Le crédit vert et le marché du carbone, deux leviers de la transition écologique
Le rapprochement entre le crédit vert et le marché du carbone pourrait mobiliser davantage de ressources financières pour soutenir la transition écologique et les efforts de réduction des émissions.
Le rapprochement entre le crédit vert et le marché du carbone pourrait apporter des ressources financières supplémentaires à la transition écologique au Vietnam et permettre aux banques de mieux évaluer et gérer les capitaux destinés aux projets de réduction des émissions. Cette question a été au centre d’un séminaire organisé le 14 octobre à Hanoï par le journal Tai chinh – Dau tu (Finances et Investissements), en coopération avec la Banque d’État du Vietnam.
La mangrove de Can Gio, un important puits de carbone naturel, contribue à la création de crédits carbone destinés au marché vietnamien du carbone. Photo : VNA
À l’ouverture de la rencontre, le rédacteur en chef du journal, Pham Van Hoanh, a souligné que le Vietnam poursuivait le perfectionnement de ses politiques de croissance verte en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Le marché national du carbone, dont le fonctionnement a débuté le 29 juin 2026, nécessite désormais une meilleure articulation avec le crédit vert, le système bancaire et les nouveaux instruments financiers.
Selon le vice-gouverneur de la Banque d’État, Nguyen Ngoc Canh, l’objectif de neutralité carbone exige des investissements considérables dans l’innovation technologique, la transformation des modes de production, les économies d’énergie et la réduction des émissions. Le marché du carbone constitue un mécanisme important pour mobiliser les ressources nécessaires.
Le vice-gouverneur de la Banque d’État, Nguyen Ngoc Canh. Photo: VNA
Le 29 janvier 2026, le gouvernement a promulgué le décret n° 29/2026/ND-CP relatif à la plateforme nationale d’échange de quotas d’émission et de crédits carbone. Le marché pilote repose dans un premier temps sur plus de 511 millions de tonnes de CO₂ de quotas d’émission attribués pour la période 2025-2026 aux secteurs de la production d’électricité thermique, de la sidérurgie et du ciment. La phase pilote se poursuivra jusqu’à la fin de 2028, avant le passage à un fonctionnement obligatoire généralisé en 2029.
À la fin du mois de juin 2026, l’encours total du crédit vert au Vietnam s’élevait à plus de 856.000 milliards de dongs, en hausse de 9,87 % par rapport à la fin de 2025. Sur la période 2017-2025, le crédit vert a progressé à un rythme annuel moyen de plus de 20 %, ciblant principalement l’agriculture, la sylviculture, la pêche, la biodiversité et les énergies vertes.
Pour Nguyen Thi Thu Ha, directrice de l’École de formation des cadres et cheffe adjointe du Comité de pilotage ESG d’Agribank, l’enjeu n’est pas nécessairement que les banques achètent ou vendent directement des crédits carbone, mais qu’elles financent les activités permettant de réduire les émissions et déterminent à quel moment la valeur du carbone devient suffisamment fiable pour être prise en compte dans les décisions de crédit.
Agribank propose d’élaborer un cadre d’identification des projets de réduction des émissions et des critères d’évaluation des crédits carbone. La feuille de route proposée prévoit, de 2026 à 2028, la mise en place des données, des compétences, des partenariats et des projets pilotes ; de 2029 à 2032, leur élargissement à mesure que le marché se stabilisera ; puis, à partir de 2033, l’étude de produits financiers reposant sur les flux de trésorerie ou les créances liés au carbone.
Pour Nguyen Ngoc Canh, un marché du carbone efficace permettra aux entreprises de tirer des ressources financières de leurs propres réductions d’émissions, limitant ainsi la pression sur le crédit vert. À long terme, cette évolution diversifiera les financements de la transition écologique, réduira la dépendance aux prêts bancaires et favorisera une allocation plus efficace des capitaux, au service de l’objectif vietnamien de neutralité carbone en 2050. – VNA/VI
À l’approche de la visite officielle de la Première ministre du Liechtenstein, Brigitte Haas, au Vietnam, l’ambassadrice vietnamienne Chau Mai Anh souligne les perspectives d’une coopération bilatérale plus approfondie