Nouvelles

Hanoï mise sur de référentiels reconnus en matière de qualité et de sécurité sanitaire

La capitale vietnamienne entend généraliser les normes de qualité et d’hygiène dans la prétransformation, la transformation et la conservation des produits agricoles, forestiers et aquatiques. Objectif : mieux protéger les consommateurs, prévenir les risques sanitaires et renforcer la compétitivité des produits vietnamiens, sur le marché national comme à l’exportation.

 

Le 12 août, le Service de l’agriculture et de l’environnement de Hanoï a organisé une formation à l’intention des entreprises spécialisées dans la prétransformation, la transformation et la conservation des produits agricoles, forestiers et aquatiques. Photo : Thanh Giang/VI

Le 12 août, le Service de l’agriculture et de l’environnement de Hanoï a organisé une formation à l’intention des entreprises spécialisées dans la prétransformation, la transformation et la conservation des produits agricoles, forestiers et aquatiques. Au programme : la mise en œuvre de référentiels reconnus en matière de qualité et de sécurité sanitaire, notamment les BPF (bonnes pratiques de fabrication), les SSOP (procédures opératoires standardisées d’assainissement) et le système HACCP (analyse des dangers et maîtrise des points critiques).

  M. Phan Van Doi, ancien directeur de l’École d’agriculture de l’Union des Hauts Plateaux du Centre, intervient lors de la formation. Photo : Thanh Giang/VI  

À cette occasion, Nguyen Thanh Trung, chef adjoint du Bureau de la qualité et du développement des marchés, a dressé un bilan contrasté. Si les conditions d’hygiène et la sécurité alimentaire se sont nettement améliorées dans la capitale, grâce à des contrôles plus fréquents et plus rigoureux, les risques restent importants.

 De nombreux participants ont pris part à la formation. Photo : Thanh Giang/VI   

Hanoï, l’un des principaux pôles de consommation du Vietnam, compte en effet des dizaines de milliers d’établissements de production, de transformation et de distribution, approvisionnés par des sources très diverses. Marchés traditionnels, restaurants, cantines collectives et usines agroalimentaires font régulièrement l’objet d’inspections menées par plusieurs services. Les chiffres témoignent de l’ampleur du défi : pendant la période du Nouvel An lunaire et les fêtes de fin d’année 2025, plus de 16 000 établissements ont été contrôlés. Les inspections ont permis de relever 1 857 infractions et donné lieu à plus de 11 milliards de dôngs d’amendes.

Visite de l’usine de la société par actions IMC Vietnam dans le cadre de la formation. Photo : Thanh Giang/VI

Matières premières d’origine inconnue, conditions d’hygiène insuffisantes dans certains marchés et petits ateliers, utilisation abusive d’additifs, de conservateurs ou de produits chimiques : les manquements restent nombreux. La traçabilité des denrées commercialisées sur les marchés traditionnels demeure notamment un défi majeur. « Outre le renforcement des contrôles publics, tout repose sur la responsabilisation des producteurs, des entreprises et des consommateurs », a souligné M. Trung.

Échanges entre les formateurs et les participants à l’issue de la visite de terrain. Photo : Thanh Giang/VI

Présent à la formation, Phan Van Doi, ancien directeur de l’École d’agriculture de l’Union des Hauts Plateaux du Centre, a rappelé que la sécurité alimentaire ne constituait pas seulement un enjeu sanitaire, mais aussi un facteur déterminant du développement économique, de la culture, du tourisme et de la stabilité sociale. « Garantir une alimentation saine, c’est améliorer la qualité des ressources humaines, soutenir la réduction de la pauvreté et favoriser la coopération internationale dans le secteur agricole », a-t-il expliqué.

Les participants découvrent le processus de transformation des algues au sein de la société par actions IMC Vietnam. Photo : Thanh Giang/VI

La formation a également permis aux participants d’actualiser leurs connaissances sur les exigences fondamentales en matière d’hygiène et de sécurité sanitaire dans les filières agricoles, forestières et halieutiques. Les échanges ont notamment porté sur l’identification des dangers, les principes du système HACCP et les procédures d’autocontrôle. Contrairement à une approche reposant essentiellement sur l’inspection du produit fini, le système HACCP privilégie la prévention : il consiste à identifier, évaluer et maîtriser les dangers à chaque étape de la production, depuis la réception des matières premières jusqu’à l’obtention du produit final.

Des employés d’IMC Vietnam présentent les différentes étapes de fabrication. Photo : Thanh Giang/VI

Les entreprises ont ainsi été accompagnées dans la mise en place de leurs propres dispositifs d’autocontrôle, conformément aux référentiels BPF, SSOP et HACCP. Ces dispositifs reposent sur un ensemble de procédures et de mesures préventives mises en œuvre directement par les établissements afin de maîtriser les risques sanitaires.

Aperçu de la gamme de produits à base d’algues développée par IMC Vietnam. Photo : Thanh Giang/VI
Des participants examinent les produits finis de la société IMC Vietnam. Photo : Thanh Giang/VI

Selon les experts, le respect de ces exigences ne relève pas uniquement de la conformité réglementaire. Il permet également de réduire les risques de contamination, de limiter les pertes, de diminuer les coûts liés aux non-conformités et de renforcer l’image de marque des entreprises.

À travers ce programme, Hanoï entend inscrire durablement la prévention des risques dans les pratiques de production. L’enjeu est d’anticiper les dangers plutôt que de les subir, afin de mieux protéger les quelque dix millions d’habitants de la capitale et de faire de la qualité un véritable atout concurrentiel pour les produits vietnamiens./.

 

Réalisé par: Trần Thanh Giang/VI


Top