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Souveraineté numérique : le Vietnam mise sur la cybersécurité et l’autonomie technologique
Grâce à une évolution de la pensée et à des avancées stratégiques, la protection de la souveraineté nationale dans le cyberespace, la cybersécurité et la sécurité des données ont enregistré des progrès importants, jetant des bases solides pour le développement du gouvernement, de la société et de l’économie numériques.
Selon le général de division Le Xuan Minh, directeur du Département de la cybersécurité et de la lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information (A05) du ministère de la Sécurité publique, le cyberespace est devenu une infrastructure essentielle au développement du gouvernement, de la société et de l’économie numériques. Les données constituent désormais une ressource stratégique, tandis que les infrastructures numériques jouent un rôle vital. Parallèlement, les nouvelles technologies créent de nouvelles formes de pouvoir et accentuent les risques pour la sécurité nationale.
Avec le développement du cyberespace, la protection de la sécurité nationale doit donc s’étendre au domaine numérique, selon le principe que "là où le développement progresse, la sécurité doit être garantie".
La souveraineté des données fait notamment face à de nouveaux défis liés aux flux transfrontaliers. La transformation numérique, les centres de données et l’interconnexion accroissent les risques de cybersécurité, tandis que les cyberattaques deviennent plus sophistiquées, organisées et soutenues par l’intelligence artificielle.
Le cyberespace est devenu une "zone grise" de la compétition stratégique, où les grandes puissances intensifient leurs activités hostiles sous le seuil de la guerre. Les conflits récents montrent que la cyberguerre et la guerre de l’information peuvent ouvrir la voie aux opérations militaires et en influencer l’issue.
Le développement des technologies de rupture, notamment l’informatique quantique, l’IA, les drones, les réseaux mobiles 5G et 6G et l’Internet satellitaire, transforme profondément les méthodes de protection de la sécurité et de la souveraineté nationales dans le cyberespace. Il fait également peser des risques de dépendance technologique et de perte d’autonomie, voire de retard technologique, ainsi que de vulnérabilité en matière de cybersécurité et de sécurité des données, si le Vietnam ne parvient pas à maîtriser les produits et services essentiels, notamment les technologies d’IA développées à partir de technologies étrangères.
Trois avancées stratégiques
Face à ces défis, le Parti, l’État et le ministère de la Sécurité publique ont engagé trois avancées stratégiques : perfectionner le cadre juridique, renforcer l’autonomie technologique et développer des ressources humaines hautement qualifiées.
Sur le plan juridique, la directive n°57-CT/TW du Secrétariat du Comité central du Parti, publiée le 31 décembre 2025, vise à renforcer la cybersécurité, la protection de l’information et la sécurité des données au sein du système politique. Le gouvernement a également chargé le ministère de la Sécurité publique d’élaborer deux nouveaux textes sur la sécurité des données et la gestion des drones.
En matière d’autonomie dans la recherche et l’application des technologies, ainsi que dans le développement de produits et services de cybersécurité répondant aux nouvelles exigences, les forces concernées maîtrisent déjà certaines technologies stratégiques, notamment un écosystème de plateformes de sécurité, un système d’exploitation national en phase d’essai, des solutions d’IA spécialisées et des chatbots susceptibles de remplacer certains services OTT et systèmes d’exploitation étrangers couramment utilisés. Le Département A05 mène également des recherches visant à développer de manière autonome des solutions cryptographiques de nouvelle génération résistantes à l’informatique quantique, des systèmes de cyberdéfense proactive, des solutions de protection active et des systèmes EDR de protection des terminaux. Il étudie également la mise en place d’un "cloud sécurisé" autonome de niveau très secret, ainsi que le développement de nouvelles technologies répondant aux exigences de protection de la souveraineté et de la sécurité nationales.
Parallèlement, le Département A05 renforce la formation des personnels spécialisés et a achevé son organisation dans les 34 villes et provinces. Des centaines de formations sont organisées chaque année au profit des forces de sécurité, des ministères et des collectivités locales.
Agir en amont et à distance
Selon le directeur de l’A05, le Vietnam doit poursuivre le perfectionnement de son cadre juridique en matière de cybersécurité, notamment pour la gestion des infrastructures du cyberespace et des services essentiels, la protection des infrastructures numériques et des technologies de pointe, ainsi que le contrôle des flux transfrontaliers de données, des données sensibles et des algorithmes.
Le pays doit renforcer sa capacité de défense contre la cyberguerre et la guerre de l’information, en mobilisant de manière coordonnée les moyens juridiques, technologiques et la participation de la population. Il doit également renforcer les capacités de gestion et de protection du cyberespace, consolider la souveraineté numérique nationale et l’autonomie de son écosystème technologique et de services, tout en garantissant le fonctionnement stable de l’Internet vietnamien, y compris en situation d’urgence. Parallèlement, il importe de développer les capacités de cybersécurité dans les nouveaux espaces stratégiques, de protéger les infrastructures et données essentielles, ainsi que les données personnelles, afin de garantir un cyberespace sûr et sain. -VNA/vi





