Susciter les aspirations, façonner l’avenir de l’éducation vietnamienne
Dans un monde traversé par des mutations profondes, où l’éducation doit répondre à des exigences toujours plus globales et technologiques, le Vietnam entend préparer une nouvelle génération de citoyens capables de s’intégrer au monde tout en participant activement au développement durable du pays. La Résolution 71-NQ/TW, adoptée par le Bureau politique, s’inscrit pleinement dans cette ambition. Plus qu’une réforme, elle se veut une orientation stratégique majeure destinée à revitaliser le système éducatif national, nourrir les aspirations collectives et façonner l’avenir du pays.
L’éducation, fondement de la vitalité nationale
La Résolution 71-NQ/TW affirme clairement que l’éducation et la formation constituent des priorités nationales absolues, appelées à jouer un rôle déterminant dans l’avenir du pays. Le secrétaire général du Parti communiste vietnamien et président de la République, Tô Lâm, l’a rappelé : investir dans l’éducation, c’est investir dans la vitalité nationale, la cultiver et la renforcer. Il qualifie ce secteur de « domaine clé par excellence », socle de l’amélioration de la productivité, du renforcement de la compétitivité et de la promotion des aspirations collectives. La ligne directrice peut se résumer en une formule : « la qualité au centre, les enseignants comme acteurs clés et la technologie comme moteur ».
Dans cette perspective, les priorités d’investissement ont été précisément définies. Pour les cycles préscolaire, primaire et secondaire, l’État prévoit de renforcer les infrastructures scolaires et de développer des espaces d’apprentissage modernes : laboratoires, salles de travaux pratiques, espaces dédiés aux disciplines STEAM (sciences, technologies, ingénierie, arts et mathématiques), ainsi que des équipements sportifs adaptés aux nouvelles exigences éducatives. Le réseau des internats continuera par ailleurs de s’étendre dans les régions montagneuses, frontalières et défavorisées, notamment dans les zones peuplées de minorités ethniques, afin de garantir une plus grande égalité d’accès à l’éducation.
Pour l’enseignement professionnel et supérieur, la Résolution 71 instaure un mécanisme d’allocation budgétaire fondé sur la mission, la qualité et l’efficacité des résultats. L’État privilégiera ainsi la mise en œuvre de projets stratégiques et l’attribution de missions aux secteurs prioritaires, tout en créant un environnement favorable à la participation des investisseurs privés et des organisations de la société civile.
Le secrétaire général du Parti communiste vietnamien et président de la République, Tô Lâm, l’a rappelé : investir dans l’éducation, c’est investir dans la vitalité nationale, la cultiver et la renforcer.
« L'augmentation des investissements dans l'éducation et le personnel enseignant témoigne non seulement de l'engagement de l'État, mais constitue aussi une solution directe pour améliorer la qualité de la formation », analyse le professeur Nguyên Dinh Duc. À ses yeux, des infrastructures modernes, des liens renforcés entre la formation, la recherche et les entreprises, ainsi qu'une meilleure rémunération des enseignants, permettront au système éducatif vietnamien de s'aligner plus rapidement sur les normes internationales.
Former des citoyens du monde à l’ère technologique
À l’heure où les avancées scientifiques et technologiques bouleversent les sociétés, la Résolution 71 insiste sur la nécessité de former une génération de citoyens du monde, capables d’innover, de penser de manière critique et de s’adapter aux transformations rapides de leur environnement.
La maîtrise des langues étrangères, des outils numériques et des compétences de communication internationale est désormais considérée comme une condition indispensable pour permettre à la jeunesse vietnamienne de prendre pleinement part à la compétition mondiale. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, la Résolution 71 décline huit axes d'action complémentaires : l'élaboration de référentiels nationaux de compétences par niveau d'enseignement et par profession ; la mise en place d'une accréditation obligatoire et d'un classement public des établissements en fonction de leur mission ; la refonte des programmes et des modalités d'évaluation - avec une moindre emphase sur les notes au détriment du contenu, la lutte contre le recours systématique aux cours particuliers, le déploiement d'évaluations standardisées et le développement des compétences fondamentales ; le renforcement du corps enseignant ; la promotion de l'autonomie universitaire, assortie d'une responsabilisation accrue, la co-construction des programmes avec les entreprises, le développement des stages rémunérés et la création de centres d'innovation ; la modernisation de la formation professionnelle en lien avec les chaînes d'approvisionnement, l'apprentissage par la pratique selon un modèle dual, la reconnaissance des certifications de compétences numériques et l'évaluation par les entreprises elles-mêmes ; enfin, la transformation numérique de l'éducation. À cela s’ajoutent des politiques de financement ciblées en faveur des groupes défavorisés, le renforcement de l’internationalisation – à travers la reconnaissance des crédits, les programmes conjoints et l’attractivité des experts internationaux – ainsi que le développement des compétences linguistiques adaptées aux besoins de l’économie moderne.
Grâce à cette vision globale, l’éducation vietnamienne ambitionne de former des générations non seulement hautement qualifiées et à l’aise avec les nouvelles technologies, y compris l’intelligence artificielle, mais aussi profondément attachées à leur identité culturelle et animées d’un fort esprit de service. Ce capital humain constituera l’un des leviers essentiels permettant au Vietnam de concrétiser ses objectifs de développement à long terme et de progresser vers un avenir plus indépendant, innovant et durable./.
Texte: Thanh Hòa/VI - Photos: VNA - Traduction: Hà Vu





