17/10/2021 14:01 GMT+7 Email Print Like 0

L'Association Belgique-Vietnam en solidarité avec les victimes vietnamiennes de la dioxine

L'Association Belgique - Vietnam (ABV) a organisé le 15 octobre à Bruxelles la soirée de solidarité avec les victimes vietnamiennes de l'agent orange/dioxine et une exposition d'affiches et de photos d’archive sur la guerre du Vietnam.

Sur le thème «Les conséquences de l’usage de l’agent orange au Vietnam: hieret aujourd’hui – actions de l’ABV», l’événement s’est tenu sous forme de conférence-débat avec la présence exceptionnelle de Trân Tô Nga.
Cette femmede binationalité française et vietnamienne témoigne de son combat pour que ces crimes de guerre, cet écocide ainsi que les victimes vietnamiennes soient reconnus.

De nombreux Belges amoureux du Vietnam ainsi que des Vietnamiens - anciens étudiants en Belgique dans la période 1970-1980 y ont participé. L’audience a regardé le film documentaire "Agent orange – Une bombe à retardement" coproduit par la Vietnamienne Hô Thuy Tiên et le Français Laurent Lindebrings.

Le film ouvre le dossier douloureux d'un drame qui touche aujourd'hui des millions de Vietnamiens sur plusieurs générations qui sont victimes de la dioxine, atteints de lourdes malformations, de cancers.

Plus de 40 ans après les derniers épandages, la dioxine continue de faire des ravages. Au-delà du cas vietnamien, quelle est la responsabilité des États dans le choix des armes et de leur utilisation en cas de conflit armé? Quelles sont les réparations possibles envers les victimes et les pays dévastés?...Le film a beaucoup touché le public. « J'ai eu des larmes aux yeux en regardant les victimes vietnamiennes qui souffrent de leur douleur. Auparavant, je ne connaissais pas l'agent orange. Après cet événement, je me sens plus responsable de m’engager à ce combat pour que la justice soit aux victimes", confie Astrid Vanden Elshaut, une jeune belge.

Lors du débat, le public a entendu Trân Tô Nga qui raconte son parcours pour poursuivre en justice 26 compagnies des produits chimiques américaines. Ces dernières qui auraient fourni à l’Armée américaine du défoliant responsable de millions de victimes depuis la guerre du Vietnam. Le parcours de Trân Tô Nga est soutenu par le maître William Bourdon, l'écrivain André Bouny, président du Comité international de soutien aux victimes de l'agent orange/dioxine au Vietnam, de l'Association vietnamienne des victimes de l'agent orange/dioxine (VAVA) et de l’aide financière de nombreux amis vietnamiens et étrangers.  En Belgique, l’ABV apporte depuis des années son soutien aux victimes de l’agent orange par des dons et des plaidoyers politiques.

«Nous soutenons les victimes vietnamiennes de l’agent orange depuis des années comme accueil des représentants de VAVA, promotion de leurs positions, financement de bourses d’études aux enfants victimes de la dioxine, soutien à deux reprises d’une proposition de résolution concernant l’agent orange au Parlement belge», souligne  Pierre Grega, président de l’ABV.Le combat de Trân Tô Nga est sans doute «le plus emblématique actuellement pour la reconnaissance des droits des victimes et pour reconnaître la dimension d’écocide de ces épandages», affirme Pierre Grega.

C'est la première fois que Trân Tô Nga arrive en Belgique pour parler de l'agent orange/dioxine. Elle a reçu le partage et la réponse enthousiaste des amis belges,de la communauté vietnamienne et de l'ambassade du Vietnam en Belgique.«Je pourrais disparaître n’importe quand mais je me persuade que les justes gagneront. C’est le dernier combat de ma vie contre l’agent orange», affirme Trân Tô Nga.

Lors de l'événement, elle a également présenté son livre écrit en français "Ma terre empoisonnée".Trân Tô Nga aujourd’hui âgée de 79 ans a porté plainte contre les 14 firmes d'agrochimie ayant fourni à l’Armée américaine le défoliant contenant l’agent orange. Le tribunal judiciaire d’Evry a donc rendu son jugement : il déclare irrecevables les demandes.Cette femme courageuse a passé plus de 10 ans à réclamer justice pour les victimes de l'agent orange, dont six ans à poursuivre le procès.«Je ne suis pas triste. J’ai actuellement des millions de personnes qui me soutiennent dans le monde», confie-t-elle.A cette occasion, Trân Tô Nga a présenté au public belge son œuvre «Ma terre empoisonnée». - VNA/VI