La transition numérique et la transition verte redéfinissent progressivement les standards professionnels du secteur touristique vietnamien. Au-delà des profondes mutations qu'elles entraînent dans les modes de gestion, d'exploitation et de commercialisation des activités touristiques, ces deux transformations imposent une évolution des compétences des travailleurs. Dans ce contexte, la normalisation des ressources humaines devient une priorité afin d'accompagner un développement plus rapide, plus intelligent et plus durable du tourisme.
L'essor des technologies numériques, conjugué aux impératifs de lutte contre le changement climatique, modifie les attentes des voyageurs. Les touristes accordent une importance croissante aux services numériques, à la fluidité de leur parcours ainsi qu'au caractère écologique des destinations. Les autorités vietnamiennes considèrent ainsi la transition numérique et la transition verte comme deux piliers stratégiques du développement touristique.
La transformation numérique renouvelle les interactions entre entreprises, destinations et visiteurs grâce aux plateformes numériques, aux données et à la personnalisation des services. La transition verte, de son côté, encourage un modèle de développement privilégiant une utilisation plus rationnelle des ressources, la réduction des émissions de carbone ainsi que la préservation de l'environnement et des valeurs culturelles locales.
Cette double évolution exige une adaptation des compétences des professionnels du tourisme. Alors que les qualifications étaient auparavant principalement évaluées à travers les connaissances techniques, les langues étrangères ou les capacités de communication, elles reposent désormais également sur la maîtrise des outils numériques, l'exploitation des données et l'application des principes du développement durable.
Concrètement, un guide touristique doit être capable d'utiliser des cartes numériques, des applications d'audioguide ou encore de sensibiliser les visiteurs au tourisme responsable. Les spécialistes du marketing doivent exploiter les données clients afin d'adapter leurs stratégies de promotion, tandis que les gestionnaires d'établissements d'hébergement sont appelés à maîtriser les pratiques d'économie d'énergie, de tri des déchets et d'économie circulaire afin d'améliorer leur performance environnementale.
Cependant, un écart important subsiste entre ces nouvelles exigences et les compétences disponibles sur le marché du travail. Si la sensibilisation au tourisme responsable progresse et que les professionnels utilisent davantage les technologies numériques, leur niveau d'adaptation reste insuffisant. Les programmes de formation des établissements d'enseignement évoluent encore trop lentement pour répondre aux besoins du secteur.
Selon le professeur associé et docteur Pham Hong Long, président du Conseil scientifique et de la formation de la Faculté de tourisme de l'Université des sciences sociales et humaines de l'Université nationale du Vietnam à Hanoï, des thématiques essentielles telles que l'économie circulaire, la gestion des déchets plastiques, l'évaluation du cycle de vie des produits, l'empreinte carbone ou les systèmes intelligents de gestion touristique sont encore peu présentes dans les cursus universitaires. Cette situation oblige les entreprises à consacrer davantage de temps et de ressources à la formation de leurs nouvelles recrues.
Le chef de l'Autorité nationale du tourisme du Vietnam, Nguyên Trung Khanh, estime que les établissements de formation doivent actualiser leurs programmes afin d'intégrer pleinement les compétences numériques, l'analyse des données, les applications de l'intelligence artificielle, ainsi que les principes du tourisme vert et responsable. Il préconise également un renforcement de la coopération entre les universités, les autorités publiques et les entreprises afin de rapprocher la formation des réalités.
Pour les experts, le développement des ressources humaines constitue désormais un levier essentiel de la compétitivité du tourisme vietnamien. Le renforcement des compétences numériques et environnementales, l'amélioration de la formation des enseignants, le développement de la recherche appliquée et l'élargissement de la coopération internationale permettront au secteur de disposer d'une main-d'œuvre qualifiée, capable de répondre aux exigences d'un marché en pleine mutation et de soutenir durablement son intégration à l'économie mondiale. -VNA/VI





