L’élection de la professeure associée Nguyên Thi Lan Anh comme juge au Tribunal international du droit de la mer (TIDM) pour le mandat 2026-2035 constitue une étape historique pour le Vietnam, puisqu’elle devient la première experte juridique du pays à siéger au sein de cette prestigieuse instance judiciaire internationale.
Cet événement témoigne non seulement du rayonnement international croissant du Vietnam, mais aussi de son engagement fort en faveur de l’esprit de la primauté du droit international, selon le professeur Hennie Strydom, président de la branche sud-africaine de l’Association de droit international.
La prof. associée-Dr. Nguyên Thi Lan Anh, vice-présidente de l’Académie diplomatique du Vietnam (ADV), a été élue le 18 juin juge du TIDM pour le mandat 2026-2035, avec le plus grand nombre de voix parmi les candidats de la région Asie-Pacifique.
Dans un entretien exclusif accordé à l’Agence vietnamienne d’information, le professeur Hennie Strydom a félicité le Vietnam et la juge élue Lan Anh, qualifiant son élection d’événement historique. Il a souligné l’importance d’une représentation géographique équilibrée au sein des institutions internationales telles que le TIDM, affirmant que la communauté internationale bénéficie de la diversité des perspectives régionales.
Le professeur Hennie Strydom a également souligné que la représentation du Vietnam auprès du tribunal revêt une importance particulière compte tenu de la situation complexe en Mer Orientale, où persistent des revendications et des différends maritimes qui se chevauchent. Il a insisté sur le fait que ces différends doivent être réglés par des moyens pacifiques, raison même de la création du TIDM.
En tant que principal organe judiciaire compétent pour tous les différends relatifs à l’interprétation ou à l’application de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 (CNUDM), le tribunal joue un rôle essentiel dans la promotion de l’ordre juridique international en mer, a-t-il affirmé.

En tant que pays côtier, le Vietnam a un intérêt direct à promouvoir le règlement pacifique des différends maritimes, a-t-il déclaré, ajoutant que cette élection témoigne des efforts stratégiques du Vietnam pour s’impliquer davantage dans les institutions multilatérales.
Ces dernières années, le Vietnam a renforcé sa présence au sein des organisations internationales, démontrant ainsi sa capacité et sa volonté de contribuer au développement du droit maritime international, notamment en matière de règlement des différends dans cette région maritime.
Selon le professeur Hennie Strydom, la politique étrangère du Vietnam a toujours promu le règlement pacifique des différends et le renforcement du multilatéralisme. À l’heure où la communauté internationale est confrontée à des défis géopolitiques de plus en plus complexes, ces principes sont plus importants que jamais.
Il s’est dit convaincu que le Vietnam apporterait cette perspective aux travaux du TIDM, contribuant ainsi à défendre les solutions pacifiques aux différends et à renforcer la primauté du droit dans les affaires maritimes et océaniques.
Le professeur Hennie Strydom a également observé que l’évolution du contexte géopolitique et le rôle évolutif des juridictions internationales exigent un soutien accru aux approches multilatérales de la gouvernance mondiale. Partout dans le monde, de plus en plus de pays reconnaissent que le multilatéralisme demeure la voie la plus efficace pour résoudre les conflits pacifiquement.
Selon le professeur, une communauté internationale prospère ne peut se fonder sur les menaces ou la dissuasion militaire. C’est pourquoi le monde a besoin d’un contrepoids pacifique et puissant, et ce contrepoids émerge des pays du Sud global.
Il a souligné l’importance capitale de la contribution du Vietnam à ce processus. Son élection au TIDM envoie un message fort aux pays de taille moyenne : ils devraient suivre l’exemple du Vietnam et participer activement à des mécanismes internationaux similaires. Ce faisant, la communauté internationale peut œuvrer à un avenir où les systèmes et institutions internationaux bénéficieront d’une confiance absolue et où les relations entre les nations seront fondées sur le droit international. – VNA/VI





