29/11/2015 08:32 GMT+7 Email Print Like 0

Un conte de fée raconté dans un documentaire

 Au Vietnam, quand on parle de documentaire, il s’agit de donner des faits et des chiffres précis pour décrire de la manière la plus véridique le sujet du film. C’est la règle, toutefois, il y a des exceptions, comme le documentaire Lua Thiên Nhân (La flamme humaine), qui est bien différent.

Lua Thiên Nhân (La flamme humaine), est un documentaire non pas parce qu'il raconte une histoire véridique, mais parce que celle-ci, et le message qu’elle transmet, sont si beaux que, d'une certaine manière, lorsque les spectateurs regardent l’enchaînement des faits, ils ont une certaine tendance à croire aux miracles.

Une histoire de tristesse et de bonheur

Thiên Nhân ne ressemble à aucun autre garçon que l’on rencontre tous les jours au Vietnam ou, même, dans le monde. Nouveau-né, il a été abandonné, à trois jours, dans un jardin de la province centrale du Quang Nam. Lorsqu’il a été retrouvé, il avait déjà perdu une jambe et ses parties intimes, des fourmis pullulant sur tout son corps.

Le petit garçon a pu être sauvé par le personnel médical du Quang Nam, qui à l’occasion l'a baptisé Thiên Nhân, ce qui signifie «bonne personne», dans l'espoir qu’il devienne un bon garçon, malgré toutes les souffrances subies.

La santé de Nhân est cependant restée précaire, compte tenu de l’importance de ses blessures. Il avait besoin d'un traitement médical spécial. L'histoire de ce pauvre garçon est devenue «virale», attirant finalement l'attention de Trân Mai Anh, le journaliste du magazine Patrimoine, ainsi que d'une femme mère de deux garçons.

De bons cœurs

Cette dernière, Mai Anh, après plusieurs déplacements entre Hanoi et Quang Nam, a décidé d'adopter Thiên Nhân, continuant à chercher des traitements médicaux de pointe dans le monde afin d’aider le garçon.

Signe du destin, toute l’aide apportée à Nhân est venue à la connaissance du président d’Asia Injury Prevention Foundation (Fondation AIP), M. Greig Craft qui, ayant entendu parler de son histoire, souhaitait l’aider.
Sa volonté d'aider le garçon était si forte que, depuis qu’il a été trouvé Nhân au domicile de Mai Anh à Hanoi, il a continuellement accompagné le garçon et sa mère adoptive dans chaque voyage réalisé pour permettre au garçon de recouvrer au mieux ses parties intimes, ne serait-ce que pour pouvoir uriner normalement.

Au fil du temps, Greig Craft est devenu un membre de la famille de Mai Anh. Il considère Nhân comme son fils et, avec Mai Anh, il a réussi à réunir des fonds pour financer l’intervention chirurgicale la plus importante pour Nhân, en 2008, afin de lui donner un organe génital.

Mais Mai Anh et Greig Craft ne sont pas les seuls anges venus à la rescousse de Nhân. Et l'histoire du garçon, qui aujourd’hui a 9 ans et est élève en primaire à Hanoi, ne serait pas complète si le médecin italien Roberto DeCarlos n’était pas mentionné. Ce médecin, qui réalisait des interventions chirurgicales gratuites, a accepté de venir au Vietnam pour vérifier l’état de Nhân, bien que l'opération précitée ait été couronnée de succès.

Pour un garçon dont la vie s’annonçait particulièrement difficile, on pourrait penser qu'il s’agit là d’une fin heureuse, désormais en bonne santé dans une famille pleine d’amour. Mais ce conte de fée moderne ne s’arrête pas là...

Création d’un fond caritatif

L'histoire de Nhân s’est répandue rapidement, et de plus en plus de parents sont allés au domicile de Mai Anh pour demander de l’aide afin de sauver leurs enfants ayant également perdu leurs organes génitaux pour diverses raisons.
«Avec ce long voyage pour aider Nhân, nous sommes redevables envers tant de gens ! Dans la vie, nous ne pouvons pas simplement recevoir, nous devons aussi donner.», a déclaré Mai Anh dans le documentaire. Avec le plein soutien de Greig Craft et de plusieurs autres personnes et, surtout, le médecin DeCarlos, un fond dénommé «Thiên Nhân và Nhung nguoi ban», ou Thiên Nhân et ses amis, a été créé en juin 2014.

Cette fondation a soutenu la réalisation de chirurgies réparatrices au profit de 147 garçons vietnamiens, grâce aux efforts du médecin DeCarlos qui a été plus que disposé à voyager entre l'Italie et le Vietnam. Il a effectué des interventions gratuites pour des centaines de garçons malchanceux au Vietnam, et considère déjà ce pays comme son domicile.

Pour le réalisateur Hông Giang et son équipe, Lua Thiên Nhân, ce documentaire de 77 minutes dont la conception a pris trois années entières, est également son premier film indépendant. «Il est tout simplement une belle histoire et en tant que cinéaste documentaire, je veux l'adapter en film», a expliqué le réalisateur Hông Giang.

Après avoir été sélectionné au Festival du film indépendant de New York York en octobre 2014 et au Festival des films internationaux à Hanoi de 2014, le film est désormais à l’affiche de cinémas comme le Platinum Cineplex de Hanoi ou le BHD Cineplex de Hô Chi Minh-Ville. - CVN/VNA/VI

 

 

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