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Le parachèvement des institutions relatives aux cultures des minorités ethniques

La Résolution n°80-NQ/TW du 7 janvier 2026 du Bureau politique sur le développement de la culture vietnamienne affirme le principe selon lequel la culture doit être placée au même niveau que la politique, l’économie et la société. Elle y est définie comme un socle fondamental, une ressource endogène et un moteur essentiel du développement national.
  Photo d'illustration. Source: VNA  

L’intégration internationale croissante, conjuguée au développement rapide des sciences et des technologies, exerce des impacts directs sur la préservation et la valorisation des patrimoines culturels traditionnels des minorités ethniques au Vietnam. Cette évolution impose la mise en place d’un cadre juridique cohérent, efficace et adapté, afin d’améliorer la gouvernance et l’efficacité des politiques en matière de culture ethnique.

La Résolution n°80-NQ/TW du 7 janvier 2026 du Bureau politique sur le développement de la culture vietnamienne affirme le principe selon lequel la culture doit être placée au même niveau que la politique, l’économie et la société. Elle y est définie comme un socle fondamental, une ressource endogène et un moteur essentiel du développement national.

Dans cette optique, le Parti et l’État considèrent la préservation et la valorisation des valeurs culturelles nationales comme une mission stratégique. Toutefois, en dépit de nombreuses orientations et politiques adoptées, ce domaine n’a pas encore fait l’objet d’une institutionnalisation complète à travers une loi ou des textes réglementaires spécialisés. Dans un contexte marqué par l’urbanisation et les mutations socio-économiques, de nombreuses valeurs traditionnelles, notamment dans les zones habitées par les minorités ethniques, sont confrontées à un risque d’érosion, ce qui rend nécessaire l’adoption de solutions globales, au premier rang desquelles figure l’achèvement du cadre institutionnel.

Selon les experts et chercheurs, le Vietnam bénéficie d’un avantage notable en tant que membre actif de plusieurs conventions internationales majeures de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), telles que la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, celle de 2003 sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ou encore la Convention de 2005 sur la diversité des expressions culturelles. Néanmoins, l’application de ces instruments juridiques dans la pratique demeure encore inégale et insuffisamment efficace.

Des spécialistes soulignent que, depuis le décret-loi n°65 du 23 novembre 1945 relatif à la conservation du patrimoine jusqu’aux orientations actuelles, le cadre juridique a progressivement contribué à la protection et à la valorisation des patrimoines culturels des ethnies vietnamiennes. Cependant, comme l’indique Hoang Anh Tuân, recteur de l’Université des sciences sociales et humaines (Université nationale du Vietnam à Hanoï), le système juridique encadrant la gestion de la culture ethnique reste encore limité, ce qui entrave l’efficacité des politiques publiques en la matière.

Trinh Ngoc Chung, directeur de l’Autorité de la culture des ethnies du Vietnam (relevant du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme), souligne que ce domaine ne dispose pas encore d’une loi spécifique. L’élaboration d’un cadre juridique adapté répondrait à la fois aux besoins de gestion et aux attentes des communautés ethniques, tout en contribuant à la préservation des valeurs traditionnelles et au développement de l'économie locale.

L’achèvement du cadre institutionnel doit ainsi concilier préservation et développement, en articulant la culture avec le tourisme et les activités économiques, afin de promouvoir un environnement culturel sain au sein des communautés.

Cette orientation s’inscrit également dans le programme d’action du gouvernement pour la mise en œuvre de la Résolution n°80-NQ/TW, qui met l’accent sur la nécessité de réviser et de compléter le cadre juridique dans les domaines encore régis par des textes infra-législatifs ou insuffisamment institutionnalisés, tels que la culture ethnique, la culture de masse ou encore la gestion culturelle dans l’environnement numérique. -VNA/VI


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