniques redoutables.

Pour pratiquer les techniques du coq au combat, les disciples des écoles d’arts martiaux traditionnels du Vietnam doivent atteindre la ceinture rouge./.


Texte: Son Nghia – Photos: Nguyên Luân