Nouvelles

Le Vietnam progresse dans la mise en place d’un système de données sur la migration de travail

Un séminaire consacré à la publication du rapport intitulé « Analyse approfondie des coûts supportés par les travailleurs vietnamiens pour travailler à l’étranger – Indicateur 10.7.1 des objectifs de développement durable » a été organisé par l’Office national des statistiques (ONS), relevant du ministère des Finances, en coordination avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Délégation de l’Union européenne (UE) et l’ambassade de Suède au Vietnam.
  Kendra Rinas, cheffe de mission de l’OIM au Vietnam. Photo: VNA  

Le Vietnam a réalisé des progrès dans la construction et l’utilisation d’un système de données statistiques complet, fiable et actualisé sur la migration de travail, contribuant à améliorer la gouvernance des migrations et la protection des travailleurs vietnamiens à l’étranger, ont estimé mardi à Hanoï des représentants d’organisations internationales et étrangères.

Cette appréciation a été formulée lors d’un séminaire consacré à la publication du rapport intitulé « Analyse approfondie des coûts supportés par les travailleurs vietnamiens pour travailler à l’étranger – Indicateur 10.7.1 des objectifs de développement durable ». L’événement a été organisé par l’Office national des statistiques (ONS), relevant du ministère des Finances, en coordination avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Délégation de l’Union européenne (UE) et l’ambassade de Suède au Vietnam.

Kendra Rinas, cheffe de mission de l’OIM au Vietnam, a notamment souligné que l’intégration de questions relatives aux migrations dans l’Enquête sur le travail et l’emploi de 2025 du pays constituait une étape stratégique importante.

Selon elle, cette initiative illustre l’importance d’un investissement à long terme dans les systèmes de données afin de constituer une base d’informations solide sur la migration de travail. Elle contribue également à améliorer la gouvernance des migrations et à rapprocher les pratiques vietnamiennes des normes du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Emelie Rennerfelt, ambassadrice de Suède au Vietnam, s’est félicitée de la coopération entre la Suède, l’OIM et le Vietnam dans la promotion d’une gouvernance des migrations fondée sur des données probantes, tout en saluant les efforts vietnamiens visant à réduire les coûts de migration et à protéger les travailleurs face aux pressions économiques et aux effets du changement climatique dans la région.

Les données présentées dans le rapport témoignent également d’une évolution positive de la gestion de la migration de travail au Vietnam. Le coût moyen supporté par les travailleurs pour obtenir un emploi à l’étranger a diminué de 23,8%, passant de 164,9 millions de dôngs en 2021 à 125,7 millions en 2025. Dans le même temps, le revenu mensuel moyen au cours du premier mois de travail à l’étranger a progressé de 25,4%, passant de 22,4 millions à 28,1 millions de dôngs.

Cette évolution a permis de réduire sensiblement l’indicateur 10.7.1 des Objectifs de développement durable, correspondant à l’indice des coûts de recrutement (RCI). Celui-ci, calculé en rapportant le coût total payé par le travailleur pour travailler à l’étranger à son revenu du premier mois dans le pays de destination, s’établissait à 4,5 mois en 2025, contre 7,4 mois en 2021. Autrement dit, la somme que les travailleurs doivent débourser avant leur départ représentait en 2025 l’équivalent de 4,5 mois de revenus dans leur pays de destination, soit une réduction de près de trois mois en quatre ans.

Nguyên Thi Huong, directrice de l’ONS, a estimé que ces résultats montraient que le poids financier initial pesant sur les travailleurs avait progressivement diminué. Elle a également souligné que la qualité des statistiques permettait de mieux cerner les caractéristiques des Vietnamiens travaillant à l’étranger, leur parcours migratoire et les facteurs influençant leurs décisions de migration, fournissant ainsi une base utile à la recherche et à l’élaboration des politiques publiques.

vnanet-gso.jpg
Nguyên Thi Huong, directrice de l’ONS. Photo: VNA

Le rôle économique et social de la migration de travail a également été mis en avant lors du séminaire. Kendra Rinas a indiqué que le montant total des transferts de fonds envoyés au Vietnam en 2025 avait dépassé 16 milliards de dollars, illustrant l’importance économique de la migration de travail pour l’amélioration durable des moyens de subsistance, l’acquisition d’expériences professionnelles et le développement des compétences des travailleurs.

Selon Gonzalo Serrano de la Rosa, de la Délégation de l’UE au Vietnam, l’UE s’est engagée à poursuivre son accompagnement du Vietnam dans le renforcement de ses capacités institutionnelles et la construction d’une base de données solide, afin que la migration de travail contribue davantage au développement durable.

Le rapport recommande enfin au Vietnam de poursuivre l’amélioration de son système de données sur la migration internationale de travail, notamment en renforçant la continuité et la comparabilité des statistiques ainsi que leur utilisation dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques.

Ces efforts seront déterminants pour mieux protéger les droits et intérêts légitimes des travailleurs migrants et favoriser à l’avenir des migrations sûres, régulières et ordonnées. -VNA/VI


Top