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La protection des données à l’ère du numérique exige une approche globale

Le paysage de la cybersécurité au Vietnam a connu une évolution notable ces dernières années. Bien que le nombre de cyberattaques recensées en 2025 ait montré des signes de baisse, la proportion d’organisations ayant subi des dommages réels a atteint 52,3%.

Le Vietnam a renforcé son cadre juridique ces dernières années afin de garantir la sécurité des données face à la recrudescence des cybermenaces.

  Maintenance des équipements au Centre de transformation numérique du Département des sciences et des technologies de la province de Khanh Hoa. Photo : VNA  

 
À l’ère du numérique, les données sont devenues une ressource stratégique essentielle à l’économie numérique, à la compétitivité nationale et à la stabilité sociale. Par conséquent, elles sont devenues une cible privilégiée des cybercriminels cherchant à manipuler les comportements, à voler des actifs financiers, à saper la confiance du public et à affaiblir la souveraineté numérique du pays.

Le paysage de la cybersécurité au Vietnam a connu une évolution notable ces dernières années. Bien que le nombre de cyberattaques recensées en 2025 ait montré des signes de baisse, la proportion d’organisations ayant subi des dommages réels a atteint 52,3%. Les cyberattaques ciblent de plus en plus les secteurs critiques, notamment la banque, la finance, l’énergie, les télécommunications et les agences gouvernementales.

Selon le Département de la cybersécurité et de la prévention de la cybercriminalité (A05) du ministère de la Sécurité publique, plus de 502 millions d’enregistrements de données ont été exposés au cours du seul troisième trimestre 2025, un chiffre record dans le pays. Ces violations de données menacent non seulement la vie privée et la sécurité des informations, mais alimentent également des systèmes de fraude de plus en plus sophistiqués, basés sur l’intelligence artificielle.

Le secrétaire général adjoint et chef de bureau de l’Association nationale de cybersécurité, Vu Duy Hiên, a souligné que les cyberattaques ont évolué : de la simple perturbation des systèmes, elles visent désormais le vol de données, l’exploitation des identités numériques et la manipulation du comportement des utilisateurs. Par conséquent, les incidents de cybersécurité présentent aujourd’hui des risques qui dépassent le simple cadre des pertes économiques, affectant la confiance du public, la sécurité nationale et les droits légitimes des citoyens dans le cyberespace.

Les experts attribuent de nombreuses fuites de données récentes à des faiblesses dans la gouvernance des données. Parmi les lacunes courantes figurent la collecte excessive de données sans garanties adéquates, des mécanismes de contrôle d’accès insuffisants, des systèmes de surveillance et d’alerte précoce inadéquats, ainsi qu’une évaluation insuffisante des risques liés au stockage, au traitement et au transfert des données sur de multiples plateformes et environnements.

Dans ce contexte, la protection des données doit être intégrée à la gouvernance et à la gestion des risques, ainsi qu’aux stratégies de sécurité de chaque institution, organisation et entreprise publique. Une protection efficace exige une surveillance exhaustive tout au long du cycle de vie des données – de la collecte et du stockage au traitement, au partage et à la suppression – tout en garantissant la transparence, la responsabilité et la traçabilité.

L’adoption par l’Assemblée nationale de la Loi sur les données, applicable à compter du 1er juillet 2025, de la Loi sur la protection des données personnelles, applicable à compter du 1er janvier 2026, et de la Loi sur la cybersécurité de 2025, applicable à compter du 1er juillet 2026, constitue une étape importante vers la mise en place d’un système de gouvernance des données moderne, responsable et sécurisé.

Ces textes législatifs établissent un mécanisme unifié pour réglementer la collecte, le traitement, le stockage, le partage et les transferts transfrontaliers de données, tout en remédiant à la fragmentation de la gestion des données entre les secteurs. Ils offrent également une base plus solide pour la coopération internationale, renforcent la confiance dans l’environnement des données au Vietnam, soutiennent le développement de l’économie numérique et protègent mieux les droits et intérêts légitimes des citoyens.

Outre les garanties juridiques, l’autonomie technologique demeure essentielle au renforcement de la résilience nationale dans le cyberespace. Les experts soulignent que le renforcement des capacités nationales en matière de cybersécurité et la promotion de comportements numériques responsables chez les utilisateurs sont tout aussi importants.

Nguyên Lê Thành, fondateur et PDG de la société de cybersécurité Verichains, le simple fait de prendre quelques secondes pour vérifier une information avant de la partager constitue une ligne de défense vitale qu’aucun système d’intelligence artificielle ne peut entièrement remplacer.

Garantir la sécurité des données à l’ère numérique exige donc une approche globale combinant des cadres juridiques solides, l’autonomie technologique et une sensibilisation accrue du public. Seule une telle coordination permettra aux pays de préserver efficacement leur souveraineté en matière de données et de maintenir la confiance du public dans un monde de plus en plus interconnecté. – VNA/vi


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