Nouvelles

Vietnam : Vers une généralisation de l'essence E10 au 1er juin

La généralisation de l’E10 s’inscrit dans la stratégie nationale de transition énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, diversifier les sources d’énergie et promouvoir un développement plus durable. Les principaux négociants pétroliers et raffineries nationales se déclarent prêts à lancer la commercialisation de l’essence biologique E10 dans tout le pays à compter du 1er juin, dans le cadre de la transition énergétique et des engagements en faveur du développement durable.

Selon l’Association vietnamienne des biocarburants, le Vietnam dispose actuellement de six usines d’éthanol carburant, pour une capacité nominale totale d’environ 600.000 m³ par an. À pleine capacité, cette production ne couvrirait qu’environ 40 % des besoins nécessaires au mélange de l’E10, estimés à près de 1,5 million de m³ par an. La généralisation du carburant entraînera donc une forte hausse de la demande, alors que les zones de production de matières premières restent instables.

D’après le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, le pays compte environ 600.000 hectares de manioc, pour une production annuelle supérieure à 10,5 millions de tonnes. Toutefois, la dispersion des surfaces, la productivité limitée et les contraintes foncières réduisent l’efficacité de l’approvisionnement domestique, rendant nécessaire une diversification des matières premières afin de diminuer la dépendance au manioc.

Des experts recommandent ainsi d’élargir la planification des cultures à d’autres ressources à fort potentiel, telles que le maïs, le son de riz, les sous-produits agricoles ou le riz de qualité inférieure. Cette orientation permettrait de réduire la pression sur les terres, tout en créant davantage de valeur ajoutée pour la filière rizicole, dans une logique d’économie circulaire. Ils préconisent également le développement de variétés de manioc à haut rendement et plus résilientes grâce aux biotechnologies, ainsi que la signature de contrats d’achat garantis entre producteurs et agriculteurs ou coopératives afin de structurer des chaînes d’approvisionnement durables.

Sur le plan industriel, la raffinerie de Dung Quât, exploitée par Binh Son Refining and Petrochemical (BSR), filiale de Petrovietnam, prévoit une demande d’environ 300.000 m³ d’éthanol par mois pour le mélange de l’E10 RON95. BSR renforcera ses achats domestiques et recourra à des importations complémentaires si nécessaire pour garantir la conformité aux normes techniques vietnamiennes (QCVN). Les installations de mélange ont été modernisées pour assurer un approvisionnement intégral dès le 1er juin 2026. La relance de l’usine de biocarburants de Dung Quât est également à l’étude afin de sécuriser l’offre locale.

De son côté, Petrolimex a audité et modernisé ses dépôts, réservoirs et équipements de mélange, tout en renforçant la formation du personnel et la communication auprès des consommateurs sur les bénéfices environnementaux de l’E10. Le groupe exploite sept centres de mélange stratégiquement répartis, pour une capacité totale de 6 à 6,1 millions de m³ par an.

Toutefois, la norme nationale limite la teneur en oxygène de l’E10 à 3,7 % en masse, ce qui impose l’utilisation d’une essence de base sans oxygène. Or, l’offre domestique ne couvre qu’environ 60 % des besoins, les 40 % restants devant être importés à un coût plus élevé, ce qui pourrait influer sur le prix final. Fort de l’expérience du projet pilote E10 RON95-III lancé en août 2025, Petrolimex recommande d’ajuster la norme QCVN 01:2022/BKHCN, notamment le critère de teneur en oxygène, afin de l’adapter aux capacités d’approvisionnement nationales et régionales.

Parallèlement, PVOIL exploite 12 installations de mélange à travers le pays et fournit également des services à d’autres opérateurs. Environ 50 % de ses besoins en éthanol sont couverts par des partenariats nationaux, le reste étant importé des États-Unis, du Brésil ou de la Thaïlande, garantissant un approvisionnement stable.

La généralisation de l’E10 s’inscrit dans la stratégie nationale de transition énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, diversifier les sources d’énergie et promouvoir un développement plus durable. Son succès dépendra d’une coordination étroite entre autorités, entreprises et producteurs agricoles, ainsi que de politiques d’incitation adaptées durant la phase initiale de déploiement. – VNA/VI


Top