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Patrimoine mondial : Ninh Binh engage le dossier Vân Long – Kim Bang – Tam Chuc

Engagée dans la préparation du dossier de candidature du complexe Vân Long – Kim Bang – Tam Chuc au patrimoine mondial de l’UNESCO, la province de Ninh Binh poursuit une stratégie de développement durable fondée sur la préservation de la nature, la valorisation du patrimoine culturel et l’implication active des communautés locales, avec l’ambition de construire un espace patrimonial vert et harmonieux.

Engagée dans la préparation du dossier de candidature du complexe Vân Long – Kim Bang – Tam Chuc au patrimoine mondial de l’UNESCO, la province de Ninh Binh poursuit une stratégie de développement durable fondée sur la préservation de la nature, la valorisation du patrimoine culturel et l’implication active des communautés locales, avec l’ambition de construire un espace patrimonial vert et harmonieux.

Pour les autorités locales, la reconnaissance patrimoniale ne vise pas à séparer la nature de la vie humaine, mais à permettre au patrimoine de continuer à vivre tout en soutenant les populations qui en assurent la préservation. La connexion entre Vân Long, Kim Bang et Tam Chuc apparaît ainsi comme une réponse concrète au double objectif de protection des ressources naturelles et de développement économique durable.

Vivre dans le patrimoine et en bénéficier

Dans les politiques contemporaines de conservation, la conciliation entre préservation de la biodiversité et amélioration des moyens de subsistance des populations locales est considérée comme un facteur essentiel de durabilité. L’expérience menée dans la région de Vân Long – Kim Bang – Tam Chuc illustre l’efficacité d’un modèle associant conservation et développement communautaire.

Il y a plus de vingt ans, de nombreux habitants de Ninh Binh dépendaient encore de l’exploitation des ressources forestières, notamment l’abattage du bois et le piégeage d’animaux sauvages. Avec le renforcement progressif des politiques de protection environnementale, les mentalités ont évolué vers des activités plus durables, en particulier l’écotourisme, contribuant à la création de revenus stables et à la transformation du paysage socio-économique local.

Selon Mai Thanh Son (Association d’ethnologie et d’anthropologie du Vietnam), les communautés locales ont connu, au cours des trente dernières années, une profonde mutation économique, passant d’une agriculture traditionnelle à des activités liées aux services et au tourisme écologique. Cette évolution a permis d’améliorer les conditions de vie tout en renforçant la conscience collective en faveur de la protection du patrimoine.

Le tourisme est progressivement devenu un moteur économique majeur, permettant aux habitants de prendre conscience que la protection de la nature constitue également la garantie de leur avenir. Le principe consistant à « vivre dans le patrimoine, protéger le patrimoine et bénéficier du patrimoine » s’est progressivement imposé dans la vie locale.

Dans plusieurs villages, des équipes communautaires de protection forestière ont été créées afin d’assurer des patrouilles régulières et de surveiller les zones sensibles. Les habitants locaux comprennent désormais que la forêt ne représentait pas seulement une richesse naturelle, mais également une source durable de revenus et de stabilité sociale. Cette mobilisation collective a permis d’obtenir des résultats encourageants. En 2025, le taux de couverture forestière de la province atteignait 8,9 %, avec un objectif fixé à 9 % d’ici 2030.

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Des langurs de Delacour, espèce de primate gravement menacée, sont pris en charge et conservés au Centre de sauvetage des primates menacés (EPRC) du Parc national de Cuc Phuong. Photo: VNA

Selon Nguyen Van Thai, directeur de Save Vietnam’s Wildlife, les dernières études montrent une évolution positive de la population de langurs de Delacour, espèce rare et endémique du Nord Vietnam. La participation active des communautés locales est considérée comme un élément fondamental de la préservation durable de leur habitat naturel.

Les distinctions internationales attribuées à Vân Long, notamment son classement comme site Ramsar et son inscription sur la Liste verte de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), illustrent le succès du modèle de conservation communautaire développé dans la région.

Construire un corridor patrimonial durable

Les experts estiment qu’un dossier de candidature crédible auprès de l’UNESCO nécessite une vision globale du territoire et ne peut se limiter à des espaces naturels isolés. Bien que la réserve naturelle de Vân Long et la forêt de Kim Bang abritent les deux plus importantes populations mondiales de langurs de Delacour, ces zones demeurent séparées par plus de sept kilomètres d’infrastructures et d’activités humaines, ce qui menace à terme la diversité génétique de l’espèce.

Face à cette situation, la création d’un « corridor vert » est considérée comme une priorité. Tilo Nadler, expert au Centre de sauvetage des primates en danger (EPRC), a souligné la nécessité de restaurer les corridors écologiques afin d’assurer la survie à long terme des espèces sauvages. Entre 2026 et 2027, des études devraient être menées pour construire des « ponts verts » permettant aux animaux de traverser les infrastructures routières en toute sécurité.

Parallèlement à cette connexion écologique, le rapprochement des espaces culturels et touristiques entre Tam Chuc et Vân Long est perçu comme une orientation stratégique majeure. Les paysages lacustres et les complexes bouddhiques monumentaux de Tam Chuc, associés aux écosystèmes préservés de Vân Long, pourraient former un ensemble patrimonial cohérent et complémentaire.

Bui Van Manh, directeur du Service du Tourisme de Ninh Binh, a indiqué que les autorités poursuivaient actuellement des recherches approfondies afin de démontrer la valeur universelle exceptionnelle du site, notamment en matière de biodiversité, d’écosystèmes et d’archéologie, avec le langur de Delacour comme espèce emblématique du dossier de candidature.

À l’échelle stratégique, l’inscription de ce complexe au patrimoine mondial s’inscrit dans la vision de long terme de la province. Tran Song Tung, vice-président permanent du Comité populaire de la province de Ninh Binh, a affirmé que la province entendait assurer un équilibre durable entre préservation du patrimoine, protection de l’environnement et développement économique et social.

Selon lui, le projet de candidature du complexe Vân Long – Kim Bang – Tam Chuc constitue non seulement une mission patrimoniale, mais également un axe stratégique du développement futur de Ninh Binh, dans le cadre de son ambition de devenir une ville relevant directement du pouvoir central d’ici 2030, tout en développant une économie fondée sur le patrimoine et les industries culturelles.

Le processus de conservation et de préparation du dossier de candidature reflète ainsi l’orientation durable choisie par Ninh Binh, fondée sur l’harmonie entre protection de la nature, valorisation culturelle et croissance socio-économique. En s’appuyant sur ses ressources naturelles et patrimoniales, la province entend progressivement construire un espace de développement vert, conciliant environnement écologique, histoire et identité culturelle, afin de renforcer durablement la place de l’ancienne capitale impériale sur la carte mondiale du patrimoine. -VNA/VI


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