Les résultats recoupés des analyses d’échantillons ont mis en évidence une co-mutation des gènes EGFR et ALK. D’après les médecins, les patients atteints d’un cancer du poumon présentent le plus souvent une seule anomalie génétique dite «pilote» ou «guide». La présence simultanée de deux mutations pilotes majeures et mutuellement exclusives était considérée comme rarissime.
L’Hôpital d’oncologie de Dà Nang, dans le Centre, a récemment enregistré un cas de mutations séquentielles rares des gènes EGFR et ALK dans le cancer du poumon non à petites cellules, très rare dans la littérature médicale mondiale et la pratique clinique.
Images tomodensitométriques du patient. Photo fournie par l’Hôpital d’oncologie de Dà Nang
Un patient de 56 ans, domicilé dans le quartier de Diên Bàn Bac, ville de Dà Nang, a été admis à l’Hôpital d’oncologie de Dà Nang, après avoir initialement reçu un diagnostic de cancer du poumon dans un autre établissement de santé.
Auparavant, le patient qui n’a jamais fumé de cigarettes, présentait des symptômes de toux persistante et de douleur thoracique du côté droit.
Les résultats de l’examen anatomopathologique ont confirmé un adénocarcinome pulmonaire. Ce type de cancer qui se forme généralement dans les parties périphériques des poumons, représente la principale histologie du cancer du poumon non à petites cellules.
L’imagerie médicale a révélé une tumeur au poumon droit touchant les ganglions lymphatiques, ces «postes de contrôle» du système immunitaire, mais aucune métastase cérébrale ou osseuse n’est détectée au moment du diagnostic.
Les médecins ont diagnostiqué, à l’aide des résultats des essais cliniques, un cancer du poumon à un stade avancé au patient, et lui ont prescrit des analyses de biologie moléculaire pour choisir un traitement adapté.
Les résultats recoupés des analyses d’échantillons ont mis en évidence une co-mutation des gènes EGFR et ALK. D’après les médecins, les patients atteints d’un cancer du poumon présentent le plus souvent une seule anomalie génétique dite «pilote» ou «guide». La présence simultanée de deux mutations pilotes majeures et mutuellement exclusives était considérée comme rarissime.
Dans un premier temps, l’afatinib est administré, qui inhibe de façon irréversible la transduction des signaux des récepteurs de la famille ErbB, dont l’EGFR fait parti. Mais cette thérapie n’a pas provoqué une réponse immunitaire insuffisante chez le patient en près de trois mois.
Le conseil médical de l’hôpital a donc décidé d’opter pour une stratégie thérapeutique ciblée basée sur l’ALK muté qui s’est avérée efficace après plus de six mois. Les symptômes cliniques se sont nettement améliorés et l’état de santé du patient s’est stabilisé.
Ce cas montre le rôle de plus en plus important de la médecine de précision dans le traitement du cancer, s’est félicité Nguyên Kim Thông, chef de la Faculté de médecine interne 2, de l’Hôpital d’oncologie de Dà Nang.
L’analyse des caractéristiques biologiques de la tumeur aide les médecins à choisir le traitement le plus adapté à chaque patient, contribuant ainsi à une meilleure efficacité thérapeutique, a-t-il indiqué.
Ce cas confirme également les capacités de l’Hôpital d’oncologie de Dà Nang à mettre en œuvre des techniques de tests de biologie moléculaire, des consultations multidisciplinaires et des traitements personnalisés, créant ainsi les conditions permettant aux populations du Centre et des Hauts Plateaux du Centre d’accéder à des méthodes modernes de traitement du cancer sur place. – VNA/VI