14e Congrès national du Parti

Souvenirs de Điên Biên Phu

«nbsp;…Vous êtes des combattants représentatifs d’un peuple héroïque, d’une armée héroïque. Le Comité central du Parti, le gouvernement et moi-même, le cœur en fête, vous félicitent. Le gouvernement a décidé de vous décorer de l’Ordre des exploits militaires de Première classe…nbsp;»


Le Président Hô Chi Minh reçoit les combattants représentatifs sur le front Diên Biên Phu. Deuxième rang, à partir de la gauchenbsp;: Général Commandant en chef Vo Nguyên Giap, Général chef adjoint d’Etat-major Hoàng Van Thai, Directeur adjoint du Département politique général Lê Liêm, Général chef d’Etat-major Van Tiên Dung, Truong Chinh, Secrétaire général du Parti des travailleurs du Vietnam, Tôn Duc Thang, Président du comité national Liên Viêt.


Le Président Hô Chi Minh épingle l’insigne «nbsp;Combattant de Diên Phunbsp;» sur la poitrine de Hoàng Dang Vinh, soldats représentatifs de l’opération. A droite Bach Ngoc Giap.


Rencontre entre les
généraux Vo Nguyên Giap
et Van Tiên Dung et les anciens combattants , (le colonel Hoàng Dang Vinh serrant la main au général Vo Nguyên Giap) au 4e Congrès national du Parti (décembre 1976).


Le combattant Lê Thê
Nhân à l’âge de 75 ans.


Le colonel Bach Ngoc Giap s’informe des nouvelles de
la célébration du 50
anniversaire de la
victoire de Diên Biên Phu.


Le colonel Hoàng Dang Vinh, son épouse et sa
petite-nièce.

«nbsp;…Vous êtes des combattants représentatifs d’un peuple héroïque, d’une armée héroïque. Le Comité central du Parti, le gouvernement et moi-même, le cœur en fête, vous félicitent. Le gouvernement a décidé de vous décorer de l’Ordre des exploits militaires de Première classe…nbsp;»

C'est ainsi que s’est adressé l’Oncle Hô, à six combattants représentants des unités ayant participé à l’opération Điên Biên Phu-qui faisaient le compte-rendu des mérites au Parti, au gouvernement et au Président Hô, à l’occasion du 64e anniversaire de la naissance de ce dernier le 19 mai 1954. Nous avons rencontré 3 d’entre eux et écouté leurs souvenirs sur une période glorieuse des combattants de Điên Biên Phu.

A 75 ans, Lê Thê Nhân est toujours alerte, la voix étoffée comme du temps où son unité se rendait maître de l’aéroport de Muong Thanh, coupant l’unique voie de ravitaillement du camp retranché français, il y a 50 ans. Il ditnbsp;: «nbsp;Je pense que ma contribution à la victoire de la nation est infiniment petite par rapport aux sacrifices de mes frères d’arme et de mes compatriotes. Les souvenirs de Điên Biên Phu demeurent toujours gravés dans ma mémoire. Pendant 55 jours de combat, sous le feu nourri des bombes et des balles, rien qu’avec des pics et des pelles, nous avons creusé des abris et des boyaux, partageant l’aéroport de Muong Thanh en plusieurs portions. Les uns tombaient, les autres les remplaçaient. Parfois, la compagnie ne comptait que 9 personnes. Si le chef de compagnie tombait, le chef de section prenait sa place. J’étais alors chef d’escouade. Lorsque l’aéroport tomba entre nos mains, je fus promu chef de compagnie, le cinquième. Beaucoup de sacrifices, mais la victoire fut éclatante. Par la suite, j’eus l’honneur de faire le compte-rendu à l’Oncle Hô, qui nous réserva des sentiments paternels que je n’oublierai jamaisnbsp;». Lê Thê Nhân s’arrête pour calmer son émotion, puis reprendnbsp;: «nbsp;Apercevant le bandage sur ma tête, il me demandenbsp;: «nbsp;Est-ce que votre blessure vous fait encore malnbsp;?. Avec les médecins, lui-même soigne ma blessure.nbsp;».

Répondant aux bons sentiments de l’Oncle Hô, Lê Thê Nhân ne cesse de s’instruire. Sorti d’une école supérieure et démobilisé en 1967, il enseigne à l’école polytechnique de Hanoi. Aujourd’hui, le démobilisé et retraité reste toujours un vaillant combattant de Điên Biên Phu.

Parmi les six premiers combattants qui ont fait le compte-rendu à l’Oncle Hô et reçu l’insigne Điên Biên Phu de ses mains, le colonel Bach Ngoc Giap est probablement celui qui a le plus grand nombre d’années d’ancienneté. Il est né dans une famille paysanne du village de Yên Phu, province de Hà Tây. En 1946, à l’âge de 12 ans, il s’engage comme agent de liaison dans Régiment de la Capitale et participe à plusieurs opérations militaires dont celle de Điên Biên Phu. Il est fier d’être l’un des premiers artilleurs de l'armée vietnamienne. Au Musée de l’histoire militaire du Vietnam, il nous montre la pièce de 105 mm que son unité a récupérée lors de la bataille de Nghia Lô et qui a servi durant les opérations de Hoà Binh et de Điên Biên Phu. Il expliquenbsp;: «nbsp;C’est la pièce N°1 qui porte l’inscription «nbsp;réparée à Hanoi en 1953nbsp;» et l’une des premières pièces qui a ouvert le feu contre le centre de résistance Him Lam (Béatrice), déclenchant l’opération Điên Biên Phu. Se rappelant ce grand moment, ses yeux brillent d’un vif éclat. Il poursuitnbsp;: «nbsp;Dès le premier jour, notre compagnie de 105mm, les canons de montagne et la DCA ont semé la terreur dans les rangs adverses. L’artillerie ennemie était complètement paralysée. Le colonel Piroth qui commandait l’artillerie française se suicida.nbsp;» Après une petite pause, mon interlocuteur reprendnbsp;: «nbsp;Quand on évoque les exploits de notre artillerie à Điên Biên Phu, on ne peut passer sous silence les efforts et les sacrifices de nos artilleurs concernant le déplacement des canons sur les chemins des montagnes ni la sollicitude à notre égard, du général Vo Nguyên Giap, qui commandait l’opérationnbsp;».

On imagine difficilement que le petit garçon Hoàng Dang Vinh qui passait toute la journée à attraper le menu fretin dans les champs de la commune de Tiên Tiên, district de Phu Cu, province de Hung Yên, ait capturé le général de Castries. Hoàng Dang Vinh, racontenbsp;: «nbsp;Dans l’après-midi du 7 mai 1954, nos pointes d’attaque approchent du P.C français. Les dernières poches de résistance ennemies ont été réduites au silence. La pointe d’attaque du chef de compagnie Ta Quôc Luât reçoit l’ordre de capturer vivant tous les membres du commandement français. Sur l’ordre du chef, le combattant Nho lance sa grenade dans la casemate du P.C. français. La porte de l’abri s’ouvre brusquement. Nho suivi de Vinh et du chef de compagnie font irruption dans l’abri. Les quelque vingt officiers du commandement français sont blottis dans un coin. Le chef de compagnie Ta Quôc Luât ordonne en françaisnbsp;: «nbsp;Tout le monde les mains en l'airnbsp;! Devant le geste ferme de Vinh, de Castries recule et lève ses bras en balbutiantnbsp;: ‘Ne tirez pas’, je me rends. Le chef de compagnie Ta Quôc Luât ordonne de nouveau en françaisnbsp;: ‘Donnez l’ordre à toutes vos unités de se rendre sans conditions’. ‘Je l’ai déjà fait il y a quelques minutes’, répond de Castries. En compagnie de ses lieutemants, il sort de sa casemate, l’air morose.nbsp;».

Le colonel Hoàng Dang Vinh poursuitnbsp;: «nbsp;Par la suite, j’ai eu l’occasion de le revoir. Sur la demande du cinéaste R.Karmen, j’entre dans la chaumière où se trouvait le général de Castries. Notre commandant lui demande en français:


Minute de silence au cimetière des combattants morts pour la Patrie
sur la colline Ðôc Lâp (Gabrielle).
nbsp;«nbsp;Connaissez-vous cet hommenbsp;? Le général français répond d’une voie hésitantenbsp;:nbsp;‘Il me semble l’avoir rencontré’. ‘C’est le combattant Vinh, celui qui vous a capturé. Vous en souvenez-vousnbsp;?’. Après quelques minutes, de Castries répondnbsp;: ‘Je serais très fier si je commandaisnbsp; d’aussi vaillants soldats’. Lorsquenbsp;notre interprète me traduit ces paroles, je me lève brusquement et lui ditnbsp;: ‘Comment osez-vous parler de me commandernbsp;?nbsp;»

Hoàng Dang Vinh explique son geste comme pour se justifiernbsp;: Les jeunes sont prompts à s’irriter. Peut-être l’amour-propre et la fierté nationale m’ont poussé à agir de la sortenbsp;»

Textenbsp;: Quang Phùng-Photosnbsp;: Trong Chinh et archives

Bài: Quang Phùng - Ảnh: Trọng Chính TL

Nouvelle vie sur lancien champ de bataille

Nouvelle vie sur l'ancien champ de bataille

Dien Bien Phu, bourg de renommée mondiale qui a laissé une empreinte au cours du 20ème siècle et fierté de tous les Vietnamiens. Cinquante-cinq ans après la victoire, la localité a maintenant une nouvelle physionomie avec beaucoup de bâtiments modernes et de grandes changements dans les hameaux autrefois situés au coeur du champ de bataille.

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