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La jeune génération insuffle une nouvelle dynamique aux relations franco-vietnamiennes

Dans une interview accordée à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à l’approche de la visite officielle en France du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président vietnamien, To Lam, le professeur Pierre Journoud, responsable du diplôme universitaire (DU) Tremplin pour le Vietnam et des coopérations avec ce pays et président de l’Association Initiatives France-Vietnam (IFV), a pleinement partagé la nécessité d’impliquer davantage les jeunes dans la relation franco-vietnamienne, estimant que leur participation, y compris dans le domaine de la mémoire historique, reste encore trop limitée.
Le professeur d’histoire contemporaine Pierre Journoud, de l’Université de Montpellier Paul-Valéry, responsable du diplôme universitaire (DU) Tremplin pour le Vietnam et des coopérations avec ce pays et président de l’Association Initiatives France-Vietnam (IFV). Photo: VNA

Le professeur d’histoire contemporaine Pierre Journoud, de l’Université de Montpellier Paul-Valéry, estime nécessaire d’accroître la participation des jeunes aux relations franco-vietnamiennes, à travers des projets favorisant les rencontres dans les domaines de l’éducation, des arts, du sport, de l’architecture, de la mémoire historique et, surtout, dans des activités tournées vers l’avenir.

Dans une interview accordée à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à l’approche de la visite officielle en France du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président vietnamien, To Lam, le professeur Pierre Journoud, responsable du diplôme universitaire (DU) Tremplin pour le Vietnam et des coopérations avec ce pays et président de l’Association Initiatives France-Vietnam (IFV), a pleinement partagé la nécessité d’impliquer davantage les jeunes dans la relation franco-vietnamienne, estimant que leur participation, y compris dans le domaine de la mémoire historique, reste encore trop limitée.

Il a souligné qu’avec son épouse, Nguyen Thanh Hoa, il était engagé dans divers projets d’échanges éducatifs, culturels et universitaires entre les deux pays, qui permettent notamment à de jeunes adolescents et étudiants français et vietnamiens, mais aussi parfois à des professionnels plus âgés ou à des retraités, de découvrir, souvent pour la première fois, la France ou le Vietnam avec un socle minimal de connaissances.

Selon lui, si les structures éducatives françaises et francophones au Vietnam sont relativement anciennes et les autorités vietnamiennes s’efforcent actuellement de relancer l’enseignement du français, avec le soutien actif de l’ambassade de France et de nombreux autres acteurs institutionnels ou privés, l’apprentissage de la langue et de l’histoire vietnamiennes s’avère plus difficile en France, en dehors de Paris et de Marseille. Il a notamment relevé que Paris concentre les rares établissements d’enseignement de la langue et de la civilisation vietnamiennes, comme l’INALCO, Paris Cité ou l’EPHE, tandis que Marseille constitue l’un des principaux pôles historiques de l’immigration vietnamienne en France. Ailleurs, notamment à Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Montpellier, les cours de vietnamien se sont développés principalement dans un cadre associatif. Il a enfin rappelé qu’en 2019, le premier diplôme universitaire (DU) exclusivement consacré au Vietnam avait été créé à l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Il a indiqué que cet établissement allait ouvrir ses portes pour la septième année consécutive. Il a souligné que son public, bien que quantitativement modeste, reflétait la diversité de la relation franco-vietnamienne : des étudiants français souhaitant mieux connaître le Vietnam, des jeunes ayant des liens familiaux ou historiques avec le pays, des Français d’origine vietnamienne désireux de se réapproprier leur langue et leur culture, ainsi que des conjoints de Vietnamien(ne)s et des professionnels ayant travaillé ou souhaitant travailler au Vietnam. Cette richesse de parcours et de projets crée des liens qui perdurent souvent au-delà des cours.

Il a estimé que la trajectoire ascendante du Vietnam, ses succès diplomatiques, économiques et culturels constituaient un facteur d’attractivité puissant et durable, un véritable soft power, alors que de plus en plus de Français voyagent au Vietnam et y reviennent. Il a ajouté que la visite du secrétaire général pourrait inspirer davantage de programmes de soutien dans les domaines universitaire, culturel, économique, journalistique, littéraire ou touristique. Il a enfin plaidé pour davantage de projets favorisant les rencontres entre les jeunesses française et vietnamienne, notamment dans les domaines éducatif, artistique, sportif, architectural et mémoriel, mais surtout tournés vers l’avenir.

Pierre Journoud a estimé que les jeunes artistes vietnamiens, dans toute la diversité de leur créativité, devraient être davantage présents sur la scène culturelle française, au-delà de Paris, notamment les peintres, poètes, chanteurs et rappeurs. Grand amateur de plusieurs artistes vietnamiens, il s’est dit convaincu que certains talents pourraient trouver leur public en France, où ils restent encore méconnus. Les autorités vietnamiennes pourraient aussi envoyer davantage de brillantes personnalités d’avenir dans des universités ou grandes écoles françaises pour qu’elles fassent connaître leurs parcours, leurs recherches, leurs découvertes, de leurs difficultés et de leurs espoirs, a-t-il suggéré.

Selon lui, les Français ont certainement beaucoup à partager avec les Vietnamiens, des valeurs humanistes dont ils se réclament mais qu’ils ont parfois du mal à respecter eux-mêmes, de leurs forces et de leurs atouts dans de nombreux domaines. Mais, une conscience lucide de leurs faiblesses et de leurs contradictions devrait les inciter à se tourner plus résolument, et plus en profondeur, vers ce que les Vietnamiens ont à partager de leur force collective et individuelle.

Il a observé une évolution favorable chez les Français qui séjournent au Vietnam et estimé qu’elle pourrait être renforcée à long terme par une place plus importante accordée au Vietnam dans les programmes scolaires français, comme à la France dans les programmes vietnamiens, au-delà d’une approche exclusivement centrée sur la période coloniale.

Il a ainsi plaidé pour une meilleure connaissance réciproque des deux pays, de leurs contextes géopolitiques, culturels, linguistiques et sociaux, estimant qu’une "éducation à l’Autre" contribuerait à renforcer durablement leurs relations. Il a également évoqué la possibilité d’élaborer un manuel scolaire franco-vietnamien, sur le modèle du manuel franco-allemand, permettant une écriture commune du passé.

Enfin, il a souligné que si les visites d’État constituent des impulsions décisives, il appartient aussi, entre deux visites, aux acteurs de la société civile de continuer à nourrir les liens entre les deux pays.-VNA/VI


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