12/05/2019 10:03 GMT+7 Email Print Like 0

Confection du papier ban des Nùng à Cao Bang

Le hameau de Dia Trên, province de Cao Bang, est surnommé le "village du papierban". Cet artisanat rapporte aux habitants une source de revenus stable, les aidant à sortir de la pauvreté.

À quelque 300 km au nord-est de la capitale, la province septentrionale de Cao Bang est une destination de choix pour de nombreux touristes en raison de la beauté de ses forêts, de ses montages et de ses vallées verdoyantes.

Ici, on dénombre plusieurs ethnies minoritaires et chacune dispose d’un artisanat qui lui est propre. En évoquant les Nùng, on pense immédiatement au papier ban.

Une journée spéciale pour les touristes venant de différents coins du globe. Lors de l’itinéraire de découverte de la province, ils ont eu l’occasion de s’initier aux charmes des villages de métiers traditionnels. Dans ce cas précis, ils ont pu découvrir la confection du papier ban, une des spécialités des Nùng du hameau de Dia Trên, commune de Quôc Dân, district de Quang Uyên.

Nông Thi Viên, une jeune femme du village, est en train d’étaler la pâte à papier pour en faire une feuille. Il s’agit de l’étape la plus compliquée et la plus difficile du processus de fabrication. Elle plonge un cadre en bambou sur lequel est placée une fine natte pouvant être roulée dans la pâte à papier. Une fois s’être assurée de la répartition homogène de la pâte, la jeune femme l’extrait du petit bassin pour la placer sur une pile de papier en train de sécher. Il existe généralement deux tailles, 18 x 18 cm ou 20 x 30 cm, ajustables selon le cadre.

Plongée dans la culture Nùng

"Ce métier se transmet de père en fils. Nous commençons à l’exercer à l’âge de 14-15 ans. La matière première est l’écorce des plantes +duong+  (les Nùng l’appelle may sla, ndrl). On met l’écorce dans une grande marmite pour la faire bouillir. Une journée après, on la retire de l’eau et la met dans la machine à décortiquer. La poudre obtenue après le décorticage est mise dans l’eau", raconte Nông Thi Viên. Et d’ajouter que "les papiers mouillés seront suspendus sur les murs en bois de la maison traditionnelle des Nùng. Si le temps est ensoleillé ou venteux, une heure suffit pour les sécher".

Tout en travaillant, Nông Thi Viên a détaillé aux touristes cette étape afin qu’ils puissent eux-mêmes s’essayer à la tâche. Pour la plupart d’entre eux, c’est la première fois qu’ils pratiquent ce métier ancestral. "Je suis très gaie de découvrir tant de choses au Vietnam. Je pense que notre voyage est d’autant plus significatif que j’ai rencontré les habitants locaux à Cao Bang et qu’ils m’initient à un métier spécial", affirme Heather, une touriste écossaise.   

Bien que les  débouchés restent limités, une soixantaine de familles pratiquent toujours cet artisanat. Ces papiers ban bien connus dans la région pour leur légèreté et leur solidité permettent l’utilisation de pinceaux sans faire baver l’encre. Ils furent ainsi utilisés par le passé pour la poésie, les œuvres de  fiction et les documents généalogiques. En plus de ses points forts comme la solidité et la porosité, le papier ban est complètement fabriqué à partir d’ingrédients naturels, sans produits chimiques, ni détergents toxiques.

"Nous sommes très heureux d’accueillir des étrangers dans notre village. Nous souhaitons l’arrivée dans l’avenir d’autres groupes afin que nous puissions présenter ce métier artisanal. Vendre nos produits nous permettra d’augmenter nos revenus", confie Nông Thi Viên. 

En général, la vente des papiers ban rapporte environ 20 millions de dôngs par an pour une famille, aidant beaucoup de foyers à sortir de la pauvreté.

"Notre district fait partie du Parc géologique de la province de Cao Bang, qui a été reconnu par l’UNESCO géoparc mondial. Ainsi, le district de Quang Uyên a établi un plan de développement du tourisme communautaire. Nous nous efforçons de mettre en valeur les villages d’artisanat tels que celui-ci", informe Hoàng Thi Hiêu, vice-présidente du Comité populaire de Quang Uyên. 

Depuis que la province a mis en œuvre le projet de "Renforcement des moyens de subsistance des ethnies minoritaires par le biais du tourisme communautaire", de nombreux villages d’artisans, dont celui du papier ban, sont devenus des destinations touristiques très appréciées. Les produits des Nùng ont ainsi trouvé avec les touristes un nouveau débouché, lucratif et prometteur. -CVN/VNA/VI