Au cours des deux premiers mois de l’année, les exportations vietnamiennes de produits agricoles, forestiers et aquatiques ont poursuivi leur dynamique de croissance, soutenues par la reprise de la demande sur plusieurs grands marchés.
Toutefois, la complexité du contexte géopolitique, la volatilité des coûts logistiques et la multiplication des barrières commerciales imposent au Vietnam de diversifier ses marchés et de renforcer sa capacité d’anticipation face aux risques.
Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, les exportations de produits agricoles, forestiers et aquatiques ont atteint environ 4,71 milliards de dollars en février 2026, en baisse de 28,4 % par rapport au mois précédent en raison de facteurs saisonniers, mais en hausse de 1,9 % sur un an. Sur les deux premiers mois de l’année, la valeur totale des exportations s’est établie à 11,3 milliards de dollars, soit une augmentation de 17,1 % par rapport à la même période de 2025.
La Chine, les États-Unis et le Japon demeurent les principaux marchés d’exportation du Vietnam, représentant respectivement 22,9 %, 18,7 % et 7,2 % des exportations du secteur.
La structure des exportations montre une reprise relativement équilibrée entre les différents segments. Les produits agricoles restent dominants avec 6,09 milliards de dollars, en hausse de 17,1 %. Les produits aquatiques ont atteint 1,76 milliard de dollars, en progression de 23,3 %, tandis que les produits forestiers ont généré 2,82 milliards de dollars, en hausse de 7,4 %.
Certains segments de plus petite taille enregistrent même des croissances remarquables. Les exportations de produits d’élevage ont atteint 140,7 millions de dollars, soit une hausse de 84,3 %, la plus forte progression parmi les catégories. Les intrants destinés à la production ont progressé de 51,7 %, tandis que les exportations de sel ont augmenté de 69 %. Ces chiffres montrent que la reprise ne se limite plus à quelques produits traditionnels, mais s’étend à de nombreux segments de la chaîne de valeur agricole.
Cependant, les perspectives d’exportation restent confrontées à plusieurs obstacles. Selon le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Tran Thanh Nam, malgré les signaux positifs observés en début d’année, les risques liés aux barrières non tarifaires, aux mesures de défense commerciale et aux tensions géopolitiques pourraient affecter le transport, les paiements et les flux commerciaux mondiaux.
Les associations professionnelles ont souligné notamment l’impact des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Pour le secteur des produits aquatiques, ces tensions perturbent déjà les chaînes d’approvisionnement. L’augmentation des coûts de transport et d’assurance pourrait entraîner une hausse des prix et provoquer des pénuries locales pour certains produits frais.
Le secteur des fruits et légumes est également touché. Selon l’Association vietnamienne des fruits et légumes, les entreprises subissent trois principales pressions : la hausse des coûts de transport, l’allongement des délais de livraison et les risques accrus liés aux paiements.
Face à ces défis, les autorités vietnamiennes encouragent les entreprises à renforcer la gestion des risques, à diversifier les itinéraires de transport et les marchés d’exportation, et à investir davantage dans la transformation des produits. -VNA/VI







