Lorsque nous examinons aujourd’hui la profondeur et l’étendue de notre coopération, la conclusion est claire : la relation UE-Vietnam a dépassé son cadre actuel, écrit le président du Conseil européen, António Costa, qui effectuera une visite officielle au Vietnam les 28 et 29 janvier 2026.
António Costa, président du Conseil européen. Photo : gracieuseté de la Délégation de l’UE au Vietnam
Ma visite au Vietnam intervient dans un contexte d’incertitude mondiale. La confiance entre les nations ne va plus de soi. Dans un monde de plus en plus multipolaire, la coopération multilatérale doit reposer sur des partenariats fiables et prévisibles.
Ma visite coïncide également avec un moment crucial pour l’avenir du Vietnam, le 14e Congrès national du Parti ayant récemment défini les orientations de son prochain chapitre.
Le Vietnam est un partenaire important de l’UE dans la région Indo-Pacifique. Depuis l’établissement de nos relations diplomatiques en 1990, avec un programme humanitaire conjoint, notre relation s’est développée pour devenir l’un des partenariats les plus dynamiques et les plus diversifiés de l’UE en Asie : commerce, développement durable, innovation, gouvernance, sécurité et échanges entre les peuples.
Peu d’exemples l’illustrent mieux que l’accord de libre-échange UE-Vietnam. Depuis son entrée en vigueur en 2020, l’EVFTA a démontré les résultats concrets d’une coopération durable fondée sur des règles. Cinq ans plus tard, il a contribué à accroître nos échanges bilatéraux d’environ 40%.
Lorsque nous examinons la profondeur et l’étendue de notre coopération actuelle, la conclusion est claire : la relation UE-Vietnam a dépassé son cadre actuel. C’est pourquoi je crois que le moment est venu d’élever nos liens au rang de partenariat stratégique global.
Une telle évolution refléterait la réalité de ce qu’est devenu notre partenariat. Elle offrirait une plateforme plus solide pour approfondir la coopération dans les domaines les plus importants : les énergies vertes, les technologies de pointe, les compétences et la sécurité. Elle enverrait également un signal fort dans un monde instable : l’UE et le Vietnam privilégient la coopération à long terme à la prudence à court terme.
Pour l’UE, cela confirmerait que nous considérons le Vietnam non seulement comme une économie à forte croissance, mais aussi comme un partenaire stratégique jouant un rôle important dans la stabilité régionale et la connectivité mondiale.
Un partenariat stratégique global entre nous devrait reposer sur trois piliers fondamentaux.
Premièrement, la transition verte et la sécurité énergétique. Les ambitions de développement et les objectifs climatiques du Vietnam exigent une voie fiable vers des systèmes énergétiques plus propres et plus résilients. Grâce aux initiatives de l’Équipe Europe et à notre stratégie « Global Gateway », l’UE soutient déjà les réformes, l’assistance technique et les investissements de qualité. Car la transition énergétique ne se limite pas à la politique climatique ; elle concerne aussi la compétitivité, la sécurité et la création d’emplois de qualité.
Deuxièmement, l’innovation et les compétences. L’ambition du Vietnam de monter en gamme s’inscrit naturellement dans les atouts de l’Europe en matière de fabrication de pointe, de recherche, d’éducation et de technologie. Nous devons approfondir notre coopération dans les domaines de la science, de la transformation numérique et de la connectivité, tout en investissant dans les compétences qui rendent l’innovation possible. Les secteurs émergents, comme celui des semi-conducteurs, offrent de réelles opportunités de résilience et de croissance partagées.
Troisièmement, la paix et la sécurité dans un environnement de plus en plus complexe. Notre coopération dans ce domaine est déjà concrète. L’accord-cadre de participation de 2019 – le premier du genre entre l’UE et un pays de l’ASEAN – permet au Vietnam de participer aux missions et opérations menées par l’UE. Face à la montée des risques maritimes, des cybermenaces et des tensions régionales, le renforcement de cette coopération sert notre intérêt commun pour la stabilité, la sécurité et le respect du droit international.
Tout cela repose sur un fondement plus solide : notre engagement commun en faveur du multilatéralisme.
Dans un monde marqué par les rivalités géopolitiques, les pratiques commerciales coercitives et les atteintes à la souveraineté et au droit international, le multilatéralisme n’est pas un idéal abstrait. C’est une nécessité concrète.
C’est pourquoi notre partenariat est important au-delà de nos régions respectives. Lorsque l’UE et le Vietnam œuvrent ensemble, nous renforçons la crédibilité des règles internationales. Nous démontrons que des partenaires fiables peuvent encore privilégier le dialogue à la division et les solutions communes à l’unilatéralisme.
L’Europe est prête à franchir une nouvelle étape avec le Vietnam et ses nouveaux dirigeants, vers un partenariat stratégique global à la hauteur de nos aspirations communes. – VNA/VI