14e Congrès national du Parti
La victoire de Ðiên Biên Phu – force politique, spirituelle et intellectuelle du Vietnam
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A
l’issue
de leur 2e guerre d’agression contre le Vietnam, les
colonialistes français ont perdu en 7 ans, plus de 300.000 soldats et
officiers. Les plans Leclerc, Valluy, d’Argenlieu, Bolaërt, Pignon,
Revers, de Tassigny ont fait successivement faillite. La guerre populaire
du Vietnam - une guerre sans front – a frappé aussi bien l’avant que
l’arrière de l’ennemi, à la campagne comme à la ville. Elle a fatigué et
affaiblit les troupes françaises. Le gouvernement français a été formé et
reformé dix-sept fois, cinq Haut Commissaires et six Commandants en chef
du Corps expéditionnaire français (CEF) en Indochine furent successivement
rappelés.Grâce
à la ligne de la guerre populaire – une coordination de la guerre de
guérilla et la guerre régulière – de la position passive, notre armée et
notre peuple ont peu à peu atteint la position active et remporté de
nombreuses victoires. Devant
les échecs successifs du CEF en Indochine, l’opinion française se trouve
de plus en plus en porte à faux avec cette guerre. Situation embarrassante
et sans issue. Le gouvernement français ne veut plus continuer cette
guerre trop coûteuse et décevante. D’un autre côté, il n’est pas encore
disposé à céder sa place aux Américains. Il estime que la meilleure
solution est d’utiliser l’aide américaine financière en armements pour en
sortir par une «nbsp;issue honorablenbsp;» à la table des
conférence. Le
7 mai 1953, avec l’accord des Américains, le Premier ministre français
René Mayer a dépêché le général Navarre au Vietnam pour remplacer le
général Salan et prendre en mains le commandement du CEF en Indochine. Le
plan Navarre fut élaboré dans ces circonstances en vue de sauver l’honneur
de la France. De notre côté, choisir Ðiên Biên Phu
comme champ stratégique était un choix judicieux. Notre
plan visait à diviser et à disséminer l’ennemi, à mener des activités
intenses sur les autres champs de bataille, à frapper les points faibles.
Ne pouvant pas les abandonner, l’ennemi devait envoyer des renforts. Pour
que cette ruse se réalise, il fallait opérer une diversion. Afin
de restreindre les forces mobiles de l’ennemi – un moyen opérationnel à la
fois dangereux et efficace – nous devions les disséminer sur d’autres
champs de bataille et nous assurer qu’elles soient dans l’impossibilité de
secourir Ðiên Biên Phu. De cette façon seulement, nous étions sûrs de
remporter la victoire lors cette bataille. Par
cette ruse, nous avons mobilisé environ 70 bataillons mobiles (contre 84
bataillons mobiles ennemis) sur tous les champs de bataille de
l’Indochine. Sur
le principal champ de bataille Ðiên Biên Phu, le commandement de
l’opération (l’avant-garde) élabore le plan d’action suivant la
formulenbsp;: «nbsp;Attaque éclair, victoire éclairnbsp;», décidé à
anéantir le camps retranché de Ðiên Biên Phu en deux jours et trois nuits,
dans les conditions où l’ennemi se tient encore sur une position défensive
provisoire. Après
avoir écouté le rapport, le généralissime Vo Nguyên Giap, commandant en
chef de l’opération, saisit grapidement la situation et propose de changer
la devise opérationnelle «nbsp;Attaque éclair victoire éclairnbsp;» par
«nbsp;attaque sûre, avance sûrenbsp;», Ensuite, il modifie la formation
et dispose de nouveau les forces. Cette devise a été approuvée par le
Comité permanent du Parti communiste du Vietnam et le Président Hô Chi
Minh. Lors de la campagne de Ðiên Biên
Phu, l’ennemi se trouve déjà isolé dans une vallée
encerclée et attaquée de tous côtés. Nous avions établi tout un réseau de
boyaux, un système offensif et d’encerclement pour que nos troupes se
déploient. Pour la première fois, nous procédions à l’encerclement et à
l’offensive d’un camp retranché dans les conditions où les forces adverses
étaient supérieures en armes. Tout en détruisant les force de l’ennemi
(artillerie, chars et avions provenant de l’aide), avec un réseau de
boyaux et la tactique «nbsp;encerclement, empiètement et destruction
totalenbsp;» peu à peu, nos troupes purent serrer de près l’ennemi, se
réservant la supériorité dans le temps et l’espace, créant ainsi une
grande force dans le processus offensif pour anéantir totalement le camp
retranché et remporter la victoire. Notre
façon d’opérer consistait à ouvrir successivement des brèches, même temps
qu'empiéter. Pour attaquer une fortification solide, il fallait ouvrir des
brèches pour la démolir et détruire l’ennemi, faire des percées
successives avant qu'il n’ait le temps de résister, les ouvrir à tour de
rôle car l’opération était desservie, par une formation très grande et
très complexe, qui demandait un certain temps pour être rajustée et
modifiéenbsp;; la coordination de l’ouverture des brèches avec
l’empiètement nous a obligé à creuser des tranchées et boyaux, pour
assurer notre force de combatnbsp;; elle a créé des points d’appui pour
que nos troupes attaquent les positions adverses de façon sûre, approchent
des fortifications, réduisant ainsi les pertes humaines dues aux
bombardements de l’aviation et de l’artillerie ennemies. Quant
à la forme et à la disposition du combat, encercler les secteurs élevés à
l’est et à l’ouest du camp, briser la défense ennemie en bas, rompre la
ceinture de défense extérieure pour pénétrer en profondeur jusqu’au P.C.
adverse, encercler et empiéter sur l’aérodrome afin de couper le
ravitaillement par avion, l’unique voie de ravitaillement et dernier
espoir de l’ennemi. Cette
tactique concordait avec les conditions du Vietnam. Elle reflètait
également le génie militaire traditionnel du peuple. Comme nous manquions
d’armements pour ouvrir des brèches (avions, chars, canons), nous devions
utiliser cette méthode. Résoudre les contradictions dans les rapports
entre les choses et agir conformément à la réalité, c’est agir par la
dialectique, c’est diriger de façon méthodologique, dans un essprit
novateur. Un fait intéressant et très rare dans le mondenbsp;: nos pièces
d’artillerie ont été traînées à la force des bras et orientées directement
sur le camp en bas. De cette façon, nos canons étaient bien protégés et
leurs tirs plus précis. Les pièces étaient installées à 5 et 7 kilomètres
de l’objectif. D’ordinaire, les canons de 105 mm ont une portée de 10 à 11
km. Comme nos pièces se trouvent près des fortifications ennemies, leur
tir était plus précis et elles utilisaient moins de projectiles. Se
trouvant sur les hauteurs, nos canons au tir précis purent contrôler
l’artillerie ennemie, jusqu'à faire cesser l’artillerie
française. La
victoire de Ðiên Biên Phu est la victoire de la guerre populaire qui
s’illustre par des combats retentisssants comme les attaques des aéroports
de Gia Lâm et de Cat Bi sur la route 5 entre Hanoi et Hai Phong, les voies
ferrées, dans toute l’Indochine. A Ðiên Biên Phu, nous avons mis hors de
combat 16.200 ennemis (sur les 200.000 dans toute l’Indochine). Ðiên Biên
Phu a écrit une nouvelle page glorieuse dans l’histoire de notre peuple
contre l’invasion étrangère. Cette
victoire ouvrait une ère nouvelle et encourageait le mouvement de
libération nationale qui déferlait dans le monde, surtout sur le continent
africain. Elle a créé une réaction en chaîne qui a conduit non seulement à
l’indépendance dans les colonies françaises, mais a galvanisé les autres
peuples opprimés. Cette victoire reflètait l’esprit indomptable d’un peuple décidé à vaincre. Comme l’a dit le Président Hô Chi Minhnbsp;: «nbsp;Quand un peuple se lève et est décidé à combattre pour sa patrie, aucune personne, aucune force ne sauraient le vaincrenbsp;».
Général de corps d’armée, Professeur Hoàng Minh Thao |
Bài: Thượng tướng - Giáo sư Hoàng Minh Thảo Ảnh: Tư liệu BAVN





















