27/09/2017 10:00 GMT+7 Email Print Like 0

Cát Bà, un sanctuaire des espèces menacées d'extinction

 Cat Bà est un archipel couvert de forêts, on y trouve même un parc national où vivent de nombreuses espèces sauvages. En prenant le kayak dans les eaux cristallines de Lan Ha, une petite baie située au nord-est de l'archipel, à 30 kilomètres de la ville portuaire de Hai Phong, on a la chance de voir le langur de Cat Bà (Trachypithecus poliocephalus poliocephalus). 


Le langur de Cat Bà est entièrement recouvert d’une fourrure orange flamboyant et possède une longue queue dont la taille dépasse son corps tout entier. 

Il se trouve uniquement sur l’île éponyme, dans la province de Hai Phong au Nord du Vietnam. C’est une espèce de primate endémique de l’archipel. 

Le langur se nourrit principalement de feuilles, mais aussi de jeunes pousses, de fleurs, d’écorces et de fruits qui ne sont généralement pas consommés par les hommes. En voyageant dans cet archipel, les touristes peuvent avoir la chance d’admirer cette espèce sauvage. 

On a recensé, dans le cadre du projet de Conversation du Langur seulement 60 individus langurs qui vivent uniquement à Cat Bà. Cette espèce  est actuellement considérée comme le symbole de l’archipel. 

En dehors du langur, il y a plus de 3.800 espèces animales et végétales dans l’archipel Cat Bà, dont 130 espèces sont inscrites dans le Livre rouge des espèces menacées du Vietnam, voire dans la Liste rouge mondial. 

"L'archipel Cat Bà est un centre hautement bio-diversifié avec plusieurs espèces rares qui ont une valeur universelle. Il est considéré comme la zone la plus bio-diversifiée au Vietnam ", a fait savoir le professeur Dô Công Thung de l'Institut des ressources marines et environnementales. 

L'archipel de Cát Bà est sous la gestion de trois organismes - le parc national Cat Bà, le conseil d'administration des baies de l’archipel Cat Bà et le conseil d'administration de Héritage Cat Bà. 

"Prenons le langur comme exemple. Cette espèce, menacée de disparition, vit principalement dans sept régions de Cat Bà. En conséquence, les autorités de Hai Phong ont pris des mesures pour protéger strictement ces sept zones et ont interdit toutes les activités nuisant à la vie et la naissance de cet animal ", a déclaré M. Thung. 

"Le langur est une espèce très sensible. S’il sent la présence humaine à proximité, et même jusqu’à un kilomètre, il se cache ou s'enfuie. Il faut donc limiter les projets de construction ici ", a partagé Nguyên Hoang Tri. 

Avec l’arrivée massive de touristes, qu’en est-il de la motivation du développement durable? 

Selon Neahga Leonard, directeur du projet de préservation des langurs de Cat Bà, «beaucoup de pays cherchent à limiter le développement touristique dans des sites fragiles» comme la Grèce (à Santorini), l’Italie, l’Espagne (à Barcelone), l’Islande, la Thaïlande, le Pérou (au Machu Picchu)… ''Ce qui n’est pas le cas dans l’archipel de Cat Bà qui accueille pourtant plus de touristes que les destinations ci-dessus''. Selon lui, la construction des infrastructures de tourisme doit être ''planifiée et gérée efficacement, à la fois pour préserver la nature, la biodiversité et augmenter les moyens de subsistance des habitants''. 

''La surexploitation des ressources et le tourisme font peser une lourde menace sur cet écosystème fragile, provoquent des défis pour la préservation de la biodiversité'' a-t-il ajouté 

À l'heure actuelle, le district insulaire Cat Bà accueille environ 1,7 million de touristes  par an, ce chiffre a dépassé  celui d’autres provinces. On estime qu’il atteindra 5 à 6 millions en 2020 et même 8 à 10 millions en 2030. 

''Le développement durable n’est pas le seul facteur du tourisme '', mais trop de constructions en béton ont vu le jour récemment.  Pas doute, selon Nguyên Hoàng Tri, protéger l’héritage naturel et investir dans un tourisme communautaire sont donc des nécessités pour le district insulaire Cat Bà.-CVN/VNA/VI