La société japonaise B&Company a publié le 2 avril un article analysant le marché vietnamien des biocarburants. L'article souligne les évolutions positives observées, notamment dans un contexte de hausse des prix du pétrole brut et de potentiel croissant des biocarburants pour la sécurité énergétique.
L'article précise que si le programme vietnamien de biocarburants se développe discrètement depuis près de dix ans, suite à l'introduction officielle du biocarburant E5 en 2018, son déploiement a été accéléré avec l'arrivée du biocarburant E10 à l'échelle nationale le 1er juin 2026, soit un mois plus tôt que prévu initialement. Cette accélération est due à l'envolée des prix mondiaux du pétrole, conséquence des tensions au Moyen-Orient.
De 2014 à 2020, la part de l'essence E5 (éthanol) a fluctué. Après une forte croissance et un pic en 2018, sa consommation a progressivement diminué, passant de 50 % à environ 40 % en 2020.
Le Vietnam compte environ six usines de production d'éthanol carburant. Cependant, seule la moitié d'entre elles sont opérationnelles, et la plupart ne fonctionnent pas à pleine capacité en raison d'une demande du marché initialement limitée. Si toutes les usines fonctionnaient à plein régime, la production nationale d'éthanol pourrait couvrir environ 40 % de la demande. Ainsi, dans la phase initiale du déploiement de l'E10, le principal obstacle auquel le Vietnam doit encore faire face est la nécessité d'importer jusqu'à 60 % d'éthanol pour le mélange des carburants.
Toutefois, pour atteindre l'objectif de développer des biocarburants capables de remplacer totalement l'essence minérale, le Vietnam doit surmonter d'importants défis technologiques, politiques et commerciaux. Cet obstacle met en évidence l'urgence d'étendre les zones d'extraction des matières premières, d'accroître la capacité de production d'éthanol et de mettre en place un cadre politique solide et réalisable pour encourager la production, l'importation et la constitution de réserves stratégiques de biocarburants.
La perception des consommateurs reste également à la traîne. Du côté des consommateurs, des craintes persistent quant à la qualité des biocarburants, tandis que du côté des entreprises, la faible différence de prix entre l'essence E5 RON92 et l'essence RON95 ne suffit pas à inciter fortement au changement. Les infrastructures de mélange et de distribution nécessitent des investissements considérables, et la chaîne d'approvisionnement en matières premières, de l'exploitation agricole à l'usine d'éthanol, demeure fragmentée.
Pour faciliter une entrée efficace sur le marché, l'entreprise a indiqué que les investisseurs étrangers possédant une expertise logistique, notamment en matière de stockage en réservoirs, de manutention portuaire et de gestion de la chaîne du froid, ont un rôle immédiat à jouer, en complément des investissements dans la production d'éthanol. - VNA/VI







