Nouvelles
La visite d’État de Tô Lâm en Nouvelle-Zélande donnera un nouvel élan au partenariat stratégique intégral
La visite d’État du secrétaire général du Parti et président vietnamien Tô Lâm en Nouvelle-Zélande constitue une occasion importante pour les deux pays de promouvoir la mise en œuvre concrète du partenariat stratégique intégral et d’élargir leur coopération dans de nombreux domaines d’intérêt commun.
C’est ce qu’a affirmé le professeur émérite Roberto Rabel, chercheur principal au Centre d’études stratégiques de l’Université Victoria de Wellington (Nouvelle-Zélande), dans une interview accordée à un journaliste de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) en Océanie à l’occasion de cette visite d’État.
Selon le professeur Roberto Rabel, cette visite permettra aux dirigeants des deux pays d’échanger directement sur les orientations de leur coopération, dans le prolongement de la visite au Vietnam du Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon en 2025. Le maintien des visites de haut niveau témoigne de l’engagement des deux parties à concrétiser le cadre du partenariat stratégique intégral.
Le professeur Rabel estime que les domaines offrant un important potentiel de coopération comprennent le commerce et l’investissement, la diplomatie régionale, la sécurité, la lutte contre le changement climatique, l’innovation et la transformation numérique, le tourisme et l’éducation. Les deux pays ont déjà établi des bases de coopération importantes dans ces domaines, tant au niveau bilatéral que dans des cadres multilatéraux tels que l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP) et l’Accord de libre-échange ASEAN-Australie-Nouvelle-Zélande (AANZFTA).
L’éducation constitue notamment un domaine reposant sur des bases de coopération solides, mais qui offre encore un large potentiel de développement. Le professeur Rabel a cité les programmes de coopération de longue date entre l’Université Victoria de Wellington, l’Académie diplomatique du Vietnam et l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville. Il estime que les deux pays pourraient élargir davantage leurs partenariats entre établissements d’enseignement, notamment dans la formation professionnelle, l’enseignement de l’anglais et le développement des ressources humaines.
Selon lui, l’éducation constitue l’un des investissements les plus durables et à long terme en faveur du développement. Une main-d’œuvre hautement qualifiée sera un fondement essentiel permettant au Vietnam d’atteindre son objectif de devenir un pays développé à revenu élevé d’ici 2045. La Nouvelle-Zélande peut continuer à soutenir le Vietnam à travers des programmes de formation et de coopération éducative, tant en Nouvelle-Zélande qu’au Vietnam.
Un autre sujet que le professeur Rabel espère voir abordé lors des échanges de haut niveau concerne les défis auxquels les deux pays sont confrontés dans un contexte régional de plus en plus marqué par la compétition géopolitique entre les grandes puissances.
Il estime que le Vietnam et la Nouvelle-Zélande ont des points de vue différents mais complémentaires. Le partage d’expériences et la coordination dans la gestion des défis régionaux peuvent apporter des résultats concrets, notamment en renforçant le multilatéralisme, en améliorant la résilience face aux chocs économiques et géopolitiques et en contribuant au maintien d’un Indo-Pacifique pacifique, stable et inclusif.
Le professeur Rabel estime que le Vietnam a démontré d’importantes capacités diplomatiques grâce à sa politique étrangère indépendante. La Nouvelle-Zélande accorde elle aussi une grande importance à sa tradition de politique étrangère indépendante. Selon lui, les deux pays peuvent renforcer leur coordination afin de faire davantage entendre la voix de la diplomatie et de la coopération multilatérale, contribuant ainsi à limiter les effets négatifs de la compétition entre les grandes puissances.
Dans ce contexte, il est important de continuer à affirmer le rôle central de l’ASEAN et de promouvoir une approche fondée sur les règles. Le Vietnam et la Nouvelle-Zélande peuvent coopérer avec des pays partageant des points de vue similaires comme avec ceux ayant des approches différentes, afin de renforcer les institutions multilatérales de la région, de favoriser le dialogue et d’orienter la compétition dans un sens constructif.
Sur le plan bilatéral, le professeur Rabel estime que les deux pays devraient profiter de cette visite pour identifier des domaines concrets de coordination et d’action, notamment dans le domaine de la sécurité maritime.
Selon lui, le Vietnam et la Nouvelle-Zélande partagent des intérêts dans la garantie de la liberté de navigation, le règlement pacifique des différends maritimes, la gestion durable des ressources marines et la promotion du rôle du droit international. Les deux pays peuvent partager leurs expériences et soutenir conjointement la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982 en tant que cadre commun pour la gouvernance maritime.
Concernant les objectifs de développement du Vietnam à l’horizon 2045, le professeur Rabel estime que le pays est confronté à de nombreuses opportunités, mais aussi à des défis interdépendants. Pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par le commerce, l’investissement et le développement des ressources humaines, le Vietnam doit maintenir sa dynamique de croissance, continuer à renforcer la transparence et la responsabilité de l’appareil d’État, encourager l’esprit d’entreprise et valoriser les atouts d’une population relativement jeune.
Il a également salué des qualités du peuple vietnamien telles que la diligence, la capacité d’adaptation et l’esprit d’innovation, estimant qu’elles constituent des facteurs importants pour aider le Vietnam à réaliser ses objectifs de développement.
Le professeur Rabel a souligné que le succès du partenariat stratégique intégral ne dépend pas uniquement de la coopération entre les deux gouvernements, mais nécessite également la participation des entreprises, des établissements d’enseignement et des populations des deux pays. La visite devrait ainsi donner un nouvel élan aux deux parties pour renforcer leur coopération officielle tout en développant les liens entre entreprises, organisations et communautés.
Selon lui, des domaines de coopération concrets, allant de l’éducation et du développement des ressources humaines à la sécurité maritime et à la coopération multilatérale, contribueront à approfondir le partenariat stratégique intégral Vietnam-Nouvelle-Zélande, à produire des résultats concrets et durables et à apporter des avantages tangibles aux deux pays.- VNA/VI





