03/05/2020 11:24 GMT+7 Email Print Like 0

Lutte contre les déchets plastiques dans le Mékong

Le Mékong commence dans l’Himalaya et traverse la Chine, le Myanmar, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam avant de se jeter dans la Mer Orientale. Plus de 70 millions de personnes dépendent de cette rivière, qui doit faire face à la pollution plastique. Ce qui fait du Mékong l’un des dix fleuves les plus pollués du monde. Actuellement, les pays de la sous-région du Grand Mékong font des efforts pour y nettoyer les déchets plastiques.
En février dernier, lors d’un colloque à Vientiane (Laos), organisé par le Secrétariat de la Commission du Mékong (MRC) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) dans la région Asie-Pacifique, environ 50 responsables gouvernementaux et des chercheurs de quatre pays riverains du Mékong - Cambodge, Laos, Thaïlande et Vietnam - se sont unis pour étudier cette pollution plastique.

Ce colloque a convenu de poursuivre la coopération, afin de fournir des informations plus détaillées et des preuves scientifiques sur la situation de la pollution plastique dans la région ainsi que sur ses impacts sur l'environnement et les personnes vivant le long du fleuve, avant de faire des recommandations politiques pour résoudre ce problème.


Pollution plastique au marché flottant de Cai Rang, arrondissement de Ninh Kiêu, à Cân Tho. Photo : Thanh Liêm/AVI


Des déchets plastiques flottant sur une portion du Mékong au Cambodge. Photo : AFP/AVI


Un enfant fait de la natation dans une piscine pleine de bouteilles en plastique. Il s’agit d’une image de propagande dans le cadre de la campagne de protection du Mékong en Thaïlande. Photo : AFP/AVI



Le groupe sud-coréen Hanwha, en collaboration avec l’Administration de l’environnement du Vietnam (VEA) et l’Institut mondial de la croissance verte, a lancé à Vinh Long une campagne intitulée « Clean up Vietnam – Mékong ». En image : Des bénévoles  en train de collecter des déchets plastiques dans le Mékong.
Photo : Lê Thuy Hang/AVI
 

 

Le groupe sud-coréen Hanwha a remis au Comité populaire provincial de Vinh Long deux navires à l'énergie solaire d’une valeur d’environ 2,5 milliards de dongs.
Photo : Lê Thuy Hang/AVI

Mme Caitlin Wiesen, représentante en chef du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Vietnam, a appelé les gouvernements, les entreprises et les habitants de la région à agir ensemble. Il faut dire non aux articles plastiques à usage unique, utiliser des produits respectueux de l'environnement; collecter et traiter les déchets plastiques.
Selon une étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology en novembre 2017, le Mékong est l'une des 10 rivières qui charrient 88 à 95% des déchets plastiques dans les océans du monde. Selon une étude du Docteur Christian Schmidt, hydrogéologue allemand au Centre de recherche sur l’environnement Helmholtz, le Mékong est l'un des 10 fleuves les plus pollués au monde.

Depuis la fin de 2019, le gouvernement vietnamien et les habitants du delta du Mékong ont pris des mesures concrètes et drastiques. En juin 2019, le groupe sud-coréen Hanwha, en collaboration avec l’Administration de l’environnement du Vietnam (VEA) et l’Institut mondial de la croissance verte, a lancé une campagne intitulée « Clean up Vietnam-Mékong ». Cette campagne visait à collecter des déchets et à nettoyer la partie du Mékong traversant cette province méridionale vietnamienne en utilisant des navires fonctionnant à l'énergie solaire du groupe Hanwha. À cette occasion, Hanwha a remis au Comité populaire provincial de Vinh Long deux navires à l'énergie solaire d’une valeur d’environ 2,5 milliards de dongs. Alimentés par des modules photovoltaïques, ces navires nettoyent la portion locale du Mékong sans émettre de gaz à effet de serre ni d'autres polluants. Vinh Long est la première localité à utiliser à titre expérimental ces navires solaires. Hanwha prévoit d’étendre sa campagne à d’autres localités si les travaux à Vinh Long s'avèrent efficaces.

En plus de cela, la ville de Cân Tho a travaillé avec l’organisation The Ocean Cleanup des Pays-Bas pour mettre en place un bateau de collecte d’ordures automatique sur la partion du fleuve traversant  cette ville. Ce bateau utilise aussi l'énergie solaire, et il est connecté au téléphone pour connaître la quantité de déchets collectés. Cette organisation compte collecter environ 90% des déchets flottants dans la rivière. Si ce projet  est efficace, elle reproduira des centaines de bateaux de ce type pour les distribuer dans le monde. /.
 
Texte: Phong Thu - Photos: AVI