03/09/2019 10:02 GMT+7 Email Print Like 0

Lê Son Hai et sa marque de thé organique

Le thé organique est de plus en plus plébiscité par les consommateurs vietnamiens. Surfant sur cette tendance, Lê Son Hai, lui-même originaire d’une famille de producteurs de thé à Thai Nguyên, a décidé de créer sa propre marque de thé biologique. 

Contrairement à plusieurs autres familles, celle de Hai ne souhaitait pas qu’il poursuive le métier traditionnel. Elle préférait qu’il devienne journaliste. Sa mère, Pham Thi Vân, explique :

«Produire du thé est un métier extrêmement dur qui ne rapporte pas forcément beaucoup. Je souhaitais que mon fils fasse des études supérieures pour devenir journaliste ou employé de bureau. C’est moins pénible que l’agriculture».

En étudiant à l’université, Hai a réalisé une partie du rêve de sa mère. Mais quand, en 2015, il entreprend de trouver un emploi, il ne trouve aucun poste susceptible de lui convenir. Il décide alors de remiser son diplôme et de retourner dans son village natal pour reprendre le métier familial moyennant quelques différences.

Il raconte : "Ce n’était  pas la peine de me lancer pour proposer le même produit que tout le monde. Je savais que je ne pourrais pas concurrencer les producteurs plus expérimentés que moi. J’ai donc décidé de proposer un produit respectueux de l’environnement et j’ai choisi d’investir dans l’agriculture organique».

En plus de préserver la santé des producteurs en leur garantissant des produits exempts de toute substance chimique, l’agriculture organique protège l’environnement. En recourant aux engrais et aux pesticides, les cultures intensives détruisent la pollinisation et appauvrissent les sols. La culture du thé biologique respecte l’écosystème local et préserve la biodiversité. Hai a mis beaucoup de temps à convertir sa famille aux bienfaits de cette tendance mondiale. Finalement, acquis à sa cause, ses parents lui confièrent l’exploitation d’un hectare de théiers avec un étang pour cultiver les lotus – l’arôme naturel de son thé.

Pour enrichir son sol et lutter contre les parasites, Hai utilise des techniques naturelles, comme le compostage, un engrais naturel qu’il élabore à partir de fumier et de germes de soja disponibles sur place. Pour obtenir un arôme naturel et puissant, Hai choisit uniquement des fleurs de lotus fraîchement écloses au petit jour.

Hai précise : «Ma grand-mère est originaire de Hanoï. C’est elle qui m’a appris les techniques d’aromatisation du thé. Ma grand-mère m’a aussi dit qu’il fallait mettre tout mon cœur dans ce travail car c’est lui qui détermine  du goût du thé».

Hai propose à ses clients deux sortes de thé au lotus. Les feuilles séchées du thé ont été soit placées directement au cœur de la fleur soit parfumées à l’atelier avec les anthères du lotus.

Aujourd’hui, Lê Son Hai gagne environ 1.000 dollars par mois. Il entend créer un label pour commercialiser son thé à l’étranger. Il envisage aussi d’ouvrir son exploitation au public pour promouvoir l’art du thé vietnamien. -VOV/VNA/VI