Dans une interview accordée à l'Agence vietnamienne d'information (VNA) à la veille de la visite officielle du secrétaire général du Comité central du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président vietnamien, Tô Lâm, en France et de sa participation au Sommet international sur l’espace, le général Philippe Adam, secrétaire général du sommet, a souligné la signification particulière de la présence d'un chef d'État à une telle conférence, notamment dans le contexte de l'éloignement géographique et d’un agenda diplomatique dense. Voici le contenu de cette interview :
Question : Quelle signification accordez-vous à cette participation et quelles nouvelles perspectives pourrait-elle ouvrir pour la coopération franco-vietnamienne dans le domaine spatial ?
Le général Philippe Adam, ancien commandant de l’Espace : La participation d’un chef d’état à un sommet de ce genre est un signe fort, que nous prenons comme tel, d’autant que nous connaissons les difficultés que génèrent les distances dans des emplois du temps chargés. Cette marque d’amitié et de confiance ne sera pas négligée, bien entendu, dans les discussions à venir. Dans le cadre du sommet, la participation de Tô Lâm apportera de plus une perspective précieuse aux réflexions que nous souhaitons lancer sur les perspectives du secteur spatial en général, et sur le rôle que la coopération internationale doit y jouer : c’est aussi un des enjeux du format original que propose cet événement, de s’assurer d’une représentation de toutes les parties du monde.
Le général Philippe Adam : Cette question est une autre preuve de la confiance dont le Vietnam honore la France. Sans présumer de la nature de discussions plus détaillées qui suivront nécessairement afin de concrétiser des principes généraux, la France peut naturellement assister ses partenaires dans les domaines opérationnels (définition des besoins, concepts d’emploi, formation et entraînement, mise en œuvre des équipements, exploitation des services) comme dans les domaines techniques (spécifications, conception des architectures, développement, sécurité, filières de formation) dans une optique souveraine. Dans un cadre connexe, la France peut aussi proposer des solutions dans tous les domaines spatiaux en termes d’équipements ou de services, sous forme de partenariats divers, commerciaux ou non, et dans des approches de court ou de long terme : lanceurs, satellites, segment sol, segment mission, exploitation des données, formation des opérateurs, etc.
Question : Le Sommet international sur l’espace réunira à Paris des représentants de nombreux pays et l’ensemble des acteurs du secteur spatial, dans un contexte marqué par l’essor rapide des activités spatiales, l’arrivée de nouveaux acteurs et la montée des tensions. Quels sont, selon vous, les principaux enjeux de ce Sommet et quels résultats concrets en attendez-vous pour l’avenir de la coopération et de la gouvernance internationales de l’espace ?
Le général Philippe Adam : Le principal enjeu du sommet, selon moi, est de positionner correctement la communauté internationale face aux enjeux qui se dessinent pour les années à venir. Comme vous le soulignez, la croissance extrêmement rapide du volume mondial d’activités spatiales engendre déjà des difficultés nouvelles, qui devraient s’aggraver et se multiplier encore, le rythme du changement ne donnant pas de signe de ralentissement. Ces difficultés ne se résoudront pas d’elles-mêmes. Par conséquent, dans un milieu sans frontière et sans possibilité d’en créer, la responsabilité de mettre en place des solutions, qui consiste à gérer les risques identifiés dans le respect d’une saine compétition et du droit reconnu à chaque pays d’exploiter librement ce bien commun, afin que ce droit puisse effectivement s’exercer dans l’avenir. Si des initiatives, publiques et privées, ont déjà été prises dans cette direction, seul un traitement concerté par l’ensemble de la communauté mondiale permettra d’assurer la pérennité des conditions établies par le Traité sur l’espace de 1967. -VNA/VI





