01/07/2021 12:56 GMT+7 Email Print Like 0

Le secrétaire général de l’AAFV parle des pensées de Nguyên Phu Trong

Lors d’une interview accordée à l’Agence Vietnamienne d’Information sur les analyses du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) Nguyên Phu Trong de la voie de développement de ce pays vers le socialisme, M. Jean-Pierre Archambault, secrétaire général de l’Association d’Amitié Franco-Vietnamienne (AAFV), les a qualifiées "intéressantes".

Parmi les multiples questions théoriques et pratiques abordées par M. Nguyen Phu Trong dans son article sur "Certaines questions théoriques et pratiques du socialisme et du chemin vers le socialisme au Vietnam", M. Jean-Pierre Archambault s’intéresse notamment à trois contenus sur l’"indépendance nationale et socialisme", le "non au capitalisme" et "l'économie de marché à orientation socialiste".

D’après lui, ces trois contenus indiquent le choix qui vient de loin et qui s’inscrit dans la continuité du XXe siècle. Selon ses analyses, s'il y a des capitalistes au Vietnam, la différence est que ce ne sont pas eux, ou leurs serviteurs, qui dirigent le pays selon leurs intérêts. La différence est de taille même si certains l'escamotent dans des débats qu'ils veulent confus. Économie et société, politique économique et politique sociale, croissance économique et progrès et équité sociale doivent aller de pair. Cela ne va pas sans contradictions bien sûr. Ainsi, par exemple, encourager l'enrichissement légal doit coexister avec l'élimination de la faim, la réduction durable de la pauvreté. C'est à l'État, au parti communiste, à la population d'y veiller activement.

Parlant des acquis du Vietnam dans son œuvre du Doi moi, Jean-Pierre Archambault a qualifié "considérables" en citant une série de chiffres parlant : une croissance de 6 % à 7% depuis dix ans ; l’inflation est faible (par exemple 0,6% en 2015) ; le taux de chômage était de 2,5 % en 2017 ; le recul significatif de la pauvreté, de 58% de la population en 1993 à 5% en 2015 ; le revenu par habitant et par an de 2.300 USD, multiplié par 11 de 1986 à 2017 ; en 2010, le Vietnam a quitté le groupe des pays les plus défavorisés pour intégrer celui des pays à revenus intermédiaires (2.100 dollars par habitant et par an).

D’après lui, ces résultats sont "remarquables". D’autant plus que le passé pèse encore : la colonisation puis 50 ans de guerre. Après la réunification nationale en 1975, la reconstruction d’un pays dévasté s’est faite dans le contexte ô combien difficile de l’embargo économique odieux et criminel des États-Unis et des pays occidentaux.

Même maintenant, bientôt 50 ans après la fin de la guerre du Vietnam, l’Agent Orange/dioxine tue encore. Il y a quatre millions de personnes contaminées. Et le combat continue pour que justice soit rendue à Tran To Nga, qui a intenté un procès contre les firmes chimiques américaines qui ont fourni le poison à l'armée des États-Unis pour ses épandages, et à toutes les victimes de l'Agent Orange-dioxine, a-t-il ajouté.

Cependant, d’après Jean-Pierre Archambault, malgré des progrès remarquables dans les conditions que l'on vient de rappeler, le Vietnam doit faire face à de nombreux défis comme : amélioration du rendement de la production et de la compétitivité des entreprises ; lutte contre le développement inégal entre les villes et les campagnes ;  position résolue dans une perspective de développement durable ; éradication des fléaux tels que la corruption et les inégalités entre riches et pauvres ; affrontement du changement climatique et de la montée des eaux…. Donc, dans le temps à venir, le Vietnam doit prêter attention à ses points forts dans les domaines comne informatique, intelligence artificielle, formation professionnelle et santé.

Bon exemple de l’intégration internationale

Partageant son avis favorable en faveur des succès du Vietnam dans son intégration à la communauté internationale, Jean-Pierre Archambault a affirmé que "c'était une volonté politique forte de sa part que l'on comprend très bien dans le contexte de la fin du XXe siècle".

Le Vietnam entretient des relations diplomatiques avec près de 200 pays. Il commerce avec plus de 200 pays et territoires, et sa balance commerciale est excédentaire. Il a signé des partenariats stratégiques avec des dizaines de pays, dont la France. Il est l’un des rares pays à en avoir signés avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Il joue un rôle actif dans l’ASEAN et au Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), regroupant 21 pays. Le Vietnam est l’une des économies les plus dynamiques de la région, qui est la force motrice principale pour l’économie du monde, a-t-il rappelé.

Pour Jean-Pierre Archambault, l’élection du Vietnam au Conseil de Sécurité de l'ONU pour la mandature 2020-2021 "illustre parfaitement la place et le rôle du Vietnam dans l'arène internationale" et le nombre record de voix (192/193) obtenu par ce pays "traduit la confiance manifestée par la communauté internationale à l'égard de sa politique extérieure".

En tant que secrétaire général de l'AAFV, Jean-Pierre Archambault est ravi de voir se développer les relations entre la France et le Vietnam. D’après lui, ces relations sont "une histoire ancienne, contradictoire". Pour illustration, il a cité les paroles de Nguyên An Ninh, intellectuel patriote, "L'oppression nous vient de France, mais l'esprit de libération aussi".

Il y a eu la solidarité, le soutien politique et matériel, et l'amitié pendant la colonisation, la Guerre d'Indochine, la Guerre du Vietnam, le Vietnam remportant deux victoires historiques au prix de souffrances inouïes. Hô Chi Minh appela toujours à distinguer le peuple de France et les colons. Mais ce ne fut pas toujours chose simple car le poison du colonialisme était présent chez un certain nombre de nos compatriotes. Puis ce fut l'embargo des États-Unis et des pays occidentaux jusqu'en 1994, la reconstruction et le développement, a-t-il déclaré.

Pour conclusion Jean-Pierre Archambault a affirmé que les temps avaient changé. "Des initiatives font vivre la francophonie. Les assises de la coopération décentralisée ont lieu tous les deux ans, en alternance dans les deux pays. La France et le Vietnam ont conclu un Partenariat stratégique. Les échanges universitaires se poursuivent. La coopération santé, depuis toujours le point fort des relations entre les deux pays, ne se dément pas. De l'avis général, les relations sont bonnes. Mais elles pourraient donner lieu à de meilleurs résultats, d'abord sur le plan économique". -VNA/VI