Les entreprises vietnamiennes ont été encouragées à investir dans les zones franches au Panama, régies par une législation adoptée en 2011 visant à attirer les capitaux étrangers et à créer des emplois.
Dotées d’un cadre juridique spécifique et d’avantages fiscaux, migratoires et professionnels, les zones franches du Panama offrent aux entreprises étrangères, notamment vietnamiennes, des opportunités d’investissement dans la production et la transformation destinées aux marchés d’Amérique latine et d’Amérique du Nord.
Dans le cadre de sa visite officielle au Vietnam, le président panaméen José Raúl Mulino participe au Forum d'affaires Panama-Vietnam. Photo: VNA
Cette perspective a été mise en avant lors de la conférence "Vietnam-Panama : potentiel d’exportation et opportunités de coopération entre entreprises", organisée récemment à Panama City par le Bureau commercial du Vietnam au Mexique. Les entreprises vietnamiennes ont été encouragées à investir dans ces zones, régies par une législation adoptée en 2011 visant à attirer les capitaux étrangers et à créer des emplois.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la visite officielle au Vietnam, début octobre, du président panaméen José Raúl Mulino, qui avait souligné les atouts logistiques du Panama, notamment son canal, et son rôle de porte d’entrée vers les marchés américains, en complémentarité avec la position du Vietnam en Asie.
Lors de la conférence, organisée une semaine après cette visite, Cristina Danello, conseillère auprès de la Direction générale des zones franches du ministère panaméen du Commerce et de l’Industrie, a indiqué que ces zones pouvaient être créées partout dans le pays, avec une superficie minimale de deux hectares et un investissement d’au moins 250 000 dollars.
Après plus de quinze ans d’existence, le réseau compte 27 zones franches, dont 20 en activité et 7 en développement. Elles accueillent 201 entreprises exerçant 282 activités, principalement dans les services, la logistique et la transformation industrielle. Parmi les principales figurent Panaparc, près de l’aéroport international de Tocumen, et la zone franche maritime spécialisée dans l’exportation de produits de la mer.
Selon Cristina Danello, les zones franches panaméennes ont attiré plus de 365 millions de dollars d’investissements entre 2019 et 2025, générant environ 8 000 emplois directs. Plus de 23 350 emplois supplémentaires sont attendus, tandis que les investissements ont dépassé 109 millions de dollars pour la seule année 2025.
Les activités autorisées comprennent la fabrication, l’assemblage, la transformation, les hautes technologies, les services logistiques et la location de biens immobiliers. En revanche, les opérations de simple import-export sans transformation des marchandises sont interdites. Le stockage de marchandises destinées à la réexportation doit être confié à un prestataire logistique.
Sur le plan fiscal, les entreprises bénéficient de licences gratuites, délivrées sous 90 jours et valables pour une durée indéterminée, sous réserve d’un rapport d’activité annuel, sans exigence de capital minimum. Les investisseurs étrangers sont exonérés de droits de douane sur les matières premières et les équipements de production importés, d’impôt sur les bénéfices issus des exportations et de TVA de 7 % sur les intrants achetés localement. Ils doivent toutefois exporter une part de leur production, qui atteint 40 à 60 % dans certains cas. Les ventes sur le marché intérieur restent soumises à la fiscalité en vigueur.
Face aux préoccupations concernant les délais des procédures postérieures à l’approbation des projets, notamment les études d’impact environnemental, les normes de sécurité incendie et la validation des plans techniques, le ministère panaméen du Commerce et de l’Industrie a assuré être légalement habilité à intervenir pour accompagner les investisseurs vietnamiens.-VNA/VI