Hanoï entend accélérer la transformation numérique de ses filières agroalimentaires afin de renforcer la sécurité sanitaire des aliments, de garantir la transparence de leur origine et d’améliorer la gestion des risques. À terme, l’intelligence artificielle et le big data devraient contribuer à anticiper les risques et à faciliter le rappel des produits non conformes. Le 20 août au matin, le Service de l’agriculture et de l’environnement de Hanoï, en collaboration avec la Faculté de technologie alimentaire de l’Académie vietnamienne d’agriculture, a organisé un séminaire intitulé « Gestion de la sécurité alimentaire à l’ère du numérique : solutions pour améliorer la qualité et la sécurité des chaînes agroalimentaires de Hanoï ».
Vue d’ensemble du séminaire.
Ta Van Tuong, directeur adjoint du Service de l’agriculture et de l’environnement de Hanoï, ainsi que des représentants de l’Académie vietnamienne d’agriculture et de plusieurs secteurs, notamment l’industrie, le commerce, la santé et les coopératives, ont participé à cette rencontre.
Lors du séminaire, Ta Van Tuong a souligné que, dans un contexte de développement accéléré de la capitale et d’ambition de croissance à deux chiffres, la modernisation de l’agriculture et sa transition vers un modèle plus écologique constituaient des priorités. La sécurité alimentaire, la transformation numérique et le développement des chaînes de valeur représentent, selon lui, des leviers essentiels pour assurer la durabilité du secteur agricole.
Ta Van Tuong, directeur adjoint du Service de l’agriculture et de l’environnement de Hanoï, prend la parole lors du séminaire.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Résolution 57 sur le développement des sciences et technologies, l’innovation et la transformation numérique, Hanoï fait des technologies numériques un outil central pour renforcer la sécurité sanitaire des aliments et garantir la transparence de leur traçabilité. Le Service de l’agriculture et de l’environnement gère ainsi la plateforme check.hanoi.gov.vn, créée en 2018, qui recense plus de 12 300 produits munis chacun d’un code QR, provenant de 3 300 établissements. Le Service travaille également en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural afin de connecter les données de traçabilité au système national dédié aux produits agricoles. Des expérimentations portent notamment sur plusieurs filières prioritaires : le porc, le poulet, les légumes et le thé. Parallèlement, un programme pilote de registres électroniques est déployé dans les zones maraîchères de Van Duc et de Dong Cao. Les filières d’approvisionnement en porc de la société Vinh Anh, en poulet de la société Green Chicken et en thé « Camellia chrysantha » de la coopérative Tien Duong illustrent cette évolution vers une traçabilité numérique, de la production à la consommation. Ces dispositifs permettent aux consommateurs de vérifier plus facilement l’origine des produits et d’accéder à des informations plus transparentes.
Le Dr Nguyen Nhu Tiep, ancien directeur du Département de la qualité, de la transformation et du développement des technologies alimentaires, intervient lors de la rencontre.
Selon le rapport présenté lors du séminaire, Hanoï gère et développe actuellement 182 filières de production et de consommation au sein de la ville, tout en étant reliée à 1 388 filières provenant de 33 provinces et villes. Ces réseaux contribuent à assurer l’approvisionnement alimentaire d’environ 10 millions d’habitants. La capitale met également en œuvre des politiques destinées à soutenir une agriculture de haute qualité, à concentrer la production, à favoriser l’adoption des hautes technologies et à accélérer la transformation numérique.
S’appuyant sur les expériences internationales et les pratiques observées à Hanoï, le rapport préconise de passer d’une « numérisation étape par étape » à une interconnexion des données couvrant l’ensemble de la chaîne agroalimentaire, associée à une gestion intelligente. À court terme, les priorités portent sur la normalisation des données, l’unification des identifiants, l’interconnexion des systèmes existants et la mise en place d’une traçabilité par lot pour les principales filières alimentaires. À terme, ces données devraient permettre à Hanoï de recourir progressivement à l’intelligence artificielle (IA) et au big data pour analyser les risques sanitaires, émettre des alertes et anticiper les menaces pesant sur la sécurité alimentaire.
Des entreprises prennent des photots lors du séminaire.
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La feuille de route proposée prévoit trois étapes. En 2026-2027, les efforts porteront sur la construction de la plateforme de données et l’interconnexion des systèmes. En 2027-2028, l’accent sera mis sur une gestion fondée sur les données et l’évaluation des risques. Enfin, pour la période 2029-2030, l’objectif sera de développer des capacités de prévision et de gestion intelligentes reposant sur l’IA, le big data, les alertes précoces, la traçabilité automatisée par lot et un système intégré d’alerte, de traçabilité et de rappel des produits.
Les participants ont souligné que la transformation numérique ne devait pas se limiter à multiplier les logiciels et les codes QR. Son objectif est de bâtir un écosystème de données unifié, interconnecté et partagé pour assurer la sécurité sanitaire des aliments et leur traçabilité. Des données régulièrement actualisées, vérifiées et exploitées efficacement permettraient aux autorités de détecter plus tôt les risques, de cibler les acteurs concernés, de remonter rapidement aux sources et de procéder à des rappels de produits plus précis. Les entreprises pourraient, quant à elles, améliorer la qualité de leurs produits et leur compétitivité, tandis que les consommateurs disposeraient d’informations plus fiables pour choisir leurs aliments.
Des entreprises échangent sur les solutions permettant d’améliorer la sécurité sanitaire et la qualité des aliments.
Ce séminaire devrait ainsi favoriser les échanges entre autorités de réglementation, scientifiques, entreprises, coopératives et producteurs autour de solutions concrètes. L’ambition est de faire de la transformation numérique un levier opérationnel pour renforcer la sécurité alimentaire, valoriser les produits agricoles et bâtir à Hanoï une chaîne d’approvisionnement agroalimentaire plus sûre, transparente, moderne et durable./.