Tourisme

Le littoral du Centre mise sur un tourisme ancré dans les communautés

Dans plusieurs villages côtiers du Centre, les acteurs du tourisme misent sur les ressources déjà présentes – métiers de la mer, marchés aux poissons, culture communautaire et gastronomie locale – pour développer un tourisme durable.

Dans certains villages côtiers du Centre, l’attractivité touristique repose sur les ressources existantes : marchés aux poissons, pêche, culture communautaire, cuisine locale et échanges entre habitants et visiteurs. De Tan Thanh, à Hoi An, à Tam Tien, dans le sud de Da Nang, ces expériences montrent que le tourisme ne peut s’inscrire dans la durée que si les populations locales bénéficient des ressources et des valeurs de leur territoire.

Le marché aux poissons de Tam Tien est animé. Photo: VNA

 

Quand le marché aux poissons devient une destination

L’après-midi, le marché aux poissons de Tam Tien, dans la commune de Tam Xuan, accueille désormais les bateaux de retour de mer ainsi qu’une clientèle touristique. Autrefois principalement consacré à la vente en gros le matin, il connaît aujourd’hui une nouvelle activité l’après-midi, offrant aux pêcheurs de nouveaux débouchés et davantage de possibilités de vente au détail.

Le marché fait ainsi partie intégrante de l’expérience touristique. Les visiteurs peuvent choisir leurs produits de la mer, déguster des « banh xeo » aux calamars frais, tirer les filets avec les pêcheurs ou encore découvrir la vie du village. Certains homestays proposent de préparer les produits achetés au marché, moyennant 80 000 à 120 000 dongs. Le marché devient ainsi un point de rencontre entre les activités des pêcheurs et les attentes des visiteurs.

Le Thi Bich Hang, propriétaire d’une chaîne de homestays et de restaurants à Tam Tien, indique qu’environ 80 % de ses clients sont des voyageurs parcourant le Vietnam. Ils viennent notamment pour découvrir le marché, les métiers de la mer et le récif corallien de 64 hectares.

Le tourisme ne remplace donc pas les métiers de la mer, mais crée de nouveaux débouchés autour de ceux-ci. Les pêcheurs continuent de prendre la mer, tandis que leurs produits trouvent sur place de nouvelles possibilités de commercialisation.

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Bien plus qu'un simple lieu de commerce de fruits de mer, le marché aux poissons de Tam Tien reflète aussi de manière vivante la vie de la communauté côtière. Photo: VNA

Le développement touristique de Tam Tien repose principalement sur les ressources locales. Les homestays, restaurants et services côtiers sont majoritairement investis par les habitants. Selon Tran Thi Nhung, professionnelle du tourisme, le secteur reste essentiellement entre les mains de la population locale, sans forte influence des capitaux extérieurs.

Cette situation contribue à préserver le cadre de vie et l’identité côtière. Certaines familles ont vendu une partie de leurs terrains en bord de mer, tout en conservant des parcelles à l’intérieur pour continuer à y vivre et à exercer les métiers de la mer.

Les habitants locaux contribuent également à améliorer les espaces communs, notamment par la rénovation des digues, l’installation d’éclairages pour les pêcheurs et la fourniture d’eau douce. Les retombées du tourisme peuvent ainsi bénéficier à l’ensemble de la communauté.

Relier les espaces culturels depuis le littoral

À Tan Thanh, à Hoi An, le tourisme communautaire se développe selon une autre approche, fondée sur la mise en relation de différents espaces culturels.

Depuis environ six ans, du marché de Tan Thanh au Tân Thanh Block Fest, les acteurs du tourisme locaux permettent aux communautés des régions montagneuses de présenter leurs produits agricoles, leurs traditions, leurs musiques et leurs danses au bord de la mer, en échangeant avec habitants et touristes internationaux.

Faire « descendre la montagne vers la mer » ne signifie donc pas effacer l’identité côtière. Au contraire, cette démarche permet aux visiteurs de mieux comprendre la diversité culturelle du Centre. Pour les communautés montagnardes, ces échanges contribuent également à renforcer la confiance et les compétences dans le domaine du tourisme.

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Bien plus qu'un simple lieu de commerce de fruits de mer, le marché aux poissons de Tam Tien reflète aussi de manière vivante la vie de la communauté côtière. Photo: VNA

Selon Luong Thuy Ha, gestionnaire d’une chaîne de villas à Tan Thanh, les communautés montagnardes apprennent également à organiser des événements, à communiquer et à accueillir les visiteurs. Elles deviennent ainsi progressivement plus autonomes dans leurs activités touristiques. Ces acquis, difficiles à mesurer à court terme, contribuent néanmoins à renforcer les capacités des communautés sur le long terme.

Pour que les habitants bénéficient des ressources de leur propre territoire

De Tan Thanh à Tam Tien, ces deux modèles soulignent le rôle central de la communauté. L’un favorise les échanges entre différentes communautés culturelles, tandis que l’autre crée de nouveaux débouchés pour les produits de la mer et soutient les métiers traditionnels.

Dans les deux cas, le tourisme est étroitement lié à la vie locale. Sa valeur réside dans la possibilité pour les habitants de participer, d’en bénéficier et de continuer à développer les ressources qui font leur identité.

À Tam Tien, le marché aux poissons, les métiers de la mer et les services touristiques forment progressivement une chaîne de valeur. À Tan Thanh, la culture des régions montagneuses se rapproche des visiteurs et favorise les échanges entre communautés.

Face à l’urbanisation et à la commercialisation croissante des ressources côtières, l’enjeu du tourisme communautaire ne consiste pas seulement à multiplier les homestays ou les attractions. Il s’agit surtout de faire en sorte qu’une plus grande part des revenus reste au sein des communautés et que les valeurs culturelles ainsi que les moyens de subsistance traditionnels puissent se maintenir sous de nouvelles formes.

Lorsque les communautés restent maîtresses de leurs ressources, le tourisme peut les aider à rester sur leur territoire, à préserver leurs métiers et à faire évoluer leurs activités. Il ne remplace alors pas la vie locale par un espace destiné aux visiteurs, mais transforme cette vie elle-même en une ressource touristique. -VNA/VI


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