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 Le Président Hô Chi Minh reçoit les
combattants représentatifs sur le front Diên Biên Phu. Deuxième
rang, à partir de la gauchenbsp;: Général Commandant en chef Vo
Nguyên Giap, Général chef adjoint d’Etat-major Hoàng Van Thai,
Directeur adjoint du Département politique général Lê Liêm, Général
chef d’Etat-major Van Tiên Dung, Truong Chinh, Secrétaire général du
Parti des travailleurs du Vietnam, Tôn Duc Thang, Président du
comité national Liên Viêt.
 Le Président Hô Chi Minh épingle l’insigne
«nbsp;Combattant de Diên Phunbsp;» sur la poitrine de Hoàng Dang
Vinh, soldats représentatifs de l’opération. A droite Bach Ngoc
Giap.
 Rencontre entre les généraux Vo Nguyên
Giap et Van Tiên Dung et les anciens combattants , (le colonel
Hoàng Dang Vinh serrant la main au général Vo Nguyên Giap) au
4e Congrès national du Parti (décembre
1976).
 Le combattant Lê Thê Nhân à l’âge de 75
ans.
 Le colonel Bach Ngoc Giap s’informe des
nouvelles de la célébration du 50anniversaire de la victoire de
Diên Biên Phu.
 Le colonel Hoàng Dang Vinh, son épouse et sa
petite-nièce.
| «nbsp;…Vous êtes des combattants
représentatifs d’un peuple héroïque, d’une armée héroïque. Le Comité
central du Parti, le gouvernement et moi-même, le cœur en fête, vous
félicitent. Le gouvernement a décidé de vous décorer de l’Ordre des
exploits militaires de Première classe…nbsp;»
C'est ainsi que s’est adressé l’Oncle Hô, à six
combattants représentants des unités ayant participé à l’opération Điên
Biên Phu-qui faisaient le compte-rendu des mérites au Parti, au
gouvernement et au Président Hô, à l’occasion du 64e
anniversaire de la naissance de ce dernier le 19 mai 1954. Nous avons
rencontré 3 d’entre eux et écouté leurs souvenirs sur une période
glorieuse des combattants de Điên Biên Phu.
A 75 ans, Lê Thê Nhân est toujours alerte, la
voix étoffée comme du temps où son unité se rendait maître de l’aéroport
de Muong Thanh, coupant l’unique voie de ravitaillement du camp retranché
français, il y a 50 ans. Il ditnbsp;: «nbsp;Je pense que ma contribution
à la victoire de la nation est infiniment petite par rapport aux
sacrifices de mes frères d’arme et de mes compatriotes. Les souvenirs de
Điên Biên Phu demeurent toujours gravés dans ma mémoire. Pendant 55 jours
de combat, sous le feu nourri des bombes et des balles, rien qu’avec des
pics et des pelles, nous avons creusé des abris et des boyaux, partageant
l’aéroport de Muong Thanh en plusieurs portions. Les uns tombaient, les
autres les remplaçaient. Parfois, la compagnie ne comptait que 9
personnes. Si le chef de compagnie tombait, le chef de section prenait sa
place. J’étais alors chef d’escouade. Lorsque l’aéroport tomba entre nos
mains, je fus promu chef de compagnie, le cinquième. Beaucoup de
sacrifices, mais la victoire fut éclatante. Par la suite, j’eus l’honneur
de faire le compte-rendu à l’Oncle Hô, qui nous réserva des sentiments
paternels que je n’oublierai jamaisnbsp;». Lê Thê Nhân s’arrête pour
calmer son émotion, puis reprendnbsp;: «nbsp;Apercevant le bandage sur
ma tête, il me demandenbsp;: «nbsp;Est-ce que votre blessure vous fait
encore malnbsp;?. Avec les médecins, lui-même soigne ma
blessure.nbsp;».
Répondant aux bons sentiments de l’Oncle Hô, Lê
Thê Nhân ne cesse de s’instruire. Sorti d’une école supérieure et
démobilisé en 1967, il enseigne à l’école polytechnique de Hanoi.
Aujourd’hui, le démobilisé et retraité reste toujours un vaillant
combattant de Điên Biên Phu.
Parmi les six premiers combattants qui ont fait
le compte-rendu à l’Oncle Hô et reçu l’insigne Điên Biên Phu de ses mains,
le colonel Bach Ngoc Giap est probablement celui qui a le plus grand
nombre d’années d’ancienneté. Il est né dans une famille paysanne du
village de Yên Phu, province de Hà Tây. En 1946, à l’âge de 12 ans, il
s’engage comme agent de liaison dans Régiment de la Capitale et participe
à plusieurs opérations militaires dont celle de Điên Biên Phu. Il est fier
d’être l’un des premiers artilleurs de l'armée vietnamienne. Au Musée de
l’histoire militaire du Vietnam, il nous montre la pièce de 105 mm que son
unité a récupérée lors de la bataille de Nghia Lô et qui a servi durant
les opérations de Hoà Binh et de Điên Biên Phu. Il expliquenbsp;:
«nbsp;C’est la pièce N°1 qui porte l’inscription «nbsp;réparée à Hanoi
en 1953nbsp;» et l’une des premières pièces qui a ouvert le feu contre le
centre de résistance Him Lam (Béatrice), déclenchant l’opération Điên Biên
Phu. Se rappelant ce grand moment, ses yeux brillent d’un vif éclat. Il
poursuitnbsp;: «nbsp;Dès le premier jour, notre compagnie de 105mm, les
canons de montagne et la DCA ont semé la terreur dans les rangs adverses.
L’artillerie ennemie était complètement paralysée. Le colonel Piroth qui
commandait l’artillerie française se suicida.nbsp;» Après une petite
pause, mon interlocuteur reprendnbsp;: «nbsp;Quand on évoque les
exploits de notre artillerie à Điên Biên Phu, on ne peut passer sous
silence les efforts et les sacrifices de nos artilleurs concernant le
déplacement des canons sur les chemins des montagnes ni la sollicitude à
notre égard, du général Vo Nguyên Giap, qui commandait
l’opérationnbsp;».
On imagine difficilement que le petit garçon
Hoàng Dang Vinh qui passait toute la journée à attraper le menu fretin
dans les champs de la commune de Tiên Tiên, district de Phu Cu, province
de Hung Yên, ait capturé le général de Castries. Hoàng Dang Vinh,
racontenbsp;: «nbsp;Dans l’après-midi du 7 mai 1954, nos pointes
d’attaque approchent du P.C français. Les dernières poches de résistance
ennemies ont été réduites au silence. La pointe d’attaque du chef de
compagnie Ta Quôc Luât reçoit l’ordre de capturer vivant tous les membres
du commandement français. Sur l’ordre du chef, le combattant Nho lance sa
grenade dans la casemate du P.C. français. La porte de l’abri s’ouvre
brusquement. Nho suivi de Vinh et du chef de compagnie font irruption dans
l’abri. Les quelque vingt officiers du commandement français sont blottis
dans un coin. Le chef de compagnie Ta Quôc Luât ordonne en françaisnbsp;:
«nbsp;Tout le monde les mains en l'airnbsp;! Devant le geste ferme de
Vinh, de Castries recule et lève ses bras en balbutiantnbsp;: ‘Ne tirez
pas’, je me rends. Le chef de compagnie Ta Quôc Luât ordonne de nouveau en
françaisnbsp;: ‘Donnez l’ordre à toutes vos unités de se rendre sans
conditions’. ‘Je l’ai déjà fait il y a quelques minutes’, répond de
Castries. En compagnie de ses lieutemants, il sort de sa casemate, l’air
morose.nbsp;».
Le colonel Hoàng Dang Vinh poursuitnbsp;:
«nbsp;Par la suite, j’ai eu l’occasion de le revoir. Sur la demande du
cinéaste R.Karmen, j’entre dans la chaumière où se trouvait le général de
Castries. Notre commandant lui demande en français:
 Minute de silence au cimetière des
combattants morts pour la Patrie sur la colline Ðôc Lâp
(Gabrielle). | nbsp;«nbsp;Connaissez-vous
cet hommenbsp;? Le général français répond d’une voie
hésitantenbsp;:nbsp;‘Il me
semble l’avoir rencontré’. ‘C’est le combattant Vinh, celui qui vous a
capturé. Vous en souvenez-vousnbsp;?’. Après quelques minutes, de
Castries répondnbsp;: ‘Je serais très fier si je commandaisnbsp; d’aussi
vaillants soldats’. Lorsquenbsp;notre interprète me traduit
ces paroles, je me lève brusquement et lui ditnbsp;: ‘Comment osez-vous
parler de me commandernbsp;?nbsp;»
Hoàng Dang Vinh explique son geste
comme pour se justifiernbsp;: Les jeunes sont prompts à s’irriter.
Peut-être l’amour-propre et la fierté nationale m’ont poussé à agir de la
sortenbsp;»
Textenbsp;: Quang
Phùng-Photosnbsp;: Trong
Chinh et
archives
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