Le 14e Congrès du Parti Communiste du Vietnam prend place effectivement à un moment particulièrement sensible de l’histoire du monde. De par sa position géographique, la politique de développement qu’il suit depuis quarante ans, ses succès qui sont reconnus par tous, le Vietnam est d’une certaine manière au cœur de ces mutations.
Le 14e Congrès national des délégués du Parti communiste vietnamien suscite une vive attention de l’opinion internationale, en tant que jalon majeur appelé à définir les grandes orientations stratégiques du développement du pays dans une nouvelle phase, alors que la région et le monde traversent de profondes mutations.
À Paris, le correspondant de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) a eu un échange avec Serge Degallaix, ancien ambassadeur de France au Vietnam.
Le 14e Congrès national du Parti communiste du Vietnam est attendu comme un moment clé pour définir les grandes orientations de développement du pays dans une nouvelle phase. Fort de votre longue expérience et de votre connaissance du Vietnam, comment évaluez-vous l’importance de ce Congrès dans le contexte régional et international actuel, marqué par de profondes mutations ?
Le 14e Congrès du Parti Communiste du Vietnam prend place effectivement à un moment particulièrement sensible de l’histoire du monde.
De par sa position géographique, la politique de développement qu’il suit depuis quarante ans, ses succès qui sont reconnus par tous, le Vietnam est d’une certaine manière au cœur de ces mutations.
Sa politique de modernisation et d’ouverture, de réformes, porte ses fruits comme on le constate avec un taux de croissance en 2025 supérieur à 8 % et d’excellentes perspectives pour la suite. Le Congrès sera certainement l’occasion de réaffirmer cette volonté de poursuivre sur cette voie pour en tirer le maximum d’avantages en termes de mieux‑être pour chacun, de création de richesses nationales, d’emplois qualifiés, d’ascension sur la scène internationale.
Le contexte actuel comporte bien des opportunités de montée en gamme technologique, de gagner de la valorisation sur les chaînes de valeur, de diversifier et d’approfondir les partenariats existants, d’accélérer certaines mutations pour mobiliser encore plus les capitaux privés et étrangers.
Le fait que l’agence internationale FTSE Russell vient de classer le Vietnam comme pays « émergent » et non plus pays “frontière”, avec effet au 1er septembre 2026, est la reconnaissance attendue des efforts du Vietnam et le financement des investissements productifs et de l’innovation du pays devrait s’en trouver facilité.
Le Congrès devrait débattre et adopter des orientations majeures en matière de développement économique, de perfectionnement institutionnel et d’intégration internationale. Selon vous, quel impact ces orientations pourraient-elles avoir sur la place et le rôle du Vietnam dans la région et sur la scène internationale ?
Dans ce contexte mondial incertain mais riche en potentialités, le XIVe Congrès du PCV est l’occasion de réaffirmer la vision mobilisatrice et réformatrice qui guide le pays sa volonté de préserver et d’améliorer les acquis de la coopération internationale, de manière volontariste mais pragmatique et ouverte.
Du point de vue d’un ancien diplomate ayant exercé au Vietnam, quels messages le XIVe Congrès pourrait-il, selon vous, adresser à la communauté internationale, notamment en ce qui concerne la stabilité politique, le développement durable et la politique étrangère du Vietnam?
Le Vietnam est reconnu comme un partenaire fiable et prévisible pour tous ceux qui entretiennent des relations avec lui. C’est un atout essentiel dans la période d’incertitude que nous traversons actuellement. Le Vietnam est un acteur international responsable comme on peut le constater dans la lutte contre les causes et les effets du dérèglement climatique et, plus généralement, dans la conduite d’une politique étrangères équilibrée et responsable.
Au regard des grandes orientations qui devraient être adoptées lors du XIVe Congrès, quels sont, selon vous, les domaines de coopération franco-vietnamienne offrant le plus fort potentiel de développement dans les années à venir, notamment dans les secteurs économique, scientifique et technologique, de l’éducation-formation et de la transition verte?
Des liens anciens lient nos deux pays et les épreuves que nous avons connues n’obèrent pas la qualité de nos relations. Nous regardons ensemble devant nous car c’est la meilleure manière de résoudre les grands problèmes de notre temps, pour le bien de nos deux nations et pour le bien commun. Nos deux pays ont une relation complète, qui couvre tous les domaines, ce qui est en soi exceptionnel. C’est un capital que nous devons préserver et faire fructifier.
La présence d’une communauté vietnamienne ou franco‑vietnamienne en France en est une dimension importante et valorisante. Je connais son attachement profond et sincère au Vietnam, sa capacité à transformer ces sentiments en actions concrètes.
La recherche scientifique et l’innovation, l’enseignement supérieur de très haut niveau, la nouvelle révolution numérique sont autant de domaines privilégiés où nous devons faire plus et, peut‑être, de manière différente.
Au titre de ces relations humaines, je voudrais citer l’Association franco‑vietnamienne AFS, qui vient d’être créée afin de préparer ensemble nos athlètes dans certaines disciplines où nous pouvons progresser et gagner des médailles aux Jeux Olympiques de Los Angeles de 2028, et dans les différents jeux qui les précéderont. Nos entraîneurs, nos sportifs de haut niveau, nos responsables d’institutions sportives, à côté de collectivités locales françaises, sont mobilisés à cet effet. Les premiers résultats sont très encourageants.
Alors que les relations entre le Vietnam et la France connaissent une dynamique positive et de plus en plus substantielle, dans quelle mesure le XIVe Congrès pourrait-il, selon vous, créer de nouveaux leviers pour approfondir davantage le partenariat bilatéral, tant au niveau des relations directes entre les deux pays que dans le cadre de la coopération entre le Vietnam et l’Union européenne?
Nous disposons déjà d’une gamme étendue de leviers publics et privés, d’enceintes diversifiées qui contribuent à atteindre le bon niveau actuel des relations du Vietnam avec la France ainsi qu’avec l’Europe. Il faut les utiliser à plein, de manière concrète, avec à l’esprit l’obtention de progrès, de davantage de résultats.
Multiplions les occasions de contacts et travail en commun entre nos entrepreneurs, enseignants et chercheurs, entre étudiants, en y incluant quand c’est possible pour nous, des partenaires de pays tiers.
Dans la nouvelle carte économique du monde qui se dessine sous nos yeux, nous avons la capacité d’intervenir pour veiller au respect et à la promotion de nos intérêts ainsi qu’aux valeurs qui nous rassemblent.
Plein succès au Congrès et toute mon amitié au Vietnam où j’ai eu la chance d’être en poste pendant plus de 5 ans et d’y retourner chaque année depuis./.
VNA/Revue Vietnam Illustré

