10/06/2016 09:39 GMT+7 Email Print Like 0

Un voyage dans le monde religieux

Régulièrement, le rituel Hâu dông (médiumnité), qui relève du culte de la Déesse-Mère, est reconstitué fidèlement à Hanoi, sur scène, 12 fois par mois. La séance fait vivre au public une expérience religieuse originale.
Selon le professeur Ngô Duc Thinh, un expert de premier plan dans le culte de la Déesse-Mère,  ce dernier présente quatre caractéristiques.

Tout d'abord, il considère la nature comme la Mère.

Deuxièmement, il apporte aux gens qui vivent dans ce monde trois choses : bonheur, prospérité et longévité, des vœux éternels et intemporels de l'homme. Ce culte ne s’intéresse pas à la vie de l’homme après la mort, mais à la vie de l’homme dans le présent avec ses trois souhaits : santé, richesse et belle carrière. C’est la raison pour laquelle cette religion est toujours importante dans la vie moderne car elle exprime des souhaits objectifs de l’homme.

Troisièmement, elle reflète clairement le patriotisme. Ceci est illustré par le fait que près de 50 génies sont adulés dans le culte de la Déesse-Mère, dont des personnages historiques comme Trân Hung Dao adoré en tant que Génie Trân.

Quatrièmement, ce culte est une croyance multiculturelle, qui n'existe que dans la nation vietnamienne. De ces 50 génies, plus de dix sont de minorités ethniques, ce qui montre que dès ses origines, le peuple vietnamien œuvrait à l'intégration culturelle. Le culte de la Déesse-Mère est équitable pour tout le monde, indépendamment de son origine ethnique.

 

Coffret de bijoux pour médium.  Photo : Trân Thanh Giang


Souliers que porte le médium.  Photo : Trân Thanh Giang


Accessoires : bagues, bracelets …. propres à chaque incarnation. Photo : Trân Thanh Giang


Scène de la pièce théâtrale « Tu Phu », joué à Hanoi. Un grand écran assure la traduction en anglais 
et l’orchestre se trouve des deux côtés de la scène. Photo d’archives



Préparatifs du costume pour le médium. Photo d’archives


Le spectacle « Tu Phu » reproduit fidèlement les rituels du Hâu dông. Photo d’archives


La majesté de l’incarnation Dê Nhi. Photo d’archives


Le médium en transe dans la scène  Dê Nhi. Photo : Trân Thanh Giang


L’incarnation de M.Hoàng Muoi. Photo d’archives


L’image de M.Hoàng Muoi qui déclame des vers à la séance de transe. Photo : Trân Thanh Giang


Préparation de la scène de transe « Cô Be ». Photo d’archives


La scène de transe « Cô Be » suscite joie et enthousiasme. Photo d’archives


Des papiers et objets votifs sont disposés comme des œuvres d’arts à l’entrée du théâtre.
Ce sont des accessoires incontournables d’une scène de transe, rituel typique du culte de la Déesse-Mère.
Photo : Trân Thanh Giang



Le spectacle « Tu Phu » est donné 12 fois par mois à Hanoi, et  vivement applaudi
par le public vietnamien et étranger. Photo : Trân Thanh Giang



Le spectacle enthousiasme les spectateurs étrangers, malgré la barrière culturelle. Photo : Trân Thanh Giang
 
« Tu Phu », est une conception des Vietnamiens sur le cosmos primordial qui se divisait en quatre régions, et étaient dirigées par les quatre Déesses- Mères : La Déesse-Mère du Ciel (Mâu Thuong Thiên), la  Déesse-Mère des Monts et Forêts (Mâu Thuong Ngàn), la Déesse-Mère des Eaux (Mâu Thoai) et la Déesse-Mère de la Terre (Mâu Dia). 
Depuis que l’œuvre théâtrale « Tu phu » est jouée à Hanoi, elle a attiré des milliers de spectateurs vietnamiens et étrangers et a même été honorée par la présence d’ambassadeurs et d’attachés culturels de France, d’Italie, de Pologne, de Hongroie, du Canada, de l’Unicef,…

Le culte de la Déesse-Mère comprend 36 divinités à incarner,  les trois plus typiques étant Dê Nhi, M. Hoàng Muoi et Cô be Thuong Ngàn (Petite princesse des Hauts plateaux). L’incarnation de De Nhi relève la beauté et l’originalité des costumes vietnamiens ; l’incarnation de M. Hoang Muoi, la force, la volonté,  le patriotisme ; et Cô be Thuong Ngàn, l’insouciance et l’appétit de vivre.          
Les trois parties de « Tu Phu » s’attachent logiquement, avec des textes qui font valoir le sujet de chaque  partie. A Hanoi, sur scène, l’anecdote qui se rapporte à chaque incarnation était illustré par des images projetées sur   un grand écran, pour montrer les gestes du médium qui entre en transe./.



 

En mars 2015, par procuration du Premier ministre, le Vietnam a déposé le dossier sur le « Culte de la Déesse-Mère (médiumnité) des Vietnamiens » auprès de l’Unesco en vue d’une inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L’Unesco l’examinera en décembre 2016.


Texte : Thao Vy – Photos : Trân Thanh Giang et archives