Au cœur des îles Truong Sa (Spratly), le souvenir de Gac Ma ressurgit
Au cœur de l'immensité de l'archipel de Truong Sa (Spratly), alors que le navire Khánh Hòa 01 voguait vers les eaux de Gac Ma, l'équipe de travail n° 15 a organisé une cérémonie commémorative en hommage aux martyrs tombés en 1988 pour la souveraineté sacrée de la Patrie. Sans un mot, tous les regards se tournèrent vers la mer, là où les soldats d'antan veillaient sur chaque parcelle des eaux nationales. À cet instant, l'histoire n'était plus un simple récit : elle se dévoilait sous leurs yeux, vivante et palpable.
Au son du Chant des soldats tombés, qui résonnait sur les flots, des officiers les plus aguerris aux jeunes découvrant les Spratly pour la première fois, tous demeurèrent silencieux. L'atmosphère se fit solennelle. Dans ce lieu sans pierres tombales ni sépultures identifiées, la mer est devenue le plus sacré des cimetières, chaque vague rappelant que leur sacrifice n'a jamais été oublié.
Sur le pont du navire, des centaines de personnes se tenaient debout, solennelles et silencieuses. Des hommes aux cheveux gris, témoins de la guerre, côtoyaient de jeunes visages. À voir les yeux rougis des membres de la délégation, on comprenait qu'il est des pertes que les mots ne sauraient exprimer. Les 64 soldats de la Marine populaire vietnamienne tombés lors de la bataille de Gac Ma en 1988 (il faut expliquer, être pédagogue, le lecteur étranger ne connaît RIEN de Gac Ma !) n'ont pas seulement laissé une douleur immense à leurs familles ; ils ont aussi marqué à jamais l'histoire de la nation. Ils reposent en mer, mais font désormais partie intégrante de la Patrie. Aujourd'hui, la mer est paisible grâce à ceux qui ont accepté de sacrifier leur jeunesse, voire leur vie, pour défendre la souveraineté sacrée de la Patrie. Il n'y a pas de tombes sur l'océan ; leurs corps se fondent dans les vagues, devenant des « bornes vivantes » affirmant la souveraineté par leur propre sang et leurs propres os.
Dans le coucher de soleil rougeoyant sur la mer de Truong Sa (Spratly), la fumée de l'encens se mêlait à la brise marine, intensifiant l'émotion de chacun. Le colonel Nguyen Ngoc Vinh, commissaire politique de la 685e brigade du 4e commandement de région navale et chef de l'équipe de travail n° 15, lut l'oraison funèbre. Nul besoin de grands discours : sa sincérité toucha profondément tous les cœurs présents sur le pont.
Un journaliste de la délégation murmura qu'il s'agissait là d'« une leçon qu'on ne trouve pas dans les manuels scolaires ». En effet, au milieu de la mer, on comprend que le patriotisme n'est ni abstrait ni un simple slogan. Il naît de la gratitude, de la conscience que la paix dont nous jouissons aujourd'hui a été acquise au prix du sang versé et de la vie d'innombrables prédécesseurs.
Alors que chaque chrysanthème jaune et chaque grue en papier passaient de main en main avant d'être confiés à la mer, chacun comprit qu'il ne s'agissait pas d'un simple rituel. C'était une manière d'exprimer sa gratitude envers ceux qui ne faisaient plus qu'un avec les vagues. Les couronnes flottant lentement sur le bleu profond de l'océan semblaient fragiles, mais elles portaient une émotion infinie.
Ces moments de recueillement au milieu de l'océan rappellent aussi à chacun sa responsabilité. Protéger la mer et les îles n'est pas seulement le devoir des soldats en première ligne : c'est aussi la responsabilité de chaque Vietnamien, de la prise de conscience à l'action, nourrie par l'amour de la mer et des îles de la Patrie. Car ce n'est qu'en comprenant la valeur de la paix que l'on peut véritablement mesurer les sacrifices qui l'ont rendue possible.
La mer de Truong Sa (Spratly) demeure bleue. Les vagues continuent de s'écraser contre la coque du navire, jour et nuit, comme elles le font depuis des décennies. Mais, au milieu de cet océan immense, certaines choses ne s'effaceront jamais : le souvenir de Gac Ma, l'image des soldats devenus immortels et la conviction que la souveraineté de la Patrie sera toujours préservée par la volonté du peuple tout entier.
Ainsi, face à la mer, chaque Vietnamien ne voit pas seulement les vagues, mais aussi le reflet de la Patrie. Il comprend que protéger la mer et les îles n'est pas seulement un devoir, mais aussi une manière d'honorer ceux qui sont tombés dans les eaux de Truong Sa./.
- Texte: Lê Minh/VI
- Photos: Lê Minh - Hoàng Cuong
- Traduction: Hà Vu·



























