02/01/2017 08:20 GMT+7 Email Print Like 0

Créer une place digne des fruits du Vietnam sur le marché mondial

Le Vietnam aura exporté pour 2,6 milliards de dollars de fruits en 2016. Il s’agit d’une forte croissance par rapport à l’an dernier, et la plus importante parmi les produits vendus par le pays. Cela résulte de long efforts pour pénétrer des marchés souvent très difficiles dans le monde entier.

Avancée spectaculaire

En juin dernier, après 12 ans de négociations, le premier lot de litchis du Vietnam a reçu officiellement la licence d’exportation vers l’Australie, pour le plus grand bonheur des consommateurs, en particulier les Vietnamiens résidant dans ce pays. Il s’agit d’un des marchés les plus exigeants en matière de contrôle des produits agricoles et des denrées alimentaires.

Selon un rapport du département australien du commerce, dès l’apparition du litchi vietnamien sur le marché de Melbourne, plus de 300 kilos ont été vendus, à 14,99 dollars australiens le kilo. Dans les journées qui ont suivi, 30 tonnes en provenance de Thanh Hà et Luc Ngan ont également été écoulées à Sydney et dans d’autres villes. L’ambassadeur Luong Thanh Nghi, à Canberra, n’a pas caché sa satisfaction : "Le marché australien est très exigeant en matière de contrôle végétal et d’hygiène alimentaire en particulier. Ce succès devrait encourager l’exportation des produits agricoles vietnamiens dans d’autres pays".

Les bonnes nouvelles ne se limitent pas au litchi. Les pommes étoilées du Vietnam ont également reçu la licence officielle d’importation des États-Unis à partir du quatrième trimestre de 2016. Après ces deux fruits et ceux du dragon, des ramboutans et des longanes, le pays enverra aussi ses mangues de l’autre côté du Pacifique. Ces produits agricoles ont également commencé à conquérir avec succès les marchés néo-zélandais, chinois, japonais, russe, sud-coréen et malaisien. La Malaisie est très pointilleuse en matière d’hygiène alimentaire pour son importante population musulmane. Les aliments importés doivent avoir la licence «halal», et les Malaisiens ne sont pas très ouverts aux produits qu'ils jugent exotiques. L’ambassadeur du Vietnam à Kuala Lumpur, Pham Cao Phong, a dû redoubler d’efforts avec ses collaborateurs en invitant ses interlocuteurs locaux à goûter les fruits vietnamiens : "Nos litchis, du fait qu’ils sont plus doux et meilleurs, ont un avantage compétitif indéniable par rapport aux fruits malaisiens. Ceux que nous avons offert pour la dégustation ont beaucoup été appréciés pour leur qualité".

Édifier les indications géographiques à long terme

Les services compétents, les localités, les entreprises et les agriculteurs se coordonnent pour aménager des zones de plantation, construire des plates-formes de conservation, d’emballage, de protection phytosanitaire et de transport. C’est la condition nécessaire pour créer une "marque" réputée des fruits vietnamiens et occuper des positions fortes et durables dans les marchés exigeants. Les efforts d’amélioration de la compétitivité et de la qualité permet d’augmenter les revenus des agriculteurs comme des entreprises. Hoàng Huy Khanh, de la société Dalat Import qui vend des fruits vietnamiens en Australie, confie : "Faciliter la pénétration des litchis et plus largement des produits agricoles vietnamiens dans les marchés exigeants est un parcours semé d'embûches. Il y a celui du respect des bonnes pratiques Global Gap, depuis les exploitants jusqu’au ministère de l’agriculture et du développement rural. Les exportateurs doivent bien surveiller les critères fixés par les pays importateurs".

Après plusieurs années de négociations, les litchis et les mangues vietnamiennes ont pu pénétrer des marchés exigeants, étant même chaleureusement accueillis. Ces fruits deviennent de fait les ambassadeurs du Vietnam, dans ses objectifs de croissance des exportations dans les prochaines années. -VOV/VNA/VI