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Écosystèmes restaurés, espèces de retour : les signaux positifs au Parc national de Tram Chim

S’étendant sur plus de 7 313 hectares, le Parc national de Tram Chim revêt une importance majeure en matière de biodiversité, abritant des centaines d’espèces végétales, d’oiseaux d’eau et d’organismes aquatiques rares. Il est reconnu au niveau international comme le deuxième site Ramsar du Vietnam et le 2 000e au monde.

 Le Parc national de Tram Chim, situé dans la province méridionale de Dông Thap, intensifie ses efforts pour restaurer durablement les écosystèmes de zones humides, vestiges emblématiques de l’ancien paysage écologique du Dông Thap Muoi (Plaine des Joncs). Au-delà de son rôle de régulation hydrique, ce site constitue un pilier essentiel du développement socio-économique durable à l’échelle locale.

Une restauration devenue urgente

S’étendant sur plus de 7 313 hectares, le Parc national de Tram Chim revêt une importance majeure en matière de biodiversité, abritant des centaines d’espèces végétales, d’oiseaux d’eau et d’organismes aquatiques rares. Il est reconnu au niveau international comme le deuxième site Ramsar du Vietnam et le 2 000e au monde. Son écosystème se caractérise par des prairies inondées saisonnièrement, associées à des espèces végétales endémiques telles que le năng kim, le riz sauvage et les forêts de cajeputiers, formant un habitat propice à la nidification et à l’alimentation des oiseaux d’eau.

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Son écosystème se caractérise par des prairies inondées saisonnièrement, associées à des espèces végétales endémiques telles que le năng kim, le riz sauvage et les forêts de cajeputiers, formant un habitat propice à la nidification et à l’alimentation des oiseaux d’eau. Photo: VNA

Selon Bui Thanh Phong, vice-directeur du parc, ces zones humides jouent un rôle crucial dans la conservation d’espèces emblématiques, notamment la grue antigone, symbole écologique de la région. Toutefois, cet écosystème fait face à de multiples pressions : effets croissants du changement climatique, pollution environnementale, dégradation de la qualité de l’eau, prolifération d’espèces exotiques envahissantes perturbant l’équilibre écologique et menaçant la biodiversité.

Ces défis ont des répercussions directes non seulement sur l’environnement, mais également sur les moyens de subsistance des populations locales, la sécurité hydrique et la trajectoire de développement durable de la province de Dông Thap, ainsi que de l’ensemble du delta du Mékong. Dans ce contexte, la restauration des zones humides s’impose comme une priorité urgente, nécessitant une coordination étroite entre les différents niveaux administratifs et secteurs concernés.

Parallèlement aux actions de conservation des espèces endémiques, les autorités locales accordent une attention particulière au soutien des populations vivant dans les zones périphériques du parc. Des modèles économiques durables y sont développés, tels que le tourisme expérientiel (piégeage traditionnel de rongeurs, pêche artisanale), la riziculture écologique ou encore l’élevage naturel de poissons en saison des crues, contribuant à la création d’emplois et à l’augmentation des revenus.

À titre d’exemple, la coopérative agricole écologique Quyêt Tiên, située à proximité du parc, a mis en œuvre un modèle d’élevage de poissons en période d’inondation, générant en moyenne près de 10 tonnes de poissons par saison et un chiffre d’affaires supérieur à 220 millions de dôngs. Selon son directeur, Nguyên Minh Tuân, ce modèle permet à la fois d’améliorer les revenus des agriculteurs, de préserver les ressources aquatiques et de restaurer la biodiversité, comme en témoigne la réapparition d’espèces autrefois disparues.

La province de Dông Thap a par ailleurs défini des orientations stratégiques visant à concilier protection stricte des zones sensibles, développement de l’économie écologique, promotion d’un tourisme de qualité, agriculture durable et économie du carbone. Elle encourage également les investissements privés, la coopération internationale et le développement du marché des crédits carbone.

Des signaux encourageants

Selon Nguyên Hoang Minh Hai, représentant du Centre de conservation et de développement du parc, la gestion hydrologique entre 2016 et 2023, marquée par des périodes prolongées de sécheresse, avait conduit à maintenir un niveau d’eau élevé toute l’année pour prévenir les incendies. Cette pratique a cependant engendré une stagnation des eaux, une pollution organique accrue et une baisse de l’oxygène dissous, affectant la faune et la flore aquatiques. Par ailleurs, l’absence de brûlage contrôlé, la chute des cajeputiers, l’accumulation de biomasse et l’expansion d’espèces invasives ont freiné la régénération des habitats, notamment celle du năng kim, principale source alimentaire de la grue antigone.

Face à cette situation, le parc a engagé depuis 2024 une série de mesures de restauration : brûlages dirigés sur environ 1.000 hectares, travail du sol, élimination des espèces invasives et régulation du pH. Surtout, une gestion plus flexible et saisonnière des niveaux d’eau a été adoptée, considérée comme un facteur déterminant dans la régénération progressive des écosystèmes.

Ces efforts ont permis, au cours des trois dernières années, de restaurer près de 100 hectares de prairies de "nang kim" dans la zone centrale du parc, offrant à nouveau une source alimentaire essentielle pour les grues. Parallèlement, la régulation hydrologique a favorisé le retour de nombreuses espèces végétales caractéristiques des zones humides, telles que les lotus blancs, les algues aquatiques et d’autres plantes indicatrices d’une amélioration de la qualité de l’eau.

Le Dr Trân Triêt, représentant de l’International Crane Foundation, a souligné que la réapparition abondante des lotus blancs dans les canaux du parc constitue un indicateur clair d’un retour à des conditions écologiques proches de celles du Dong Thap Muoi d’autrefois.

  De nombreuses espèces d’oiseaux viennent s’installer et vivre au Parc national de Tram Chim. Photo: VNA  

 Et tirées par l’amélioration des habitats, plusieurs espèces d’oiseaux rares, dont des échassiers, des canards sauvages et des oiseaux migrateurs, ont récemment réinvesti le site pour s’alimenter et se reproduire. Le retour ponctuel de la grue antigone ces dernières années témoigne également des progrès réalisés.

Dans la perspective à venir, les responsables du parc entendent poursuivre l’ajustement des régimes hydrologiques sur la base des recommandations scientifiques, afin de consolider la restauration des écosystèmes et d’assurer un développement durable et résilient de cette zone humide d’importance internationale. -VNA/VI


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