A Lai Châu, un artisan de Lai Châu veille sur le patrimoine musical des H’mông

A Lai Châu, un artisan de Lai Châu veille sur le patrimoine musical des H’mông

Au village de Lao Chai 1, commune de Khun Ha, province de Lai Châu, le son du đàn nhị (sorte de vièle vietnamienne à deux cordes) des H’mông résonne encore dans les montagnes du Nord-Ouest vietnamien. Avec des gestes précis et appliqués, Cu A Lông perpétue discrètement la fabrication et la pratique de cet instrument traditionnel, contribuant ainsi à la préservation d’un patrimoine culturel précieux. .

Cu A Lông, du village de Lao Chai 1 (province de Lai Châu), aux côtés de son đàn nhị, instrument traditionnel vietnamien à deux cordes profondément ancré dans la vie spirituelle et culturelle des H’mông. Photo : Thanh Giang/VI

Au milieu des maisons traditionnelles du village, Cu A Lông façonne minutieusement chaque đàn nhị, un instrument profondément ancré dans la vie spirituelle des H’mông depuis plusieurs générations. Pour lui, chaque pièce est bien plus qu’un simple objet artisanal : elle constitue un moyen de préserver la mémoire culturelle de son peuple.

« Pour fabriquer un  đàn nhị   complet, l’artisan doit non seulement posséder une grande habileté manuelle, mais aussi savoir en jouer et en ressentir les sonorités, explique-t-il. Cette compréhension permet de créer des instruments au timbre juste, riche et expressif. La fabrication de chaque pièce prend généralement plusieurs jours et exige patience et minutie. » 

M. Lông insiste sur l’importance cruciale d’une caisse de résonance parfaitement droite et équilibrée. Photo : Tất Sơn/VI
 

Autrefois fabriqués en bambou, un matériau vulnérable à la dégradation, les đàn nhị h’mông sont désormais réalisés en bois afin d’améliorer leur durabilité. À partir du cœur du bois issu de la forêt, Cu A Lông sculpte la caisse de résonance, façonne le manche, perce les éléments nécessaires à la structure de l’instrument, puis polit chaque détail avec soin. Le manche et le chevalet sont fabriqués à partir de bois robuste, permettant de maintenir la tension des cordes et d’obtenir un son clair et résonnant. L’archet, composé de crins de cheval, produit une sonorité douce et précise.

Dans la quiétude du village de Lao Chai 1, Cu A Lông taille avec habileté la caisse de résonance du đàn nhị. Photo : Thanh Giang/VI
 

Au-delà de sa fonction musicale, l’instrument possède également une forte valeur esthétique. Sur le manche, l’artisan grave souvent des motifs représentant des oiseaux, des paons, des lézards ou des éléments inspirés de la vie montagnarde, donnant à chaque pièce un caractère unique.

Aujourd’hui, de nombreux touristes séjournant chez l’habitant achètent ces violons comme souvenirs. Mais surtout, leur musique continue de résonner lors des fêtes et des activités culturelles du village, contribuant à renforcer les liens communautaires.

« Préserver le đàn nhị, ce n’est pas seulement conserver un instrument de musique ; c’est aussi préserver l’identité culturelle h’mông, tout en créant des opportunités pour le développement du tourisme local et l’amélioration des revenus des habitants », explique Nguyên Thanh Son, chef adjoint du Service de la culture et des affaires sociales de la commune de Khun Ha.

Malgré les transformations liées à la modernité, la persévérance de Cu A Lông permet au đàn nhị h’mông de continuer à résonner, transmettant l’histoire culturelle des montagnes du Nord-Ouest aux générations futures./.


M. Cu A Lông vérifie l’épaisseur de la paroi de la caisse de résonance. Photo : Thanh Giang/VI
 
 

Avant de déclarer un instrument terminé, M. Lông en joue afin d’en tester la sonorité. Photo : Thanh Giang/VI
Le son du đàn nhị résonne comme un fil invisible reliant le passé au présent. Photo : Thanh Giang/VI

Texte: Ngân Hà - Photos: Tât Son, Trân Thanh Giang/VI


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