Face à la hausse des prix du carburant, le secteur touristique vietnamien subit une pression en chaîne : billets d’avion plus chers, annulations de circuits et baisse des voyageurs long-courriers. Les entreprises s’adaptent en restructurant leurs offres, en maîtrisant les prix et en se tournant vers les marchés de proximité.
Les villageois du village de Giang Cao participent à la procession du palanquin des génies tutélaires. Photo: VNA
La hausse des prix du carburant entraîne une augmentation simultanée des tarifs aériens sur de nombreuses liaisons nationales et internationales, alors que le transport aérien représente une part importante du coût des circuits. Les entreprises touristiques en ressentent immédiatement l’impact sur l’ensemble de la chaîne de valeur : transport, hébergement et loisirs.
Selon Nguyen Quoc Kỳ, président du Conseil d’administration du groupe Vietravel, sans mesures rapides, cette hausse pourrait non seulement renchérir les billets d’avion, mais aussi entraîner une augmentation généralisée des prix de l’ensemble des services. L’impact est d’autant plus profond qu’il touche simultanément le transport terrestre, l’hébergement, la restauration, la logistique et les coûts d’exploitation.
Croisière dans la baie de Bai Tu Long. Photo: VNA
De nombreux groupes de touristes européens ont suspendu ou annulé leurs voyages au Vietnam, alors qu’ils étaient attendus comme moteur de reprise cette année. Actuellement, les flux sont principalement composés de Vietnamiens de l’étranger, mais la hausse des coûts réduit également leur attractivité.
Dans le secteur des loisirs et du tourisme de villégiature, les effets sont immédiats. Selon Mme Tran Nguyen, directrice adjointe de la division loisirs de Sun Group, les circuits en provenance de marchés lointains, notamment du Moyen-Orient, font l’objet d’annulations en série. Cette situation intervient à un moment critique, à l’approche des périodes de forte affluence comme les vacances du 30 avril–1er mai et la saison estivale 2026.
Des efforts pour maintenir les prix et conserver la clientèle
Dans un contexte de hausse rapide des coûts, les entreprises redoutent surtout la réaction du marché intérieur, très sensible aux prix. Les tarifs des circuits ont déjà augmenté de 10 à 20 % par rapport à l’année précédente, notamment pour les destinations dépendantes du transport aérien.
Certaines compagnies internationales appliquent des surcharges carburant, faisant grimper les prix des billets de 30 à 40 % en haute saison. Afin d’éviter un choc sur la demande, les entreprises négocient avec les compagnies aériennes et les prestataires pour maintenir les tarifs des billets de groupe déjà réservés.
Touristes vietnamiens et étrangers à Hoi An. Photo : VNA
Par ailleurs, face à une clientèle internationale majoritairement asiatique (plus de 70 %), les opérateurs privilégient les marchés de proximité. L’Asie du Sud-Est et l’Inde apparaissent comme des zones à fort potentiel, ayant déjà soutenu la reprise post-COVID.
Les offres combinées (« combo ») incluant transport, hébergement, restauration et activités sont également développées pour optimiser le budget global des voyageurs plutôt que de réduire chaque service séparément.
Préserver l’atout d’une destination sûre
Selon Ha Van Sieu, chef adjoint de l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam, la structure actuelle des marchés constitue un avantage : l’Asie du Nord-Est représente 55 % des visiteurs, l’ASEAN 20 %, suivis par l’Australie et l’Inde. Cela limite la dépendance aux marchés lointains, plus affectés par la hausse du carburant.
Le Vietnam accueille le 20 millionième visiteur international en 2025. Photo : VNA
La priorité est de renforcer l’image du Vietnam en tant que destination sûre, attractive et accueillante. L’objectif n’est pas de réduire la qualité, mais de l’optimiser grâce à la technologie, à l’innovation et à de nouveaux produits touristiques, a-t-il souligné.
Selon Duong Duc Minh, chef adjoint de l’Institut de recherche et de développement du tourisme de Hô Chi Minh-Ville, le rôle de l’État est également déterminant. Celui-ci doit assurer la stabilité du marché en coordonnant les politiques énergétiques, en diversifiant les sources d’approvisionnement, en maintenant les liaisons aériennes stratégiques et en soutenant la promotion touristique./.