Selon de nombreux experts, les premiers effets de la Résolution se traduisent par une forte augmentation du nombre d’entreprises et de ménages d’affaires entrant ou réintégrant le marché, par la reprise des activités d’exportation et d’importation, ainsi que par une contribution croissante du secteur privé au PIB et aux recettes budgétaires de l’État. Ce secteur représente actuellement environ 50 % du PIB et plus de 30 % des recettes budgétaires totales, confirmant son rôle de plus en plus central dans la structure économique du pays.
Lê Nho Thanh, chef du Département de la communication de l’Institut d’économie et de droit international (relevant de l’Union des associations scientifiques et techniques du Vietnam), estime que la Résolution 68 constitue non seulement un message politique fort, mais également une véritable impulsion institutionnelle. Elle marque un tournant dans la conception du développement en affirmant que le secteur privé est un moteur essentiel de l’économie. L’innovation majeure réside dans l’évolution du mode de gestion publique, passant d’un contrôle préalable à un contrôle a posteriori, avec la simplification des procédures administratives et le recours accru aux technologies numériques dans la supervision et l’inspection. Cette approche renforce la confiance des entreprises et les encourage à investir à long terme, rompant avec l’attentisme observé auparavant.
Malgré ces avancées, le secteur privé demeure confronté à plusieurs obstacles. Le décalage entre les orientations centrales et leur mise en œuvre locale persiste dans certaines administrations ; la concrétisation des politiques reste parfois lente et les capacités d’exécution de certains agents demeurent limitées. Dans certains cas, des préjugés à l’égard du secteur privé subsistent, compliquant l’accès des entreprises aux ressources foncières, au crédit et aux opportunités de développement.
Afin d’accompagner les entreprises face aux nouvelles exigences du marché, l’Institut d’économie et de droit international a déployé des initiatives concrètes, notamment l’appui à l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre pour les PME, ainsi que l’application de la blockchain et de l’intelligence artificielle dans la gestion des chaînes d’approvisionnement afin de mobiliser des financements verts. En particulier, le modèle de « groupe de travail à réaction rapide » a permis de résoudre efficacement des difficultés fiscales et juridiques dès leur apparition, protégeant les droits légitimes des entreprises. À l’avenir, l’Institut prévoit de mettre en place un écosystème numérique et un Portail d’information juridique et entrepreneurial pour traiter en temps réel les difficultés rencontrées, ainsi que d’organiser régulièrement des forums de mise en relation de l’offre et de la demande d’informations.
Du côté des entreprises, Nguyen Van Luu, président du Conseil des membres de la société Nam Hai Phat Investment and Import-Export Co., Ltd., indique que son entreprise a saisi les opportunités offertes par la Résolution 68 pour accélérer l’application des hautes technologies dans l’agriculture. L’entreprise développe la culture in vitro pour produire des plants génétiquement certifiés, met en œuvre un journal électronique assurant la traçabilité en temps réel et géolocalise précisément les zones de production, répondant ainsi aux normes les plus strictes des marchés internationaux. Par ailleurs, la valorisation des sous-produits agricoles en énergie et en engrais organiques permet de réduire les émissions de carbone et de méthane, contribuant à l’objectif de neutralité carbone et à la conformité avec le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne.
L’expérience montre que, lorsque les réformes institutionnelles sont menées de manière cohérente et que les entreprises innovent activement, le secteur privé est pleinement en mesure d’exploiter au mieux les avantages politiques pour renforcer sa compétitivité et contribuer de manière durable à la croissance nationale. - VNA/VI





