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La réforme des politiques cruciale pour promouvoir le développement énergétique du Vietnam
Alors que la demande en énergie devrait connaître une forte hausse – le Vietnam visant une croissance économique à deux chiffres dans cette nouvelle ère –, le perfectionnement du cadre politique et institutionnel est cruciale pour permettre une percée du secteur énergétique et garantir un approvisionnement suffisant pour soutenir la croissance.
Les blocages réglementaires freinent le développement énergétique
Lors d’un forum organisé mardi 11 août par le “Vietnam Economic Times” sur l’optimisation des politiques visant à renforcer la compétitivité du secteur énergétique, Dao Quang Binh, secrétaire général de l’Association économique du Vietnam (VEA) et vice-président du comité de rédaction du magazine, a souligné que l’histoire du développement de nombreux pays montre qu’une croissance exceptionnelle s’accompagne souvent de réformes institutionnelles majeures.
Pour le Vietnam, l’amélioration des politiques visant à accroître la compétitivité du secteur énergétique ne consiste pas seulement à répondre aux besoins immédiats, mais aussi à préparer un nouveau cycle de développement caractérisé par une croissance rapide, verte et prospère, a-t-il affirmé.
D’ici 2030, la demande énergétique du pays devrait connaître une forte hausse, mais le secteur fait face à des défis considérables : épuisement des sources d’énergie traditionnelles, retards dans les projets, cadre juridique incomplet et mécanismes financiers inadaptés aux projets d’envergure dans les domaines du GNL, des énergies renouvelables et de l’hydrogène.
Le Dr Nguyên Hung Dung, vice-président et secrétaire général de l’Association pétrolière du Vietnam (VPA), a identifié quatre principaux blocages réglementaires.
Premièrement, les politiques restent fragmentées : les projets énergétiques sont régis par diverses lois (électricité, pétrole et gaz, investissement, foncier, protection de l’environnement, ressources marines) ainsi que par de nombreux décrets. Le chevauchement ou l’incohérence des réglementations a également prolongé la phase de préparation des investissements.

Concernant les projets d’éolien en mer, bien que le gouvernement ait promulgué le décret n°272/2026/ND-CP le 4 juillet pour encadrer les études et le développement de cette filière, des mécanismes clés font encore défaut, notamment en matière de tarification de l’électricité, de contrats d’achat d’électricité, de partage des risques et de garanties de paiement. Or, ces éléments sont déterminants pour les prêteurs internationaux.
Deuxièmement, les marchés de l’énergie restent sous-développés. Le marché concurrentiel de l’électricité au Vietnam ne fonctionne actuellement qu’à certains niveaux, tandis que les marchés du gaz et du GNL ne sont pas encore pleinement développés. Les prix de l’électricité ne reflètent pas encore totalement les signaux du marché, et la lenteur des ajustements tarifaires complique la planification financière à long terme pour les investisseurs.
Troisièmement, les infrastructures de transport d’électricité n’ont pas suivi le rythme de l’expansion de la production. Lors de l’essor de l’énergie solaire et éolienne, certains projets achevés n’ont pu fonctionner à pleine capacité en raison de la saturation du réseau, entraînant des pertes pour les investisseurs et réduisant l’efficacité de l’utilisation des ressources.
Quatrièmement, les politiques concernant les secteurs énergétiques émergents restent insuffisantes. L’hydrogène, le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CCUS), les carburants d’aviation durables (SAF) et les crédits carbone manquent encore de normes techniques suffisantes, d’incitations à l’investissement, de mécanismes de tarification et de marchés de consommation, ce qui rend les entreprises et les institutions financières hésitantes à investir.
Il a également souligné la nécessité de renforcer les réserves énergétiques stratégiques, de diversifier les sources d’approvisionnement et de bâtir un marché de l’énergie résilient dans un contexte d’évolutions géopolitiques complexes.
Harmonisation des politiques
Pour faire de l’énergie un véritable moteur du développement national, le Dr Nguyên Hung Dung a proposé la création d’un cadre institutionnel stable, intégré et prévisible, soulignant la nécessité de réviser la réglementation sur les investissements afin d’assurer la cohérence entre les lois concernées et de simplifier les procédures.
Le Vietnam devrait également développer des marchés de l’énergie concurrentiels sous régulation étatique, en mettant rapidement en place des mécanismes relatifs à la tarification de l’électricité, aux marchés du gaz et du GNL, aux contrats d’achat d’électricité à long terme, au partage des risques, aux crédits carbone et à la finance verte, afin d’attirer les investissements privés et étrangers, a-t-il déclaré.
Il a indiqué qu’un écosystème industriel énergétique était également essentiel et que le pays devait concevoir des mesures incitatives pour encourager les entreprises nationales à s’impliquer davantage dans les chaînes de valeur de l’éolien en mer, du GNL, de l’hydrogène et des nouvelles sources d’énergie, augmentant ainsi la valeur produite localement et renforçant la compétitivité de l’économie.
Juhern Kim, représentant national du Global Green Growth Institute (GGGI), a appelé à une planification globale des infrastructures énergétiques et numériques, reliant le développement de l’IA et des centres de données à l’approvisionnement en électricité et à la capacité du réseau.
Phan Duc Hiêu, membre permanent de la Commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale, a indiqué que le projet de révision de la loi sur le pétrole et le gaz était en cours d’ajustement pour tenir compte des avis des législateurs. Ce projet devrait renforcer la décentralisation, alléger les procédures administratives, introduire des mesures incitatives plus fortes pour l’investissement et promouvoir les services pétroliers et gaziers nationaux.
Vu Yên Hang, présidente de Minh Triet Capital SJC, a estimé que ces réformes étaient nécessaires mais insuffisantes, car les investisseurs internationaux exigent également une transparence dans la mise en œuvre, une prévisibilité des politiques et une cohérence entre les textes législatifs.
La loi amendée sur le pétrole et le gaz devrait être adoptée le 23 août lors de la première session extraordinaire de l’Assemblée nationale de la 16e législature. – VNA/VI




