Le modèle de soins de santé de jour s’impose comme une solution flexible pour aider le Vietnam à faire face au vieillissement rapide de sa population, à la pression financière pesant sur les familles et à la surcharge du système de santé.
Depuis 2011, le Vietnam est officiellement entré dans une phase de vieillissement démographique, les personnes âgées de 60 ans et plus représentant plus de 10 % de la population totale. Cette proportion devrait conduire le pays à devenir une société vieillissante d’ici 2036.
Alors que les pays développés ont disposé de plusieurs décennies pour s’adapter à cette évolution, le Vietnam effectue cette transition en environ 25 ans. Cette mutation s’accompagne d’une transformation de la structure familiale traditionnelle, avec une hausse de la proportion de personnes âgées vivant seules ou uniquement avec leur conjoint, qui atteint 29,3 %. Sur le plan sanitaire, environ 95 % des personnes âgées souffrent d’au moins une maladie chronique, et chacune cumule en moyenne six à sept pathologies ou troubles. Leurs dépenses médicales directes sont estimées entre sept et dix fois supérieures à celles des jeunes, notamment en raison de séjours hospitaliers plus longs et de traitements multiples.
Cependant, l’offre de services destinés aux personnes âgées demeure toutefois limitée. Le secteur public compte plus de 400 établissements d’aide sociale, mais ceux-ci ne répondent qu’à environ 0,05% des besoins, principalement pour les personnes particulièrement vulnérables et sans soutien familial. Les établissements privés sont encore peu nombreux et surtout concentrés dans les grandes villes. Le coût mensuel des maisons de retraite privées se situe généralement entre 10 et 25 millions de dôngs, un montant élevé pour la majorité des familles.
Face à ces difficultés, le professeur associé et docteur Tran Viet Luc, directeur adjoint de l’Hôpital central de gériatrie, préconise de renforcer progressivement les services spécialisés et les soins de proximité. Il propose notamment de développer les services de gériatrie dans les hôpitaux provinciaux, les consultations spécialisées et les équipes mobiles, tout en améliorant le suivi régulier de la santé des personnes âgées au niveau local. La formation des médecins, des infirmiers, des travailleurs sociaux et des aidants familiaux doit également être renforcée.

En parallèle, les autorités sont invitées à développer les modèles de soins communautaires, les établissements d’accueil, les logements adaptés aux personnes âgées et les services de jour, ainsi qu’à étudier des dispositifs d’assurance permettant de mieux couvrir les dépenses liées aux soins de longue durée.
Parmi les solutions innovantes figure le modèle de soins de santé de jour, expérimenté à Hanoï dans plusieurs quartiers et communes tels que Long Bien, Dong Da, Tay Ho, Quoc Oai, Viet Hung et Phuc Thinh. Ce système accueille les personnes âgées durant la journée pour des suivis de santé, de réadaptation fonctionnelle, des conseils nutritionnels et des activités sociales, avant leur retour au domicile familial le soir.
Cette approche permet de réduire la pression sur les établissements d’hébergement permanents, d’alléger les dépenses des familles et de préserver le lien social des personnes âgées au sein de leur communauté.-VNA/VI




