Selon Nguyên Hai Nam, président de l’Association d’amitié France-Vietnam (AAFV), la visite officielle du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, président de la République Tô Lâm, en France du 9 au 12 septembre, confirme une nouvelle fois la place de la France comme partenaire prioritaire du Vietnam en Europe. Elle offre également une occasion de donner davantage de profondeur au partenariat stratégique global, récemment renforcé entre les deux pays, dans de nombreux domaines.
S’exprimant auprès de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Paris à la veille de cette visite, Nguyên Hai Nam a souligné que la France constituait un partenaire particulier pour le Vietnam en Europe. Paris peut servir de porte d’entrée au Vietnam vers l’Union européenne (UE), tandis que le Vietnam peut contribuer à renforcer les liens de la France avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).
Pour le président de l’AAFV, les relations entre le Vietnam et la France disposent d’une base particulière, nourrie par les liens historiques anciens entre les deux pays et leurs peuples. Ces liens se manifestent notamment à travers la vitalité de la communauté vietnamienne en France, la plus importante communauté vietnamienne en Europe et, au fil des générations, l’une des plus importantes communautés vietnamiennes à l’étranger dans le monde.
Toutefois, les échanges économiques ne sont pas encore, selon lui, à la hauteur de la profondeur des relations historiques et humaines entre les deux pays. De nombreuses possibilités restent à explorer dans des secteurs aussi divers que la mode, les transports, les technologies et les sciences.
Évoquant les perspectives après l’élévation des relations bilatérales au niveau de partenariat stratégique global, Nguyên Hai Nam a particulièrement insisté sur la portée stratégique et géopolitique de ce nouveau cadre.
Il a estimé que la politique étrangère ouverte du Vietnam, fondée sur le dialogue avec tous les pays sans exclure aucun partenaire, présente certaines similitudes avec la tradition diplomatique française, notamment celle développée depuis l’époque du président Charles de Gaulle et poursuivie sous la présidence de François Mitterrand.
Cette convergence revêt une importance particulière dans un contexte international marqué par de nombreux défis. La protection des organisations internationales et la promotion du multilatéralisme constituent ainsi, selon lui, des préoccupations communes à Hanoï et Paris.
Au-delà des coopérations stratégique et économique, la culture et le sport offrent également des perspectives importantes. Nguyên Hai Nam estime que le Vietnam peut continuer à renforcer sa position sur la scène internationale en développant son « soft power », créant ainsi de nouveaux espaces de coopération avec la France. Il accorde à cet égard une importance particulière au renforcement des liens entre les jeunes des deux pays.
S’appuyant sur l’expérience franco-allemande, il a rappelé que les échanges universitaires avaient joué un rôle essentiel dans la construction des relations entre la France et l’Allemagne après les affrontements de la Seconde Guerre mondiale. Le Vietnam et la France pourraient s’en inspirer pour donner un nouvel élan aux échanges universitaires, notamment en créant ou en renforçant des mécanismes similaires à l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ).
De tels mécanismes permettraient de créer des liens durables entre les jeunes Vietnamiens et Français, tout en préservant et en renouvelant les liens historiques particuliers entre les deux pays afin d’en assurer la transmission aux générations futures.
La culture et les arts pourraient également rapprocher davantage les jeunes des deux pays. Nguyên Hai Nam a notamment suggéré de promouvoir des projets communs dans la musique et la danse, deux domaines particulièrement attractifs pour la jeunesse.
Dans ce cadre, la musique V-pop pourrait être développée afin d’accroître son rayonnement international, en s’inspirant de la dynamique de la K-pop, à travers des projets réunissant artistes, créateurs et jeunes talents vietnamiens et français.
De tels projets contribueraient non seulement à mieux faire connaître la culture vietnamienne en France et à rapprocher la culture française du public vietnamien, mais aussi à transmettre aux jeunes générations une image moderne, dynamique et positive de la coopération entre les deux pays.
Fort de la profondeur des liens historiques et humains entre le Vietnam et la France, le président de l’AAFV espère que la visite de Tô Lâm donnera un nouvel élan à l’exploitation des vastes potentiels de coopération dans le cadre du partenariat stratégique global. Elle pourrait également renforcer les liens entre les deux sociétés et leurs jeunes générations, contribuant ainsi à enrichir davantage les relations particulières entre les deux pays. -VNA/VI





