Un projet de circulaire encadrant la mise en œuvre du Programme cible national sur la santé, la population et le développement (2026-2035) marque un tournant : l’accent n’est plus uniquement mis sur les soins aux personnes âgées, mais également sur la promotion d’un vieillissement en bonne santé et autonome grâce à une préparation précoce.
Le ministère de la Santé a proposé, pour la première fois, de fournir aux personnes âgées de 40 ans et plus des connaissances et des compétences pratiques pour se préparer à la vieillesse, dans le cadre d’un projet de circulaire guidant la mise en œuvre du Programme cible national ciblé sur les soins de santé, la population et le développement (2026-2035).
Cette proposition refléte une évolution vers une préparation au vieillissement plus précoce et plus proactive dans un contexte de vieillissement rapide de la population du pays. Elle marque un tournant, passant d’une approche centrée uniquement sur les soins aux personnes âgées à une approche favorisant un vieillissement en bonne santé et autonome grâce à une préparation précoce.
Elle aborde les modes de vie sains, les bilans de santé réguliers, la planification financière, l’accès à un emploi adapté et l’acquisition de compétences en matière de soins à domicile.
L’approche du ministère de la Santé témoigne d’une prise de conscience croissante : la préparation à la vieillesse doit commencer dès le milieu de la vie, voire plus tôt, et non après la retraite ou l’apparition d’une maladie chronique.
Selon Ngô Thi Giang, cheffe de la Faculté de gériatrie de l’Hôpital général de Dông Anh, à Hanoi, le processus de vieillissement biologique commence bien plus tôt qu’on ne le pense.
« Dès l’âge de 30 ans, la masse musculaire, la densité osseuse et le métabolisme diminuent progressivement. Le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, une alimentation déséquilibrée et la sédentarité augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, de cancer et d’autres maladies chroniques plus tard dans la vie », a-t-elle expliqué.
Malgré cela, nombreuses sont les personnes quadragénaires qui ne se considèrent pas comme se préparant à la vieillesse.
Vu Tiên Hung, âgé de 41 ans et domicilé dans le quartier de Viêt Hung, à Hanoi, a fait savoir qu’il fait régulièrement du sport et travaille pour subvenir aux besoins de sa famille, mais qu’il n’a jamais considéré ces habitudes comme une préparation au vieillissement.
Les experts affirment que cette mentalité est répandue : nombreuses sont les personnes qui, sans le savoir, se préparent à la vieillesse grâce à des habitudes de vie saines. Elles ignorent peut-être que le processus de vieillissement commence tôt dans l’âge adulte et qu’il exige une adaptation proactive.
Se préparer à la vieillesse, c’est investir dans l’avenir.
Face au vieillissement rapide de la population vietnamienne, faire évoluer les mentalités dès la quarantaine est considéré comme une étape cruciale pour passer d’une attitude passive face au vieillissement à une attitude proactive face à ce processus.
L’ancien directeur de l’Institut de la population et des questions sociales, le prof. -Dr Nguyên Dinh Cu, a déclaré que cette préparation devrait commencer avant même 40 ans.
« Nul ne peut échapper au vieillissement. La santé, la sécurité financière, le bien-être mental et l’emploi à un âge avancé se construisent sur de nombreuses années. Attendre la vieillesse pour s’y préparer est tout simplement trop tard », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur le fait que cette préparation doit être globale. Adopter de bonnes habitudes dès le plus jeune âge contribue à réduire les risques de maladie, tandis que la participation aux régimes d’assurance sociale et maladie et la constitution d’une épargne permettent de garantir un revenu stable à la retraite. La préparation psychologique revêt également une importance croissante, compte tenu du creusement des inégalités générationnelles.
Ngô Thi Giang a affirmé qu’adopter un mode de vie plus sain dès le plus jeune âge peut réduire les maladies chroniques, les incapacités et les coûts des traitements, tout en améliorant la santé mentale. Cela permettra également d’alléger la pression sur les systèmes de santé et de protection sociale vietnamiens.
Nombreux sont ceux qui espèrent que le programme, s’il est approuvé, mettra l’accent sur les connaissances pratiques.
Lê Xuân Hiêp, âgé de 41 ans, domicilé dans la commune de Dông Anh, à Hanoi, a déclaré souhaiter recevoir des conseils sur les maladies courantes chez les personnes âgées, les gestes de premiers secours et les soins à domicile pour les parents âgés, afin que les familles puissent mieux réagir en cas de problèmes de santé.
Pour faciliter la mise en œuvre, le projet de circulaire propose l’élaboration de supports de formation, la mise en place de programmes de renforcement des capacités pour les responsables de la santé et de la population, ainsi que la diffusion des connaissances par le biais de clubs d’entraide pour les personnes âgées et d’activités communautaires.
Le prof. -Dr Nguyên Dinh Cu a souligné la nécessité de renforcer la communication afin d’encourager la population à se préparer activement à la vieillesse dès son plus jeune âge. Il a également plaidé pour des recherches approfondies sur l’assurance dépendance, l’élargissement des modèles de prise en charge des personnes âgées et les politiques permettant aux seniors de rester actifs lorsqu’ils le peuvent. – VNA/VI