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Le Vietnam et l’Indonésie appelés à jouer un rôle clé dans la connectivité ASEAN-Russie.

Échangeant avec le correspondant de l’Agence vietnamienne d’Information (VNA) à Jakarta, le Dr Arisman, directeur exécutif du Centre d’études sur l’Asie du Sud-Est (CSEAS) d’Indonésie, a estimé qu’au cours des 35 dernières années, les relations ASEAN-Russie ont évolué d’un cadre de dialogue politique vers un partenariat multidimensionnel

Le Sommet commémorant le 35e anniversaire des relations entre l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et la Russie est considéré comme une étape majeure, marquant l’entrée du partenariat dans une nouvelle phase de coopération dans un contexte international marqué par de profondes incertitudes. Dans cette dynamique, le Vietnam et l’Indonésie s’affirment comme deux économies particulièrement dynamiques, disposant de nombreuses opportunités pour participer activement aux initiatives ASEAN-Russie et en tirer parti.

  Le Dr Arisman (à droite), directeur exécutif du Centre d’études sur l’Asie du Sud-Est (CSEAS) d’Indonésie dans une interview accordée à l’Agence vietnamienne d’Information (VNA). Photo : VNA  

 Échangeant avec le correspondant de l’Agence vietnamienne d’Information (VNA) à Jakarta, le Dr Arisman, directeur exécutif du Centre d’études sur l’Asie du Sud-Est (CSEAS) d’Indonésie, a estimé qu’au cours des 35 dernières années, les relations ASEAN-Russie ont évolué d’un cadre de dialogue politique vers un partenariat multidimensionnel. Celui-ci englobe désormais des piliers essentiels tels que le commerce, l’investissement, l’énergie, la transformation numérique, la sécurité alimentaire et la connectivité des chaînes d’approvisionnement.


Selon lui, cette évolution reflète les profondes mutations de l’environnement international. D’un côté, la Russie poursuit sa stratégie de « pivot vers l’Est » afin de renforcer sa présence économique et géopolitique en Asie. De l’autre, l’ASEAN maintient sa politique d’autonomie et d’équilibre stratégique afin de limiter les risques liés aux rivalités entre grandes puissances.

Ces dernières années, la coopération économique bilatérale a enregistré des progrès notables, particulièrement dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et de la logistique, portés par des intérêts concrets plutôt que par de simples déclarations politiques.

Des défis persistent toutefois. Le volume des échanges commerciaux entre l’ASEAN et la Russie demeure relativement modeste comparé à celui réalisé avec d’autres partenaires majeurs de la région, tels que la Chine, les États-Unis, le Japon ou l’Union européenne, dont l’empreinte économique est beaucoup plus importante en Asie du Sud-Est.

Malgré cela, selon le Dr Arisman, les perspectives à l’horizon 2030 restent positives. Le Sommet de Kazan a marqué une transition vers une coopération plus substantielle et davantage institutionnalisée, axée sur la résilience économique et le bien-être des populations.

Les dirigeants ont adopté le Plan d’action ASEAN-Russie 2026-2030, la Déclaration de Kazan 2026 intitulée « ASEAN-Russie : Unis dans la diversité – 35 ans d’accompagnement », ainsi que des déclarations sur la coopération énergétique et culturelle. Selon le Dr Arisman, l’accent sera mis sur la sécurité énergétique et alimentaire, la transformation numérique et le renforcement des liens avec l’Union économique eurasiatique (UEE).

Dans le domaine énergétique, la Russie apparaît comme un partenaire stratégique à même d’aider les pays de l’ASEAN à diversifier leurs approvisionnements face à une demande croissante. Les perspectives de coopération concernent notamment le gaz naturel liquéfié (GNL), l’hydrogène et le nucléaire civil.

S’agissant de la sécurité alimentaire, la Russie, l’un des principaux exportateurs mondiaux de blé et d’engrais, joue un rôle important dans la stabilité des marchés internationaux.

Quant aux opportunités offertes au Vietnam et à l’Indonésie, ces deux pays occupent une position privilégiée pour s’impliquer davantage dans les initiatives de coopération ASEAN-Russie. Le Vietnam bénéficie de son accord de libre-échange avec l’UEE pour servir de passerelle entre l’ASEAN et l’Eurasie, tout en attirant des investissements dans la logistique et la transition verte.

L’Indonésie, première économie d’Asie du Sud-Est, offre quant à elle d’importantes perspectives de coopération dans les secteurs minier, industriel et des infrastructures.

Enfin, les deux nations peuvent tirer profit de la transformation numérique, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, grâce à leur population jeune et à leurs écosystèmes de start-up dynamiques. L’expert indonésien a souligné que la combinaison de leur taille de marché et de leur position stratégique leur permettra de tirer pleinement parti des initiatives ASEAN-Russie au cours de la période 2026-2030. -VNA/VI 


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